L'UPAC s'intéresse à Jean Charest

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Jean Charest

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L'Unité permanente anticorruption s'intéresse à l'ancien premier ministre du Québec Jean Charest. Les enquêteurs de l'UPAC tentent de déterminer si l'ancien chef du Parti libéral a pris part à une opération de financement sectoriel avant son accession au pouvoir en 2003, selon ce qu'a appris Radio-Canada.

L'enquête, baptisée Mâchurer, aurait dans sa mire une opération de financement menée auprès d'un proche du PLQ, Guy Saint-Pierre. Celui-ci était alors président du conseil d'administration de SNC-Lavalin. Il aurait été sollicité pour récolter 50 000 dollars auprès des employés de sa firme de génie-conseil. 

Toujours selon la société d'État, les dossiers ne permettent pas de savoir si SNC-Lavalin a bel et bien versé cette somme. Des documents déposés à la commission Charbonneau établissent que SNC-Lavalin a donné 43 000 dollars en 2002 et 50 000 en 2003.

Le chef de cabinet de M. Charest à l'époque, Ronald Poupart, affirme avoir eu une brève discussion avec Jean Charest et Marc Bibeau à ce sujet en 2002. «Il [Marc Bibeau] m'a dit: "On s'en va voir un ami [Guy Saint-Pierre] pour essayer de le convaincre de faire de la sollicitation auprès de ses employés pour avoir de l'argent"», a-t-il indiqué lors d'une entrevue à La Presse. Ronald Poupart dit avoir raconté cette histoire à la Sûreté du Québec. «Ils m'ont posé des questions sur le financement du PLQ», ajoute-t-il.

M. Poupart croit que Marc Bibeau a toujours souhaité obtenir des chèques de tout au plus 3000$ de manière à se conformer aux règles en vigueur. Il affirme que le système de prête-noms «n'était pas connu» au début des années 2000.

Il tient d'ailleurs à défendre l'intégrité de l'ancien premier ministre. «Je n'ai jamais vu rien d'illégal de la part de M. Charest. Jamais, jamais.»

Des documents judiciaires en appui à une demande de perquisition à la permanence du PLQ dévoilés le 10 novembre dernier ont démontré que le système de remboursement de dons politiques chez les employés de la firme était connu. Il faisait même partie de la description de tâche de deux vice-présidents. SNC-Lavalin a versé jusqu'à 150 000$ par année au PLQ par l'entremise de Marc Bibeau, collecteur de fonds et ami personnel de Jean Charest.

Par voie de communiqué, hier soir, Jean Charest a affirmé n'avoir «participé à aucune forme illégale d'activité de financement politique. Le reportage de M. Gravel reconstruit de manière tendancieuse des évènements qui ont eu lieu il y a de cela 12 ans.» Marc Bibeau, lui, n'a pas émis de commentaires.

La Presse a tenté en vain de joindre en soirée Marc Bibeau et SNC-Lavalin.

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