Santé mentale: un rôle accru pour l'équipe psychosociale du SPVM

Des policiers discutent avec une femme sous l'emprise... (PHOTO DAVID BOILY, LA PRESSE)

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Des policiers discutent avec une femme sous l'emprise de la drogue. Son dossier indique qu'elle souffre d'un trouble de personnalité limite. Elle a déjà mis le feu au logement d'où elle a été expulsée. Elle a été hospitalisée pendant un mois. « Elle est barrée de toutes les ressources en raison de problèmes de comportement. C'est difficile d'entre en contact avec elle. Ça nous complique la tâche », dit Cynthia Lemay-Lambert.

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Sophie Allard
La Presse

À compter d'aujourd'hui, les policiers de Montréal obtiendront davantage de soutien lors d'interventions auprès de personnes en crise ou dont l'état mental est perturbé. En effet, le Service de Police de la Ville de Montréal (SPVM), de concert avec le CIUSSS du Centre-Est-de-l'Île-de-Montréal, doublera l'effectif et les heures de couverture de l'Équipe de soutien en urgence psychosociale (ESUP). Cette mesure survient alors que reprend, ce matin, l'enquête publique sur les circonstances entourant le décès d'Alain Magloire, tombé sous les balles d'un policier en février 2014.

Tous les jours, les policiers de Montréal reçoivent 90 appels pour des incidents impliquant des personnes ayant un problème de santé mentale. Ça signifie 33 000 appels par année, soit 3,2% du total des appels reçus. «Ces cas nécessitent souvent deux à trois fois plus de temps aux policiers», indique le sergent Pascal Poirier, coordonnateur de l'ESUP au SPVM.

Sans compter qu'une même personne peut générer plusieurs appels par semaine, voire par jour.

Peu outillés, les agents peinent souvent à trouver les ressources appropriées, à évaluer le danger réel. Aussi, les policiers se tournent rapidement vers l'hôpital et alimentent le phénomène des portes tournantes. Il arrive malheureusement que ça tourne mal.

Entre juin 2011 et février 2012, trois hommes souffrant de maladie mentale sont morts sous les balles de policiers à Montréal. C'est donc avec un sentiment d'urgence que l'on a créé, le 6 juin 2012, l'ESUP.

2091
Nombre d'interventions réalisées par l'ESUP en 2014

Depuis trois ans, des policiers et des intervenants sociaux de l'ancien CSSS Jeanne-Mance patrouillent en équipe mixte le territoire montréalais. Ils interviennent en première ligne auprès d'une clientèle avec des problèmes de santé mentale.

En 2014, l'ESUP a réalisé 2091 interventions. Un duo est en service 7 jours sur 7, de 16h30 à 23h30, et répond uniquement aux appels des policiers ou de la répartition du 9-1-1. «La courbe d'appels atteint un sommet en fin d'après-midi et en début de soirée», dit le sergent Poirier.

«L'hôpital est un dernier recours. Moins de 20% de nos interventions aboutissent à l'urgence», souligne le policier. Et parmi ces transports à l'hôpital, à peine 6% sont effectués contre le gré de la personne.

Ajout d'effectifs

Dès aujourd'hui, un second duo sera en service de 11h à 18h, pour une accessibilité de 12 heures par jour. L'équipe comptera désormais 6 policiers et 4 intervenants.

«C'est un ajout important. Via les policiers, on a accès à une clientèle vulnérable qui n'aurait jamais demandé de l'aide, indique Jason Champagne, directeur adjoint des programmes santé mentale du CIUSSS du Centre-Est-de-l'Île-de-Montréal. L'intervenant a la clé du système de santé, il parle le même langage. Ça nous assure une crédibilité auprès des ressources et des hôpitaux, le lien est plus naturel.»

L'ajout d'un duo de l'ESUP ne réglera pas tout, souligne néanmoins M. Champagne. Il prône la création d'une unité de santé urbaine au sein de laquelle travailleraient en étroite collaboration policiers, médecins de famille, ressources en santé mentale pour une meilleure prise en charge des personnes vulnérables. Une unité qui resserrerait les mailles du filet. Avant qu'il ne soit trop tard.

Le cas Magloire

Rappelons qu'Alain Magloire a été abattu en pleine rue, alors qu'il était en crise, armé d'un marteau. Dans les mois précédant le drame, son état de santé mental était préoccupant. L'enquête du coroner Luc Malouin, qui devait prendre fin ce vendredi, pourrait nécessiter plus de temps que prévu. La famille souhaiterait être entendue.

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