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Le SPVM porte un coup dur aux gangs de rue

Le projet Accalmie du SPVM a été mis... (PHOTO FÉLIX O.J. FOURNIER, COLLABORATION SPÉCIALE)

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Le projet Accalmie du SPVM a été mis sur pied pour calmer le jeu dans le milieu des gangs de rue après une série d'événements violents, dont le meurtre, en août dernier, de Donald César, le demi-frère d'un défunt chef « rouge » très respecté.

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La police de Montréal a frappé un noyau jugé particulièrement dérangeant au sein des gangs de rue du nord-est de la Ville, hier. La rafle est le point culminant du projet Accalmie, un plan pour freiner le regain de violence observé chez les gangs l'an dernier. Loin des projecteurs, l'offensive a mené à près de 300 arrestations depuis octobre, selon les chiffres obtenus par La Presse.

« On démontre à ces gens qu'on est là, qu'on travaille et qu'on ne les lâchera pas. Le message est clair : les crimes avec violence, c'est une priorité au SPVM », a martelé l'inspecteur Mario Desmarais, chef de la division de lutte contre le crime organisé, interrogé hier alors que les arrestations et perquisitions étaient toujours en cours.

Seize arrestations étaient au programme, hier, dans l'entourage du gang 43, groupe d'allégeance « rouge » actif dans le secteur de Montréal-Nord, dont les membres ont de 20 à 30 ans. Une perquisition a aussi eu lieu à Laval et une autre à Terrebonne. Des armes à feu ont été saisies, dont une mitraillette, ainsi qu'une centaine de cartes de crédit frauduleuses.

Selon l'inspecteur Desmarais, des membres de la bande sont suspectés d'avoir participé à des violations de domicile avec agression, des introductions par effraction et une tentative de meurtre. Selon nos informations, les 43 seraient la génération montante qui tente de faire sa place dans le secteur.

Objectif: calmer le jeu

Le projet Accalmie est un plan coordonné de toutes les divisions du SPVM mis sur pied à la fin de septembre pour calmer le jeu dans le milieu des gangs de rue après une série d'événements violents.

L'année 2015 avait commencé par deux homicides et quelques tentatives de meurtre liés à ce milieu dans les environs de Montréal-Nord, en février-mars. Puis, début août, cinq homicides successifs ont retenu l'attention, dont celui de Donald César, le demi-frère d'un défunt chef « rouge » très respecté. Certains policiers avaient confié à La Presse qu'ils craignaient une escalade.

« Le fait que ce soit concentré sur une si courte période, ça devenait inquiétant. On s'est dit que c'était anormal, qu'il fallait faire quelque chose », indique l'inspecteur Desmarais.

Le SPVM s'est alors mobilisé au grand complet. La Division du crime organisé, celle des crimes majeurs, les enquêteurs spécialistes des incendies criminels, ceux des régions Nord, Sud, Est et Ouest, l'escouade Éclipse et la gendarmerie ont été mis à contribution dans le cadre d'Accalmie à partir de la fin septembre.

Peu avant Noël, les gangs ont recommencé à jouer de la gâchette. Un meurtre, le 21 décembre, a été suivi de trois fusillades, dont une sur l'autoroute.

Tous les événements n'étaient pas liés. Le SPVM croit que ceux de décembre étaient liés à un conflit entre le « plan Robert », groupe de Saint-Michel, et le « plan Bellechasse », groupe un peu plus structuré établi dans Rosemont. Les deux gangs font partie de la famille des « bleus », mais un conflit aurait éclaté pour le contrôle de certaines activités liées à la drogue et au proxénétisme.

Deux suspects importants

La résolution de crimes liés à ce conflit, dont des homicides, pourrait être facilitée par l'arrestation récente de deux suspects liés au « plan Bellechasse », selon l'inspecteur Desmarais. Roody Pierre, âgé de 21 ans, est accusé de possession d'arme, tandis que Jean-Gilles Kesner, 23 ans, est accusé de possession de drogue.

D'autres incidents violents survenus pendant l'année découlaient de conflits interpersonnels ou de rivalités entre jeunes recrues et vétérans au sein de certains gangs. « On voit de plus en plus de conflits de générations dans les gangs de rue. Les jeunes cherchent à prendre leur place », dit M. Desmarais.

Au total, tous gangs confondus, Accalmie a donné lieu à 283 arrestations et 257 mises en accusations pour divers crimes, dont la vente de stupéfiants, la possession d'armes et les agressions violentes. Les victimes de ces crimes ne sont pas uniquement des membres de gangs. Le SPVM soupçonne même qu'un homme tué cette année pourrait avoir été victime d'une erreur sur la personne.

Le SPVM se garde bien de se faire alarmiste. Mario Desmarais souligne que malgré les incidents récents, Montréal a connu une baisse de 10 % des crimes violents depuis 2010, une amélioration « énorme ».

Mais pour que cette tendance persiste, la direction a déjà décidé de lancer un projet Accalmie 2 pour l'année 2016.

- Avec la collaboration de Daniel Renaud

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