La mère qui «louait» sa fillette de 6 ans avait la tutelle légale

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Selon la preuve produite devant la Cour par la DPJ, la mère a tout avoué à la police après son arrestation.

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La mère de Longueuil accusée en mars d'avoir loué le corps de sa fillette à un pédophile était jugée incapable « de façon totale et permanente » de s'occuper d'elle-même et de ses biens, mais pas d'élever un enfant.

Même si la femme se trouvait depuis « environ 2012 » sous curatelle publique en raison de problèmes psychiatriques, elle avait la garde de sa fille, révèle une décision de la protection de la jeunesse rendue il y a deux semaines. La DPJ n'était pas impliquée dans la vie de la famille pendant les trois années où la fillette aurait été violée.

La décision de justice décrit une relation filiale où la fillette prend soin de sa mère. « Elle se préoccupe d'elle, vérifie ce qu'elle mange, si elle prend sa médication », décrit la décision de justice. Les problèmes de la mère « ont mené l'enfant à s'inquiéter » pour elle.

Le pédophile Marc Clermont a été arrêté début mars pour répondre d'accusations d'avoir agressé sexuellement la fillette. La mère de 39 ans est accusée d'avoir livré en pâture l'enfant à Clermont à de multiples reprises pendant trois ans, alors qu'elle était âgée de 6 à 9 ans. Elle a maintenant « presque 10 ans ».

Selon la preuve produite devant la Cour par la DPJ, la mère a tout avoué à la police après son arrestation.

En 2014, l'agresseur « voulait avoir des activités sexuelles avec sa fille, contre rétribution financière », a rapporté il y a deux semaines la juge Nancy Moreau en ordonnant le placement de la fillette en famille d'accueil. « Après réflexion, elle décide d'en parler à sa fille [de 6 ans], laquelle accepte de l'aider. L'argent, environ 140 $ [par rencontre], sert alors à acheter de l'épicerie, faire des sorties et offrir des gâteries à l'enfant ». Selon la fillette, les agressions se produisaient « aux deux semaines » à une certaine période : « une espèce de routine ».

Après trois ans, « l'enfant exprime sa volonté de cesser ces activités », mais « la mère insiste », rapporte la juge. « C'est là que l'enfant informe les autorités scolaires », dénonciation survenue le 6 mars dernier.

AUTORITÉ PARENTALE

Depuis, la fillette semble regretter d'avoir dénoncé sa mère. Elle « se culpabilise de la situation et de l'emprisonnement », même si sa propre mère a affirmé qu'elle avait bien fait de la dénoncer. « Sa mère était son coeur et on lui a enlevé son coeur », a illustré l'avocate de l'enfant, reprenant les mots de sa jeune cliente.

Au Curateur public du Québec, sans commenter le cas particulier, on confirme qu'une personne placée sous curatelle ne perd pas automatiquement son autorité parentale.

« Elle ne perd pas automatiquement la tutelle légale de son enfant. En principe, elle conserve tous les attributs de son autorité parentale, à moins d'une décision du tribunal », a expliqué Nathalie Gilbert, porte-parole de l'organisation.

« Le législateur ne nous confie pas de pouvoirs particuliers de protection par rapport aux enfants. [...] Comme toute personne, on a l'obligation de dénoncer toute situation d'abus physique ou sexuel à la DPJ. »

Le fil des événements

2007: Naissance de la fillette.

2012: « Environ » cette année-là, la mère est placée sous curatelle publique.

2014: Début des agressions sexuelles. La fillette a alors 6 ans.

6 mars 2017: La fillette dénonce les agressions. Sa mère est arrêtée. Marc Clermont suivra rapidement.

2 mai 2017: La juge Nancy Moreau ordonne le placement de la fillette dans une famille d'accueil.




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