La mort d'une joggeuse fauchée devant le mont Royal «était évitable»

Au matin du 7 janvier 2016, la joggeuse Concepción... (Photo André Pichette, La Presse)

Agrandir

Au matin du 7 janvier 2016, la joggeuse Concepción Cortacans a été fauchée par un VUS qui a brûlé son feu rouge, sur l'avenue du Parc, devant le mont Royal.

Photo André Pichette, La Presse

Partage

Partager par courriel
Taille de police
Imprimer la page

Le conducteur d'un véhicule utilitaire sport (VUS) qui a brûlé un feu rouge et renversé mortellement la joggeuse Concepción Cortacans en janvier 2016 sur l'avenue du Parc, devant le mont Royal, alors qu'elle traversait à un passage pour piétons, connaissait mal le secteur et se fiait à son GPS au moment de l'accident.

Concepción Cortacans... (Photo tirée de l’internet) - image 1.0

Agrandir

Concepción Cortacans

Photo tirée de l’internet

La coroner Stéphanie Gamache recommande donc à la Ville de Montréal de « revoir la signalisation [...] dans le but de rendre ce passage plus visible pour les automobilistes », peut-on lire dans son rapport sur la mort de Mme Cortacans, déposé la semaine dernière.

« Il m'apparaît évident que ce décès était évitable », écrit la coroner.

Très fréquenté par les touristes, les sportifs et les familles, ce passage pour piétons se trouve dans le parc du Mont-Royal, l'un des plus populaires au Canada. Il traverse huit voies de circulation.

Au matin du 7 janvier 2016, Mme Cortacans était du côté est de l'avenue du Parc et « sautillait sur place en attente d'utiliser le passage pour piétons situé devant la statue de George-Étienne Cartier », note le rapport.

Dans la première voie, en direction nord, se trouvait un autobus accordéon de la Société de transport de Montréal immobilisé. Lorsque le feu pour piétons s'est allumé, Mme Cortacans a commencé à traverser l'avenue du Parc sans pouvoir voir le VUS qui arrivait à toute allure en direction nord dans la seconde voie de circulation.

Le conducteur « n'a pas respecté son feu rouge et a été incapable d'éviter Mme Cortacans, la frappant de plein fouet », écrit la coroner. Sous la force de l'impact, Mme Cortacans a été projetée sur une distance de quatre mètres, avant de violemment heurter la chaussée.

« La vitesse du véhicule estimée par des témoins variait de 50 à 70 km/h », note le rapport. La limite de vitesse à cet endroit est de 50 km/h. Aucune trace de freinage n'a été détectée par les policiers.

Victime de multiples fractures et d'une hémorragie intracrânienne, Mme Cortacans a succombé à ses blessures le 13 janvier 2016 à l'Hôpital général de Montréal.

Rencontré par les policiers, le conducteur du VUS a dit qu'il connaissait mal le secteur et se fiait à son GPS pour se rendre à un rendez-vous sur l'avenue du Parc. « Il aurait eu un moment d'inattention et n'aurait pas remarqué le feu de signalisation rouge à ce passage », note Me Gamache. Le conducteur a pu reprendre le volant le jour même.

Selon la coroner, la Ville de Montréal doit améliorer la signalisation à cet endroit. 

« Il m'apparaît important d'ajouter, sur les poteaux de signalisation, des panneaux indiquant la présence de ce passage. »

Anik de Repentigny, chargée de communication à la Ville de Montréal, explique que la Ville analyse le rapport du coroner.

« Dans les jours qui ont suivi l'accident, la Ville, comme elle le fait toujours en pareilles circonstances, a fait un repérage sur le terrain pour voir s'il y avait des éléments qui pouvaient être modifiés immédiatement (par exemple : arbre à émonder, tête de feu de circulation à positionner). [...] Nous allons travailler, comme à notre habitude, avec l'ensemble des partenaires afin d'assurer la sécurité de tous. »

Impact exponentiel 

Au Québec, 63 piétons sont morts l'an dernier à la suite de collisions, soit 15 de plus qu'en 2015.

Selon la SAAQ, les collisions entre automobilistes et piétons sont causées par les automobilistes dans 68 % des cas et par les piétons dans 15 % des cas. Dans 17 % des cas, les deux parties ont une responsabilité commune.

Le type de véhicule en cause dans la collision a aussi un impact sur la survie des victimes. Selon l'Université du Michigan, une personne renversée par un VUS, comme l'a été Mme Cortacans, est trois fois plus susceptible d'être tuée qu'une personne renversée par une voiture, différence qui s'explique par le design des VUS, qui heurtent les victimes à la hauteur de la poitrine et de la tête plutôt que des jambes.

La Ville de Montréal s'est engagée à implanter le concept de « Vision zéro », qui implique l'adoption d'une série de mesures visant à éliminer les morts sur ses routes. Parmi les éléments proposés par les élus de la Commission sur le transport se trouve la réduction de la vitesse dans l'ensemble des rues de Montréal.




publicité

publicité

Les plus populaires : Actualités

Tous les plus populaires de la section Actualités
sur Lapresse.ca
»

publicité

Autres contenus populaires

publicité

image title
Fermer