Bain se contredit dans son témoignage en reprenant son discours politique

Richard Henry Bain, en 2012.... (Archives La Presse)

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Richard Henry Bain, en 2012.

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Pierre Saint-Arnaud
La Presse Canadienne

Richard Bain s'est contredit, au quatrième jour de son témoignage, jeudi, ouvrant possiblement une brèche dans sa défense de non-responsabilité criminelle pour cause de trouble mental que la Couronne pourrait être tentée d'exploiter.

L'accusé, qui fait notamment face à des accusations de meurtre prémédité et de tentative de meurtre en lien avec l'attentat du Métropolis le soir de l'élection de Pauline Marois, le 4 septembre 2012, a laissé entendre devant le tribunal qu'il entretenait toujours des convictions qui, à l'époque de l'attentat, indiquaient que ses motivations étaient politiques.

«Encore aujourd'hui, c'est ça le problème: Montréal est contrôlé par (le gouvernement du) Québec», a-t-il dit.

Or, la veille, il avait soutenu que l'ensemble de son discours visant la partition de Montréal pour en faire une province distincte à l'intérieur du Québec était le résultat de son état mental, perturbé par la prise d'un antidépresseur puissant, et qu'il n'entretenait plus ce genre de «vision», un terme qu'il utilise pour décrire cette position politique.

Le commentaire de jeudi indique au contraire qu'il porte toujours cette conviction, alors que son état mental s'est stabilisé.

Tout comme les enquêteurs qui ont tenté de lui faire dire qu'il avait posé ses gestes pour des raisons politiques, la Couronne cherche aussi à démontrer la présence d'un mobile, ce qui porterait atteinte à la thèse de perte de conscience de ses gestes imputable à une consommation indue de l'antidépresseur en question.

Le commentaire de Henry Bain a été fait à l'issue du visionnement de l'entrevue qu'il avait accordée depuis la prison à l'animateur Claude Poirier, le 19 janvier 2013, quatre mois après les événements. Claude Poirier avait rapidement mis un terme à l'entrevue en constatant que Richard Bain ne voulait parler que de la partition de Montréal pour en faire une province indépendante et refusait d'aborder l'attentat et de lui dire s'il éprouvait des remords ou non.

L'avocat de Richard Bain, Alan Guttman, a également demandé de visionner une vidéo d'une heure datée du 5 avril 2013 où l'enquêteur Daniel Prieur, de la Sûreté du Québec, était venu lui remettre les éléments de preuve de la poursuite, puisque Bain se représentait lui-même à ce moment.

Les jurés n'ont pas appris grand-chose de cette vidéo, puisque cette preuve leur est exposée à mesure que le procès avance, mais Me Guttman a expliqué par la suite que son objectif était de démontrer la progression de l'état mental de son client vers une plus grande stabilité.

Durant la rencontre, on a pu voir un Richard Bain en pleine forme, de bonne humeur et blaguant avec l'enquêteur, tout en l'avertissant qu'il refusait toujours de répondre à ses questions. À un certain moment, il a même rappelé qu'il avait un certificat démontrant qu'il était apte mentalement a demandé en riant au policier s'il pouvait lui aussi prouver son aptitude mentale.

Durant cette rencontre, Richard Bain s'est plaint à maintes reprises de ne pouvoir obtenir des documents traduits en anglais et de la discrimination dont il est l'objet de la part du personnel de l'établissement de détention. Il ajoutait avoir demandé à être transféré dans une prison ontarienne «où il n'y a pas de racisme».

Richard Bain est notamment accusé du meurtre prémédité du technicien de scène Denis Blanchette, de tentative de meurtre de son collègue Dave Courage, qui avait été atteint d'un projectile d'arme à feu, et de deux autres tentatives de meurtre touchant 13 victimes. Il est aussi accusé d'avoir allumé un incendie criminel au Métropolis.

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