Lanaudière: une présumée pirate informatique est arrêtée

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L'équipe du projet Condor traquait les criminels considérés en «liberté illégale».

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Peter Rakobowchuk
La Presse Canadienne
Montréal

Les enquêteurs de la Gendarmerie royale du Canada (GRC) ont arrêté et accusé une femme de 27 ans de la région de Lanaudière, qui aurait supposément pris le contrôle à distance d'ordinateurs et effrayé leurs propriétaires, incluant des mineurs au Canada et à l'étranger.

Valérie Gignac a été arrêtée mercredi, après que les policiers eurent perquisitionné sa résidence de Saint-Alphonse-Rodriguez, à environ 75 kilomètres au nord-est de Montréal.

Les enquêteurs du Groupe intégré sur la criminalité technologique allèguent qu'elle est à l'origine d'un réseau «botnet», soit un regroupement d'ordinateurs infectés par un virus et contrôlés à distance par un pirate informatique. La suspecte aurait utilisé un logiciel malicieux d'accès à distance pour contrôler les ordinateurs infectés et espionner les victimes par le biais de leur caméra web.

L'enquête a démontré que la suspecte aurait persécuté ses victimes de différentes façons, notamment en écoutant des conversations privées et en communiquant avec les victimes par les haut-parleurs de l'ordinateur infecté.

Elle aurait également effrayé ses victimes en prenant le contrôle de leur ordinateur et en ouvrant des pages web de pornographie extrême.

L'agent Philippe Gravel, porte-parole pour le Groupe intégré sur la criminalité technologique, a précisé que l'enquête avait débuté en mars.

«Avec ce que nous savons pour l'instant, et jusqu'à ce que nous analysions les ordinateurs, elle est la seule personne impliquée», a-t-il dit en entrevue, de Joliette.

M. Gravel précise que selon la preuve, au moins huit ordinateurs auraient été piratés.

«Mais en visionnant les vidéos, on sait qu'il y en a plus, et l'analyse des ordinateurs va le révéler, a-t-il dit. On sait qu'il y a des gens impliqués au Canada et à l'étranger.»

Il ne sait pas quelles villes étaient visées, mais a noté que toutes les victimes alléguées parlaient anglais.

M. Gravel a indiqué que l'accusée demeurait libre jusqu'à sa prochaine comparution, le 16 juin, mais qu'elle devait respecter certaines conditions, dont celle de ne pas accéder à Internet.

Le porte-parole a précisé qu'elle ne pouvait pas avoir accès à Internet à la maison ou sur son cellulaire et qu'elle ne pouvait pas se trouver dans un café Internet ou dans n'importe quel lieu où elle pourrait utiliser le Web.

M. Gravel a ajouté en entrevue que des accusations additionnelles pourraient être déposées lors de la prochaine comparution de l'accusée.

La prévenue aurait aussi diffusé des vidéos sur YouTube où on la voit prendre le contrôle des ordinateurs infectés et effrayer ses victimes. De plus, elle serait propriétaire d'un forum de piratage en ligne comptant 35 000 usagers dans le monde. Ce forum, qui était hébergé au Canada, a été saisi.

Du matériel informatique a également été saisi chez la suspecte.

La jeune femme a été formellement accusée mercredi après-midi au palais de justice de Joliette. Elle fait face à des accusations d'utilisation non autorisée d'un ordinateur et de méfait concernant des données en vertu du Code criminel.

M. Gravel a souligné qu'il est rare qu'une femme soit accusée pour de tels crimes.

«C'est la première fois que j'ai accusé une femme pour des crimes informatiques», a-t-il ajouté.

L'opération s'est déroulée avec l'assistance de la Sûreté du Québec.

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