Le SPVM se garde de lister des indicateurs visibles de radicalisme

Fady Dagher, directeur adjoint au Service de police... (PHOTO DAVID BOILY, ARCHIVES LA PRESSE)

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Fady Dagher, directeur adjoint au Service de police de la Ville de Montréal, a dit s'inquiéter des conséquences sur certaines communautés culturelles si certains signes visibles en viennent à être machinalement associés au terrorisme.

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Par crainte de « dérapages », le SPVM vient de mettre sur la glace toutes ses démarches pour dresser un « portrait type » de l'apprenti djihadiste basé sur des signes apparents facilement identifiables par les patrouilleurs.

« J'ai mis un holà sur tout ce qui est signes et indicateurs. C'est important. C'est là qu'on pourrait déraper, comme on l'a fait avant, avec le profilage racial », a raconté hier Fady Dagher, directeur adjoint au Service de police de la Ville de Montréal, lors d'un colloque sur la radicalisation tenu à Laval.

M. Dagher, qui a beaucoup étudié la question du profilage racial et qui est pressenti par plusieurs comme un candidat potentiel dans la course à la direction du SPVM, a dit s'inquiéter des conséquences sur certaines communautés culturelles si certains signes visibles en viennent à être machinalement associés au terrorisme.

« Et à Montréal, vous savez comment ça peut être fragile, les liens avec la communauté », a-t-il souligné, avant de se lancer dans un rappel historique.

« Retournons en arrière. Pensons aux gangs de rue. On voulait que les policiers les reconnaissent. On a dressé une liste d'indicateurs : la musique, le Hummer, la casquette... et on lui sautait dessus ! Et pourtant, pendant qu'on se concentre sur le Hummer, il y a une Toyota Corolla qui passe à côté, avec des kilos de cocaïne, et des personnes âgées à l'intérieur qui sont payées pour la transporter. On ne veut pas tomber dans le même piège. Il faut apprendre du passé. »

« La formation, au SPVM, ça va se faire quand ça va se faire. Quand on sera prêts. »

Le directeur adjoint a aussi insisté sur une autre distinction : la seule radicalisation qui le préoccupe en matière de sécurité publique, c'est celle qui mène à la violence. « Il faut clarifier ça. Mandela était un radical. Gandhi aussi, à sa manière », a-t-il expliqué.

Penser aux familles

Il a aussi invité tous les intervenants à se soucier des conséquences de l'action policière pour les familles de jeunes radicalisés. Il a dit avoir eu vent d'une histoire « dramatique » récemment. La mère d'un jeune suspect qui s'était retrouvé dans la mire des services antiterroristes aurait été rejetée à la garderie où elle travaillait, où des parents auraient été hostiles à la présence d'une « mère de terroriste ». Elle était pourtant une honnête travailleuse qui n'avait rien à voir avec les dérives potentielles de son fils.

« On dit qu'on supporte les familles, est-ce qu'on peut vraiment le faire ? », a lancé M. Dagher.

Du côté de la GRC, la surintendante Martine Fontaine a elle aussi insisté sur l'importance de ne pas se fier à l'apparence des sujets d'enquête. « Il n'y a pas de profil de visage, de couleur de peau, de cheveux. Ce n'est rien par rapport à l'apparence, c'est une question de comportements », a-t-elle martelé.

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