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Élu de Montréal au banc des accusés pour un paiement de 5000 $

Bertrand A. Ward, pilier du parti du maire... (Photo fournie par Union Montréal)

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Bertrand A. Ward, pilier du parti du maire Gérald Tremblay, a nié avoir commis quelque acte illégal que ce soit.

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Un pilier d'Union Montréal dans l'Ouest-de-l'Île aurait illégalement fait un mystérieux paiement de 5000 $ en argent liquide à un organisateur politique du même parti juste après les élections municipales de 2009, a appris La Presse.

Dans un constat d'infraction envoyé la semaine dernière, le Directeur général des élections (DGE) accuse le conseiller municipal Bertrand A. Ward de «manoeuvre électorale frauduleuse» liée à cette somme versée à René Leblanc, lui-même ancien conseiller municipal.

M. Ward a nié avoir commis quelque acte illégal que ce soit. Il a promis de se défendre en cour.

Au moment des faits qui lui sont reprochés, M. Ward présidait la Commission sur les finances et l'administration de la Ville de Montréal, chargée de vérifier la conformité de certains appels d'offres et de recevoir les rapports du vérificateur général.

Vieux routier de la politique municipale, M. Ward est conseiller municipal dans Pierrefonds depuis 23 ans.

Hier soir, Union Montréal a annoncé dans un communiqué que M. Ward siégerait comme indépendant le temps que la justice décide de son sort. «Je crois qu'il a pris la bonne décision», a déclaré le maire Gérald Tremblay dans le même communiqué.

En entrevue téléphonique, René Leblanc a affirmé que les 5000$ qui lui ont été remis constituaient un remboursement forfaitaire pour les dépenses engagées avant et pendant la campagne électorale de 2009.

«Une bonne journée, M. Ward est arrivé ici et il m'a dit: "Voici ton argent"», a indiqué M. Leblanc, qui a siégé comme conseiller municipal jusqu'en 2005. Selon le constat d'infraction du Directeur général des élections, le paiement a été fait le 4 décembre 2009, un mois après le scrutin. «C'était du cash», a précisé M. Leblanc.

M. Leblanc, qui se décrit comme «gérant de campagne», a juré avoir vérifié avec le conseiller municipal que cet argent était net et provenait bien du fonds électoral officiel d'Union Montréal.

«Je lui ai dit: "Je ne veux pas avoir de problèmes avec ça. J'ai travaillé toute ma vie pour bâtir ma réputation ici." Il m'a dit: "Non, non, tout est kasher, tout est correct"», a-t-il raconté. Malgré ses vérifications, un inspecteur du DGE a cogné à sa porte il y a quelques mois. «J'ai passé peut-être une heure» avec lui, a-t-il affirmé, avant d'ajouter qu'il s'était fâché contre Bertrand Ward.

Procès en vue

Celui-ci se défend bien d'avoir illégalement versé des milliers de dollars à l'organisateur d'Union Montréal pour l'arrondissement de Pierrefonds-Roxboro.

Le DGE l'a condamné à une amende de 1260$. S'il est reconnu coupable, il perdra le droit de «voter et d'être candidat à une élection», précise le constat d'infraction. «J'ai rencontré mon avocat ce matin et on plaide non coupable», a-t-il affirmé vendredi à La Presse. Le conseiller municipal a aussi reconnu avoir reçu la visite des enquêteurs du DGE il y a «un an et demi».

Il affirme lui aussi que l'argent remis à René Leblanc constituait un remboursement pour «ses dépenses d'automobile et les lunchs» des mois précédant la campagne électorale de 2009.

Il n'a toutefois pas voulu expliquer davantage sa défense à La Presse

Déjà blâmé

Ce n'est pas la première fois que Bertrand A. Ward a des problèmes avec les autorités. L'an dernier, il a fait l'objet d'un rapport du ministère des Affaires municipales, qui lui reprochait de s'être fait rembourser des dépenses injustifiées par la Ville.

Québec avait constaté que M. Ward facturait les appels interurbains faits de Floride, où il passe l'hiver, sur son téléphone cellulaire officiel. «Il ne s'agit pas de dépenses à des fins municipales», avait précisé Québec.

M. Ward est représenté par Mario Paul-Hus, conseiller juridique d'Union Montréal. L'avocat avait siégé au comité d'évaluation de la Société d'habitation et de développement de Montréal (SHDM) qui a donné le feu vert au fameux projet Contrecoeur.

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