Six mois de prison pour l'ex-maire Gilles Deguire

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Gilles Deguire au palais de justice de Montréal, vendredi.

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«Je suis tellement désolé! Encore une fois, mille excuses! Que le Seigneur me pardonne!», a sangloté l'ex-maire de l'arrondissement de Montréal-Nord Gilles Deguire, avant de recevoir sa peine de 6 mois de détention et de prendre la route de la prison, menottes aux mains au palais de justice de Montréal hier après-midi.

L'ancien élu et ex-policier de 67 ans avait plaidé coupable en décembre dernier à une accusation par voie sommaire d'attouchements sexuels à l'égard d'une jeune fille de moins de 16 ans. Cette suggestion commune de la Couronne et de la défense était «tout à fait raisonnable» selon la juge, qui a pris en considération le plaidoyer de culpabilité de l'accusé et son faible taux de récidive dans sa décision. La peine maximale pour cette infraction était de 18 mois. Le policier retraité écope aussi d'une probation de 2 ans.

«J'ai une peine incroyable ! Et je demande pardon à tout un chacun!», a témoigné, en pleurs, Gilles Deguire. Le politicien déchu s'était présenté dans la salle de cour avec son sac à dos plein à craquer. C'était la première fois qu'il prenait la parole dans cette affaire. «Cette situation m'a perturbé entièrement depuis les 15 derniers mois. Ce repentir est extrêmement sincère. Je veux demander pardon», a-t-il affirmé à la Cour, avec hésitation et émotion. L'ex-maire suit une thérapie sexuelle depuis plusieurs mois et sera inscrit au registre des délinquants sexuels.

Juste avant, la victime de 16 ans avait lu avec aplomb une déclaration poignante par vidéoconférence, alors que l'accusé regardait le sol, l'air hagard. «Elle a beaucoup de courage de venir s'adresser à la Cour et de venir vous dire vos quatre vérités», a d'ailleurs souligné la juge. La victime, dont ne pouvons dévoiler l'identité, a raconté les conséquences terribles des gestes de M. Deguire.

«J'ai 16 ans, et depuis l'âge de 13 ans, j'ai été victime d'agression sexuelle. [...] Cet homme m'a carrément détruite. Il a volé mon adolescence et sûrement même, une partie de ma future vie. Après chaque baiser qu'il me donnait, lorsqu'il retirait ses lèvres, c'est vraiment comme s'il aspirait une partie de mon âme, de mon bonheur, de ma joie de vivre», a-t-elle raconté avec calme. 

Désespérée, l'adolescente a «peur pour [s]on avenir» et songe même au suicide. «La meilleure solution, ce serait juste de partir, d'en finir là, une ou deux pilules et c'est terminé, mais pour ma famille et les gens qui m'aiment, je reste», a-t-elle déclaré. Auparavant, la mère de la victime a raconté au juge que sa fille était une «battante», mais qu'elle était «brisée à l'intérieur» depuis son agression.

La procureure de la Couronne s'est dite satisfaite de la sentence de 6 mois qui «tient compte de l'ensemble du dossier». Elle a néanmoins insisté sur les circonstances aggravantes de l'affaire. «Il était un ex-policier et il était maire de Montréal-Nord, il avait la confiance de toute la population. [...] Il savait comment un enfant peut être marqué quand il est abusé», a dit Me Louise Blais.




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