Enquête sur la mort d'Alain Magloire: éviter les «portes tournantes»

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Les policiers peinent à trouver les ressources appropriées et se tournent vers l'hôpital.

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Sophie Allard
La Presse

Chaque année, les policiers de Montréal reçoivent plus de 33 000 appels «se rapportant à une personne en crise ou dont l'état mental est perturbé», indique-t-on au SPVM. C'est jusqu'à 90 appels par jour. Souvent, les policiers peinent à trouver les ressources appropriées et se tournent vers l'hôpital. Ils alimentent ainsi le phénomène des «portes tournantes», a indiqué le policier Pascal Poirier, qui témoignait hier devant le coroner Me Luc Malouin, qui enquête sur les circonstances entourant la mort d'Alain Magloire.

«Il est difficile de magasiner la bonne ressource. Il y a beaucoup de critères d'exclusion dans les organismes communautaires. On doit souvent faire plusieurs téléphones. Après quelques tentatives, les policiers se découragent. Il y aurait des améliorations à apporter de ce côté», a affirmé M. Poirier, qui est formateur d'agents RIC (réponse en intervention de crise) et coordonnateur ÉSUP (équipe de soutien aux urgences psychosociales).

Info-Social en septembre

M. Poirier a suggéré la mise en place d'une ligne centralisée pour faciliter la référence, comme cela existe pour les cas de violence conjugale. «Un programme s'en vient», a annoncé Jason Champagne, directeur adjoint au programme de santé mentale au CSSS Jeanne-Mance. Le service Info-Social, déjà implanté dans certaines régions du Québec comme le Saguenay-Lac-Saint-Jean et le Centre du Québec, sera déployé d'ici septembre sur le territoire de Montréal, a-t-il annoncé.

Il s'agira de composer le 8-1-1. L'appelant aura alors le choix de parler à une infirmière ou à une intervenante psychosociale. «Le service sera accessible 24h sur 24 et il y aura des interventions sur le terrain quand les situations l'exigeront», a dit M. Champagne. «Il ne s'agit pas d'une ligne magique. Les services doivent être accessibles et efficaces pour la clientèle visée», a-t-il précisé. Il rêve d'une unité de santé urbaine, qui agirait comme trait d'union entre la clientèle vulnérable et les services de santé.

De nouvelles équipes mixtes

On a aussi annoncé hier l'ajout d'équipes de soutien aux urgences psychosociales (ESUP). Ces équipes sont composées d'un policier et d'un intervenant social du CSSS Jeanne-Mance et interviennent en soirée « en première ligne auprès de personnes en situation de crise ou perturbées mentalement», selon le SPVM. À ce jour, trois duos assurent la couverture du territoire montréalais. «Dans quatre cas sur cinq, on réussit à trouver d'autres ressources que l'hôpital. L'hôpital est un dernier recours et on y est souvent mieux reçus que des patrouilleurs parce que l'intervenant a fait un premier triage et qu'il parle le langage de la santé », dit M. Poirier, coordonnateur.

Rappelons qu'Alain Magloire est tombé sous les balles d'un policier le 3 février 2014, alors qu'il était armé d'un marteau en pleine rue. Pendant les mois précédant son décès, son état de santé mental était préoccupant. Il a plusieurs fois été en contact avec les services de santé (dont les urgences psychiatriques), mais aucun professionnel n'a eu accès à son dossier médical complet et n'a cru bon sonner l'alarme.

«Il faut innover dans le cadre législatif actuel, favoriser l'échange d'informations et éviter de dédoubler les services», a noté le coroner. Les audiences reprendront le 15 juin.

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