Isabelle Hudon en colère contre l'AMT

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Vue aérienne de l'arrivée de l'autoroute Bonaventure à... (Archives La Presse)

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Vue aérienne de l'arrivée de l'autoroute Bonaventure à Montréal.

Archives La Presse

Éric Clément
La Presse

En juin, la Ville de Montréal et la Société du Havre (SHM) ont présenté le projet de réaménagement de l'autoroute Bonaventure, aux portes de la métropole. Trois mois plus tard, il y a de l'eau dans le gaz, a appris La Presse. À cause de l'Agence métropolitaine de transport (AMT), accuse Isabelle Hudon, présidente du conseil de la SHM, qui estime aussi que des fonctionnaires montréalais «ralentissent le processus».

Le projet de 142 millions est majeur. Il s'agit d'effacer les erreurs des anciennes administrations qui ont bétonné une des plus importantes entrées de Montréal, en créant un boulevard urbain, un couloir pour autobus et un quartier moderne, chic, vert et agréable près du viaduc ferroviaire du CN, du faubourg des Récollets et de l'îlot de la Commune. L'autoroute sera ramenée au sol et transformée en deux artères à partir de la rue Brennan.

Pour que le projet soit moderne, la SHM a donné la priorité au covoiturage ainsi qu'aux piétons, vélos, autobus, tramways et voitures hybrides. Elle a recommandé de créer le couloir des transports collectifs dans la rue Dalhousie afin de faire circuler plus rapidement les autobus jusqu'au centre-ville. Le couloir Dalhousie coûtera 86 millions. Il relève de l'AMT.

Quand nous avons parlé de ce dossier au maire Gérald Tremblay, le 4 septembre, il a répondu que la question du financement du couloir était réglée. Vérification faite, ce n'est pas le cas. L'attaché de presse du maire, Martin Tremblay, a dit par la suite que le maire estime que le problème est réglé dans la mesure où, pour lui, il est clair que le projet doit aller de l'avant tel que planifié.

Vendredi dernier, La Presse a parlé au responsable du projet à la Ville, le vice-président du comité exécutif, André Lavallée. Pour lui, l'AMT financera le couloir, car son coût est inscrit à son budget. «Cela a été discuté directement avec la SHM, la Ville et le gouvernement du Québec, et je n'ai que des signaux très favorables», a dit M. Lavallée.

Pourtant, selon nos sources, la situation est plus complexe. Isabelle Hudon a même rencontré le maire Tremblay il y a quelque temps pour lui demander d'agir. Il s'est rendu sur-le-champ voir le directeur général de la Ville, Claude Léger, et le fonctionnaire responsable du dossier, Gilles Robillard. Mais les choses ont traîné. Un problème de pente de la chaussée s'est ajouté, et a finalement été réglé il y a quelques jours, a dit vendredi le directeur général de la SHM, Gaétan Rainville.

Joint par La Presse, le PDG de l'AMT, Joël Gauthier, ne veut pas parler ouvertement du dossier. Il se borne à dire que l'AMT n'a aucune objection à financer le couloir. Mais Isabelle Hudon était très fâchée vendredi. «L'AMT n'a jamais voulu se compromettre, a-t-elle dit. La ministre des Transports, Julie Boulet, n'a jamais reçu ce dossier de leur part. L'AMT veut son terminus d'autobus. Je le sais, je suis allée à Québec pour défendre le couloir auprès du gouvernement, tandis que M. Gauthier présentait son terminus. La ministre veut ce couloir, mais elle a prévenu M. Gauthier qu'il ne pourra avoir du financement pour les deux.

«J'en ai assez, a ajouté Mme Hudon. Gérald Tremblay a décidé d'aller de l'avant parce que je l'ai convaincu que c'était la meilleure chose à faire. Et comme ça a été le cas pour le Quartier des spectacles, il a agi même si Québec ne pouvait être au rendez-vous. Mais l'AMT ne s'est jamais compromise ; c'est de la mauvaise volonté. Il faut que les utilisateurs des transports en commun de la Rive-Sud le sachent : l'AMT ne veut pas investir d'argent dans ce projet. Elle n'est pas de bonne foi.»

Le maire Tremblay veut que le dossier avance et que les audiences de l'Office de consultation publique de Montréal sur ce projet aient lieu rapidement. Le comité exécutif pourrait aller de l'avant à ce sujet dès mercredi.

«Je peux vous dire que les jambettes de certains fonctionnaires ont ralenti le processus, a dit Mme Hudon. M. Tremblay est de bonne foi, mais est-ce le cas de sa machine ? Les empêcheurs de tourner en rond, j'en ai assez. On veut donner une entrée d'envergure à Montréal. Chaque matin, environ 20 000 personnes de la Rive-Sud arrivent dans ce secteur en autobus et 12 000 en automobile. On veut diminuer la part modale de l'auto. C'est incroyable, une telle mauvaise volonté. Je suis tannée de voir ça.»

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