Expertises psychiatriques: Isabelle Gaston retire sa plainte faute d'argent

Isabelle Gaston avait manifesté sa déception devant les... (Photo Peter McCabe, archives La Presse Canadienne)

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Isabelle Gaston avait manifesté sa déception devant les mécanismes de contrôle du travail des médecins experts après le prononcé du verdict contre son ex-mari.

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C'est par manque d'argent pour financer sa preuve d'expert et les frais d'avocat, qu'Isabelle Gaston abandonne sa plainte privée contre la psychiatre Dominique Bourget. Cette dernière a expertisé Guy Turcotte dans le cadre de ses procès pour les meurtres de ses deux enfants.

C'est ce qui ressort de l'audience qui s'est tenue ce matin devant le conseil de discipline du Collège des médecins. 

Ni Mme Gaston, qui est elle-même médecin, ni la Dre Bourget n'étaient présentes. L'exercice s'est fait par téléconférence, avec l'avocate qui représente Mme Gaston dans cette affaire, Me Joannie Tardif.

Isabelle Gaston a porté plainte contre la Dre Bourget, car elle estime que la psychiatre a mal fait son travail quand elle a expertisé Guy Turcotte. La Dre Bourget avait conclu que M. Turcotte, qui était médecin lui aussi au moment des faits, n'avait pas sa responsabilité mentale quand, en février 2009, il avait poignardé à mort les deux enfants qu'il avait eus avec Mme Gaston. Le drame est survenu dans un contexte de séparation entre les époux.

Bien-fondé

Ce matin, Me Tardif a expliqué au Comité que Mme Gaston croit toujours au bien-fondé de sa plainte, mais qu'elle manquait de ressources financières. L'expert qu'elle a trouvé réside en Ontario et ne parle qu'anglais. Il aurait fallu le faire venir et payer des frais de traduction. En outre, il y avait des frais d'avocat. L'avocate a ajouté une deuxième raison pour l'abandon de la plainte : Mme Gaston estime qu'avec la forte médiatisation du dossier, l'intérêt du public n'est plus aussi compromis qu'avant. 

« Le Conseil est préoccupé par le retrait de cette plainte », a fait valoir la présidente du Comité, Me Marie-Jorée Corriveau. Quand on porte « une plainte de cette nature », on sait qu'on aura besoin d'argent, a-t-elle fait valoir. 

Il est à noter que le syndic s'est déjà penché sur le cas de la Dre Bourget. En 2014, il avait conclu qu'il n'y avait pas matière à plainte contre la Dre Bourget. Le Comité de révision avait conclu dans le même sens, peu de temps après. La Dre Gaston avait alors décidé de porter une plainte privée.

« La plainte avait le but de susciter une réflexion et un débat social sur les experts. Mais cela ne devrait pas se faire sur le dos de la Dre Bourget », a plaidé l'avocat de cette dernière, Me David Emmanuel Roberge.

Le Comité a pris l'affaire en délibéré et rendra sa décision à un moment indéterminé.

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