Journalistes espionnés: des policiers visés dans l'enquête obtiennent gain de cause

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Deux des cinq policiers du SPVM visés dans l'enquête dans laquelle les journalistes de La Presse Patrick Lagacé et Vincent Larouche ont été espionnés ont obtenu gain de cause peu avant Noël.

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Daniel Renaud
La Presse

Deux des cinq policiers du Service de police de la Ville de Montréal (SPVM) visés dans l'enquête dans laquelle les journalistes de La Presse Patrick Lagacé et Vincent Larouche ont été espionnés ont reçu une bonne nouvelle peu avant Noël : l'un d'eux a appris qu'il ne sera pas accusé, alors que l'autre a obtenu gain de cause devant la Commission des normes, de l'équité, de la santé et de la sécurité du travail (CNESST, anciennement la CSST).

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L'assistant-directeur Bernard Lamothe (notre photo) et le commandant Patrice Vilcéus se seraient ingérés dans un dossier à la suite d'une arrestation effectuée par le groupe Éclipse, selon un policier qui a porté plainte à la Fraternité des policiers et policières.

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Le policier Fayçal Djelidi

Photo fournie par Les Actualités CDN-NDG

Ce dernier, un ancien sergent du groupe Éclipse dont le nom n'a jamais été publié, a été arrêté en juillet 2016, le même jour que les policiers Fayçal Djelidi et David Chartrand, pour une présumée affaire de parjure et d'entrave à la justice. Il n'a cependant jamais été accusé.

Depuis son arrestation, ce sergent est en congé de maladie, et l'employeur lui versait 80 % de son salaire. Or, le policier s'est adressé à la CNESST pour retrouver la totalité de son salaire.

Selon nos informations, dans un document d'une dizaine de pages envoyé à la CNESST, le policier écrit avoir subi des blessures psychologiques depuis qu'il a porté plainte à la Fraternité des policiers et policières, à l'automne 2015, contre l'assistant-directeur Bernard Lamothe et le commandant Patrice Vilcéus pour une présumée ingérence à la suite d'une arrestation effectuée par le groupe Éclipse.

Selon ce qu'il prétend, les deux officiers auraient fait pression sur une policière d'Éclipse pour qu'une accusation soit retirée contre un jeune homme dont la mère siège au Comité de vigie de la communauté noire du SPVM.

PLAINTE POUR INGÉRENCE

La Presse avait révélé l'affaire en janvier 2016. Fait à noter, cet article s'est glissé dans les déclarations sous serment au soutien des mandats de perquisition rédigés par l'enquêteur des Affaires spéciales Normand Borduas dans la cause des agents Djelidi et Chartrand. Le but d'ajouter cet article et d'autres reportages de médias dans les mandats était d'étoffer le volet de l'enquête voulant que l'agent Djelidi ait prétendument donné de l'information à des journalistes, en particulier à Patrick Lagacé.

Des policiers du SPVM avec lesquels La Presse s'est entretenue depuis l'été 2016 croient que c'est cette plainte pour ingérence qui est à l'origine de l'enquête qui a mené à l'arrestation de Fayçal Djelidi.

Dans son document déposé devant la CNESST, le sergent écorcherait plusieurs autres membres de la haute direction du SPVM. Il se plaindrait qu'on ait cherché à le museler et qu'on l'ait déplacé après le dépôt de sa plainte.

Nos sources nous disent que la direction du SPVM n'aurait pas répondu au document du policier ni donné sa version des faits. Devant cette absence d'opposition, le sergent a obtenu gain de cause. Si ce n'est pas déjà fait, le SPVM devra lui verser les 20 % de son salaire manquants et autres avantages de façon rétroactive.

La CNESST a refusé de confirmer l'affaire et de donner quelque détail que ce soit. Même son de cloche du côté de la Fraternité des policiers et policières de Montréal et de la direction du SPVM.

COUP MONTÉ

L'autre employé du SPVM qui a obtenu gain de cause est le cinquième et dernier policier arrêté dans toute cette affaire, pour avoir prévenu le policier Fayçal Djelidi que des collègues posaient des questions sur lui.

Le policier, qui travaille à la Division de la sécurité intégrée du SPVM, a été blanchi par une procureure, qui a refusé d'autoriser toute accusation contre lui. Selon nos informations, la procureure aurait conclu que le policier avait été victime d'un piège et que le dossier relevait davantage de la déontologie ou de la discipline.

Ni le syndicat ni la direction du SPVM n'ont voulu commenter l'affaire.

Pour joindre Daniel Renaud, composez le 514 285-7000, poste 4918, écrivez à drenaud@lapresse.ca ou à l'adresse postale de La Presse.




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