Congrès mondial de l'énergie: manif écolo à saveur... de mélasse

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Une dizaine de militants de Greenpeace ont participe... (Photo: François Roy, La Presse)

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Une dizaine de militants de Greenpeace ont participe à un tableau chorégraphique, en sous-vêtements, enduits de pétrole, pour symboliser la marée noire.

Photo: François Roy, La Presse

 

Anabelle Nicoud
La Presse

Plusieurs centaines de personnes ont protesté dimanche contre l'exploitation des ressources naturelles au Québec. Organisée en marge de l'ouverture du Congrès mondial de l'énergie Montréal 2010, la manifestation a également cristallisé l'opposition à l'exploration et l'exploitation des gaz de schiste au Québec.

L'exploration de gaz de schiste a pris les habitants de Saint-Jude par surprise, comme ceux de bien d'autres municipalités. Annoncée par le dynamitage du sous-sol, accompagnée d'hélicoptères, l'exploration est devenue réalité le jour où Véronique Côté a vu apparaître la tour d'un puits de forage, à deux kilomètres de chez elle.

«On n'a pas pris le temps de penser aux spécificités de Saint-Jude, ni aux problématiques des autres municipalités québécoises. Les sociétés y vont de façon sauvage, et on sent, comme citoyen, que l'on n'a aucun recours», déplore Véronique Côté, militante de l'Union paysanne.

Fustigeant la ministre des Ressources naturelles, Nathalie Normandeau, Daniel Breton, de Maîtres chez nous 21e siècle, a reproché au gouvernement libéral de «brader» les ressources naturelles du Québec. «On a l'impression qu'ils vident la caisse avant de partir: c'est une fin de règne qui rappelle celle du duplessisme», dit-il.

Selon M. Breton, la totalité des droits d'exploration du sous-sol des Îles-de-la-Madeleine a été cédée à la société québécoise Gastem, qui s'est lancée depuis plusieurs années dans la prospection de gisements de schiste, pour 1750$ par année. «C'est moins que le prix d'un vieux char usagé», raille celui qui appelle aussi à une deuxième révolution tranquille, celle de l'indépendance aux énergies fossiles.

De façon imagée, plusieurs manifestants ont participé, presque nus, le corps enduit de mélasse, à un tableau chorégraphique évoquant la marée noire dans le golfe du Mexique. «L'opinion publique a conscience que l'exploitation de l'énergie pétrolière a un prix. Sachant cela, doit-on aller dans les gaz de schistes?» demande Virginie Lambert Ferry, de Greenpeace.

Jusqu'à jeudi, le Congrès mondial de l'énergie reçoit 5000 décideurs et représentants des pays et des différentes industries de l'énergie, dont des représentants des sociétés pétrolières. Le ministre fédéral Christian Paradis y fera une allocution demain.

Charest muet sur le gaz de schiste

Face à un Palais des congrès bien rempli, Jean Charest a glissé quelques mots lors de la soirée d'ouverture du Congrès mondial de l'énergie Montréal 2010, un congrès qui, selon lui, arrive à point nommé: après la crise financière, après Copenhague, et peu de temps avant le prochain sommet du G20.

«Ici, au Québec, la question de l'énergie est au coeur de nos politiques publiques depuis plusieurs années», a dit le premier ministre libéral. «Pour nous, l'énergie, le changement social, l'économie ou l'environnement, tout est lié», a-t-il poursuivi.

Jean Charest n'a pas évoqué l'actualité entourant le gaz de schiste au Québec. Le ministre fédéral des Ressources naturelles, Christian Paradis, a quant à lui insisté sur le potentiel économique des ressources naturelles canadiennes.

Après MM. Charest et Paradis, le président du Parlement européen, Buzek Jerzy, et le secrétaire général des Nations unies, Ban Ki-moon, ont prononcé un discours de bienvenue à leur tour.

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