10+1 avec Michael Applebaum

Michael Applebaum... (Photo Marco Campanozzi, La Presse)

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Michael Applebaum

Photo Marco Campanozzi, La Presse

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Chaque semaine, Nathalie Collard rencontre un acteur de l'actualité et lui pose 10 questions liées à la couverture dont il a été l'objet. La 11e question vient du public. Cette semaine, notre journaliste s'entretient avec Michael Applebaum, maire par intérim de Montréal.

1 Qu'est-ce qui vous a motivé à vouloir assurer l'intérim?

Avec tout ce qui se passe en politique municipale, et avec ce qu'on entend à la commission Charbonneau, la population a perdu confiance dans les élus municipaux et dans la fonction publique. Avec mes années d'expérience comme maire de l'arrondissement de Côte-des-Neiges-Notre-Dame-de-Grâce et comme président du comité exécutif, je suis bien placé pour stabiliser la situation et changer la façon dont on fonctionne à la Ville de Montréal. Il fallait quelqu'un d'indépendant, au-dessus de la mêlée politique, pour essayer de faire consensus et rétablir la confiance de la population.

2 Ce n'était pas possible de le faire avec Richard Deschamps?

Non. Je me suis présenté et j'ai expliqué comment je voyais les choses et comment ma vision était différente de la sienne et j'ai dit: si vous n'êtes pas d'accord, votez pour lui. Je ne pouvais pas accepter qu'ils [le comité exécutif] aient voulu cacher un rapport important. C'est encore plus grave que la corruption et la collusion. Il faut que les choses changent et j'ai une chance unique de le faire.

3 Qu'est-ce qui vous distingue de Gérald Tremblay?

Je ne veux pas parler de Gérald, mais je vais parler de moi. Je suis quelqu'un qui a travaillé dans presque tous les services de la Ville de Montréal. Je suis monsieur Opérationnel. Je maîtrise mes dossiers, je les comprends, je connais la direction dans laquelle je veux aller et je prends des décisions. Je consulte, donc, quand j'embarque dans quelque chose, je sais où je m'en vais. C'est aussi ce qui me distingue de M. Deschamps. Je me suis présenté avec une vision et il m'a suivi quelques jours plus tard. Dans son cas, c'était de l'improvisation.

4 Plusieurs estiment que vous - ainsi que les membres d'Union Montréal - avez été élu grâce à de l'argent sale. Que leur répondez-vous?

Dans n'importe quelle société, il y a des personnes honnêtes pour qui l'intégrité est primordiale et d'autres pour qui ça ne compte pas. C'est la même chose en politique, dans la police, etc. Au départ, je m'étais présenté parce que la Ville avait fermé une patinoire devant chez nous et je trouvais cela inacceptable. Je me suis lancé en politique avec l'objectif de servir la population. Je suis quelqu'un d'intègre.

5 Croyez-vous que Gérald Tremblay a bien fait de quitter la mairie?

C'était son choix personnel. Je lui ai expliqué que ce serait impossible pour lui de rester jusqu'à la fin. Nous étions dans une période de turbulences, nous n'étions pas capables d'en sortir, la Ville devait fonctionner. Il a pris la bonne décision, dans le meilleur intérêt de la population.

6 Union Montréal a explosé en l'espace d'une semaine. Vous doutiez-vous que ce parti était si fragile?

Quand j'ai dit que je ne pouvais pas accepter la candidature de Richard Deschamps au poste de maire, j'ai quitté le parti. D'autres l'ont quitté aussi, mais mon objectif n'a jamais été de les encourager. J'ai pris une décision, ils ont pris la leur. Cela dit, je vais demander à M. Deschamps de siéger au comité exécutif.

7 Qu'avez-vous dit aux partis de l'opposition pour recueillir leur appui?

Je ne veux pas entrer dans les détails, car ce sont des choses privées, entre nous, mais je vais vous dire une chose: quand je donne ma parole, elle est bonne et ils le savent. J'ai travaillé avec eux par le passé et j'ai toujours respecté ma parole. Je leur ai expliqué que c'était terminé, la politique telle qu'on l'a connue, qu'il faut que les choses changent. Je leur ai offert une place à la table du comité exécutif, les sièges seront partagés entre les différentes formations politiques.

8 Allez-vous rester en politique municipale aux prochaines élections?

J'adore la politique. Quand je me suis lancé, j'ai découvert que je pouvais faire une différence, mais je n'ai jamais pensé qu'un jour je serais élu, maire d'arrondissement, président du comité exécutif ou encore maire de Montréal, même si c'est par intérim. Je pense aujourd'hui que j'ai un rôle important à jouer, mais je suis «prêté» au centre-ville, pour les Montréalais. Après, je vais retourner dans mon arrondissement comme maire.

9 Pourquoi les Montréalais devraient-ils vous faire confiance?

Regardez mon passé, tout ce que j'ai accompli, toutes les responsabilités que j'ai assumées, mes récentes négociations avec les cols bleus, par exemple. J'ai certaines qualités, je sais m'entourer de gens compétents qui veulent travailler fort. J'ai des valeurs personnelles très fortes, je suis marié depuis 28 ans, je suis proche de mes enfants, de mon père que je considère comme mon meilleur ami et qui m'a transmis ses valeurs de travail. Enfin, sachez que les nouvelles façons de faire à Montréal viennent souvent de mon arrondissement - règlement antigraffiti, déneigement, etc. Je suis passionné par mon travail. Les Montréalais pourront le voir parce que le comité exécutif va siéger en public, sauf bien sûr quand il sera question de dossiers confidentiels.

10 Comment une coalition formée de trois partis qui ne s'entendaient pas jusqu'ici peut-elle administrer la métropole?

Parce que la population se sent trahie et mérite mieux que ça. Quand j'ai rencontré les autres partis, je leur ai dit: on a une chance unique. Les élections sont dans un an, est-ce qu'on est capables d'avoir sept ou huit mois de paix? La course à la mairie peut durer deux ou trois mois. Nous avons la responsabilité de nous entendre. Je leur ai également dit que je les emmenais au comité exécutif afin de leur donner l'occasion de prendre des décisions ensemble. Nous allons changer la façon de travailler.

Quand Richard Bergeron siégeait au comité exécutif, je lui ai donné mon appui à plusieurs reprises pour des dossiers dans lesquels j'estimais qu'il avait raison. De son côté, il a salué certains de mes projets comme le développement du terrain de l'hippodrome. Je pense que j'ai les qualités et les compétences pour rassembler les gens.

TWITTER "1 de Pierre B. Gourde @UnJoyeuxLuron

Comment rétablir le lien de confiance entre une ville, ses élus, ses citoyens et ses fonctionnaires?

Avec une coalition au sein de laquelle tout le monde travaille ensemble, sans partisanerie. Je ne peux pas tout dire sur la direction que je veux prendre et les gestes que je veux faire, mais une chose est claire, je n'ai pas joué les deux partis de l'opposition un contre l'autre, j'ai tenu le même discours avec chacun d'eux. Je n'ai pas non plus tenté de faire des négociations de dernière minute. Le défi qui m'attend, je vais être capable de le relever.

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