Richard Bain reste en prison en attendant son procès

Richard Henry Bain se défend seul. Il réclamait... (PHOTO PATRICK SANFAÇON, ARCHIVES LA PRESSE)

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Richard Henry Bain se défend seul. Il réclamait sa liberté pour préparer sa défense.

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Richard Henry Bain ne sera pas remis en liberté en attendant son procès, qui sera retardé, et il subira une évaluation psychiatrique pour déterminer son état d'esprit au moment des événements, en septembre 2012. De plus, un nouveau procureur de la Couronne, Me Dennis Galiatsatos, entre au dossier.

C'est ce qu'on a appris vendredi matin, alors que M. Bain revenait devant la Cour pour savoir s'il pouvait retrouver sa liberté en attendant son procès pour l'attentat mortel du Metropolis, survenu le soir des élections, le 4 septembre 2012.

Après analyse du dossier, le juge Guy Cournoyer a refusé, au motif de la sécurité du public. La preuve paraît solide et le motif de M. Bain était politique, a relaté le juge. «La violence politique est simplement inacceptable», a fait valoir le magistrat, qui s'est dit aussi préoccupé par la condition mentale de l'accusé.

Le retraité de 64 ans se défend seul. Il réclamait sa liberté et voulait aller en maison de transition, pour préparer sa défense.

Lors de l'audition de sa requête, à la fin novembre, M. Bain avait soutenu qu'il n'avait aucun souvenir des événements, car il prenait des médicaments pour traiter son trouble bipolaire, en septembre 2012. Il a soutenu qu'il n'était pas dangereux. Il a admis qu'Il ne pourrait aller chez les membres de sa famille, s'il était libéré en attendant son procès.

Selon des éléments de preuve dévoilés lors de cette audience, M. Bain avait suivi les élections à la radio, dans son véhicule, dans lequel se trouvaient plusieurs armes. Le Parti québécois a gagné. M. Bain s'est présenté à l'arrière du Metropolis, vêtu d'une robe de chambre bleue et d'une cagoule, armé d'une carabine et a fait feu sur des techniciens de scène dans la cage d'escalier. Il aurait tiré une seule fois avant que sa carabine s'enraye. La balle a atteint mortellement Denis Blanchette et a fini sa course dans la fesse de Dave Courage. Le chargeur de sa carabine avait été modifié pour accueillir 30 balles, alors que la capacité normale est de cinq. Il aurait aussi tenté de tirer en direction d'un policier, par la suite, mais aucune balle n'en est sortie.

Le juge a fait mention de la preuve de planification qui a été présentée lors de l'audition de la requête de remise en liberté. Par ailleurs, après les faits, alors qu'il était détenu, M. Bain avait dit publiquement qu'il avait voulu empêcher Pauline Marois de faire son discours et célébrer sa victoire.

«À part quelques événements bien connus, l'histoire de notre pays montre qu'on a été épargné par la violence politique», a mentionné le juge, avant de rappeler que deux référendums avaient été tenus au Québec, sans qu'il y ait de violence.

Vendredi matin, c'est le juge qui a proposé à M. Bain de subir une évaluation psychiatrique, vu qu'il invoque la maladie mentale, l'absence de souvenir et l'apport des médicaments, en lien avec les événements. Pour le moment, les propos de M. Bain ne sont appuyés par aucune autre information, a fait valoir le juge. Le nouveau procureur de la Couronne, Me Galiatsatos était d'accord avec la suggestion d'évaluation.  

M. Bain a fait valoir qu'il ne voulait pas aller à l'Institut Philippe-Pinel, car, dit-il, il y est déjà allé, et ils ne parlent pas anglais. J'ai fait trois plaintes, a-t-il lancé. Il veut un psychiatre de sa «culture», un anglophone.

«À Pinel, on mange bien, mais je ne parlerai pas», a ajouté M. Bain.

M. Bain a fait valoir vendredi matin qu'il voulait maintenant un avocat. Il en a passé plusieurs depuis le début des procédures. Vu qu'il reçoit une pension, il n'est pas admissible à l'Aide juridique, mais un arrangement avait été fait, et il aurait pu bénéficier d'une forme de prêt pour payer son avocat, en attendant de vendre ses propriétés.

Le juge Cournoyer garde son calme avec M. Bain, ce qui semble inciter ce dernier à garder le sien lui aussi. Après que le juge soit sorti, ce matin, M. Bain a lancé en riant: «J'adore ce type!»

Signalons enfin que le changement de procureur est dû au fait que le procureur initial, Me Matthew Ferguson, est pris dans le procès Cinar, et que celui-ci dure beaucoup plus longtemps que prévu.

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