Procès Duffy: Wright nie avoir tenté de s'ingérer dans la vérification de Deloitte

Nigel Wright... (Photo Chris Wattie, Reuters)

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Nigel Wright

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(Ottawa) Nigel Wright a nié mardi avoir tenté de s'ingérer dans la vérification indépendante menée par la firme Deloitte en 2013 pour obtenir des conclusions plus clémentes à l'égard du sénateur Mike Duffy.

Cette réponse n'a pas satisfait l'avocat du sénateur suspendu, qui a accusé l'ancien chef de cabinet de Stephen Harper d'avoir «conspiré» avec d'autres employés de Stephen Harper pour faire secrètement pression sur les vérificateurs.

«C'est une approche conspiratrice et collective que ce groupe a adoptée pour que Deloitte écrive son rapport en disant que leur travail [à l'égard de Mike Duffy] était terminé. Vous tentiez de vous ingérer et d'approcher secrètement un vérificateur qui agissait de manière strictement confidentielle», a lancé l'avocat Donald Bayne.

«Mon objectif était que le mandat de Deloitte soit changé», a répondu Nigel Wright. Il maintient qu'il voulait s'assurer que la firme entre en contact avec le sénateur conservateur David Tkachuk pour que ce dernier, en tant que président du comité de la régie interne, leur donne un nouveau mandat suite à la décision de  Mike Duffy de reconnaître son erreur et de rembourser les contribuables.

Cette question du rapport était une condition de l'entente secrète conclue entre le bureau du premier ministre Stephen Harper et l'avocate de Mike Duffy de l'époque, Janice Payne. À l'origine, cette entente prévoyait que Deloitte abandonne sa vérification à son égard, puisque le remboursement l'avait rendue théorique, et que le remboursement lui-même soit remboursé à M. Duffy par le Parti conservateur.

Nigel Wright a donc demandé au sénateur Irving Gerstein, président du Fonds conservateur, d'intercéder auprès d'un haut dirigeant de Deloitte. L'ancien chef de cabinet a affirmé ce matin que cette intervention ne visait qu'à s'assurer que la firme entre en contact avec le sénateur Tkachuk au sujet de sa proposition de changer son mandat de vérification. Mais Me Bayne l'a accusé d'avoir plutôt tenté de faire pression sur Deloitte pour qu'elle change ses conclusions.  

L'avocat a cité entre autres un courriel envoyé par un subalterne de M. Wright, Patrick Rogers, envoyé au chef de cabinet en mars, et dans lequel il explique: «J'ai été au téléphone constamment avec Gerstein qui a essayé d'attacher l'engagement nécessaire de la part de Deloitte, mais jusqu'ici, il n'a pas réussi à obtenir cette confirmation».

Le témoin a répondu que M. Rogers exagérait sans doute la fréquence de ses communications avec le sénateur Gerstein et que ce qu'il écrivait ne reflétait pas l'objectif des communications avec Deloitte. Il a cependant convenu que le public avait été tenu dans l'ombre au sujet de ces démarches.

Le bureau du premier ministre a finalement obtenu certains renseignements privilégiés au sujet du rapport par l'entremise du sénateur Gerstein, dont le fait que la firme ne pourrait arriver à une conclusion sur la question de la résidence de Mike Duffy puisque ce dernier n'avait pas fourni les renseignements demandés.

Donald Bayne a affirmé que ces renseignements n'avaient pas été fournis à la demande de Nigel Wright lui-même, qui tentait d'étouffer l'affaire, ce que M. Wright a nié.

Donald Bayne prévoit terminer son contre-interrogatoire mercredi. M. Wright est à la barre des témoins depuis mercredi dernier.

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