Ruptures de conduites d'eau à Rosemont et Saint-Léonard

L'opération s'est étirée sur plusieurs heures, en plus... (PHOTO PATRICK SANSFAÇON, LA PRESSE)

Agrandir

L'opération s'est étirée sur plusieurs heures, en plus d'entraîner la fermeture d'un tronçon de l'avenue une bonne partie de la journée.

PHOTO PATRICK SANSFAÇON, LA PRESSE

Partage

Partager par courriel
Taille de police
Imprimer la page
Hugo Meunier
Hugo Meunier
La Presse

Le réveil a été brutal, mardi, pour plusieurs Montréalais, qui ont fait les frais d'importantes inondations causées par des ruptures de conduites d'eau survenues dans deux arrondissements de la Ville. La température en dents de scie fait craindre d'autres cas au cours des prochains jours, croit un employé d'une entreprise de nettoyage après sinistres.

Patrick Reeves dormait dans sa chambre au sous-sol d'un duplex rosemontois de la 16e Avenue lorsque le vacarme causé par l'infiltration l'a tiré du lit.Dehors, une conduite d'eau de huit pouces de diamètre avait cédé et l'eau pénétrait à flots par la porte coupe-feu de son garage. «En 25 minutes, il y a eu plus de quatre pieds d'eau dans le sous-sol. La porte de garage a explosé sous la pression de l'eau!», raconte le sinistré, qui a tout juste eu le temps de sauver son téléphone avant de déguerpir. Il estime les dégâts chez lui à environ 35 000$. «L'eau a monté trop vite, j'ai perdu une télévision avec écran géant, un ordinateur, mon mobilier de chambre, un ensemble laveuse-sécheuse et tous mes vêtements», énumère M. Reeves, qui a passé la matinée le téléphone vissé à l'oreille avec ses assureurs.

Du premier étage de sa résidence, impossible d'atteindre le sous-sol, puisque l'eau remonte jusqu'au bas des escaliers. Il fait froid et humide dans la maison, car l'électricité a été coupée.

Dehors, la Ville s'affairait à pomper l'eau brunâtre dans le stationnement en pente menant au sous-sol submergé. On aperçoit des débris flottant à travers la porte du garage partiellement défoncée. D'autres employés municipaux s'efforçaient de colmater la brèche. L'opération s'est étirée sur plusieurs heures, en plus d'entraîner la fermeture d'un tronçon de l'avenue une bonne partie de la journée.

Dans le duplex voisin, le sous-sol a aussi des allures de petit lac boueux. Des jouets d'enfants ont été juchés sur une table pour les préserver. Les traces noirâtres sur les murs illustrent la hauteur atteinte par le niveau de l'eau. «Mon divan et tout ce qui était rembourré iront à la poubelle!», s'exclame Monique Cruz, qui n'a jamais rien vu de tel en huit ans à cette adresse. «Souvent, on voit des gens victimes d'inondations aux nouvelles, et on sympathise. Là, ça nous arrive et ce n'est vraiment pas drôle», admet Mme Cruz, qui garde néanmoins le moral malgré les circonstances. «À 4 h du matin, j'avais le goût de pleurer, mais qu'est-ce qu'on peut y faire?»

Gel et degel

Le même scénario s'est répété dans un secteur résidentiel de Saint-Léonard, à l'intersection du boulevard des Grandes-Prairies et de la rue Lionel-Groulx. Cette fois, c'est une conduite d'eau commerciale qui s'est rompue, à nouveau en pleine nuit. La propriétaire d'une résidence inondée estime que l'eau a atteint une hauteur de quatre pieds dans son sous-sol. Si bien que les pompiers ont dû pulvériser la cuvette de la salle de bain à coups de hache pour faciliter l'évacuation de l'eau par le drain. «Les policiers ont sonné à la porte à 3 h du matin pour nous aviser de la situation», indique Rosanna Di Maio, les traits tirés par sa nuit mouvementée.

Une équipe de l'entreprise Groupe Urgence Sinistre (GUS) était sur place pour sécuriser un sous-sol inondé. Pour l'employé Danny Monteforte, les ruptures de conduites sont fréquentes à Montréal, mais les importantes fluctuations dans la température des derniers temps et le réseau désuet laissent présager d'autres cas. «C'est sensiblement pareil aux autres années, mais là, j'ai peur pour les prochains jours à cause du regel prévu [la nuit d'aujourd'hui]», explique M. Monteforte.

Les nouvelles sur les ruptures de canalisations ont beau s'accumuler, la situation s'améliore, assure la Ville de Montréal. En décembre et janvier, la métropole dit avoir recensé seulement 101 fuites d'eau, contre 256 à la même période, il y a deux ans.

Même si les ruptures de canalisations sur le Plateau-Mont-Royal font fréquemment les manchettes, c'est dans les arrondissements de Villeray - Saint-Michel - Parc-Extension et de Saint-Laurent que l'on en compte le plus. En janvier, seulement deux bris sont survenus sur le Plateau, contre 14 dans Saint-Laurent et 13 dans Villeray.

- Avec Pierre-André Normandin

EN CHIFFRES

Fuites d'eau hivernales à Montréal

  • Décembre 2014 et janvier 2015: 101
  • Décembre 2013 et janvier 2014: 196
  • Décembre 2012 et janvier 2013: 256

Source : Ville de Montréal

Partager

publicité

publicité

Les plus populaires : Actualités

Tous les plus populaires de la section Actualités
sur Lapresse.ca
»

publicité

Autres contenus populaires

publicité

image title
Fermer