«Chien interdit»: le SPVM annule la contravention d'un itinérant

Guykain Levasseur et sa chienne, Misha... (PHOTO PATRICK SANFAÇON, LA PRESSE)

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Guykain Levasseur et sa chienne, Misha

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Après avoir vu le certificat d'un expert canin assurant que ses agents n'avaient pas eu affaire à un véritable pitbull, le Service de police de la Ville de Montréal (SPVM) a décidé d'annuler hier la contravention de 1034 $ remise à un itinérant du centre-ville pour possession de «chien interdit».

Guylain Levasseur, un homme de 52 ans qui habite dans sa camionnette près du parc Beaudry, pourra donc conserver sa chienne Misha, qui a toutes les apparences d'un pitbull, mais qui n'en serait pas un.

«L'animal de M. Levasseur a 11 des 15 caractéristiques d'un pitbull, ce n'en est pas un», tranche l'expert canin Maurice Bernard, qui a signé en mars dernier le certificat d'identification sur la base duquel le service de police a décidé d'annuler la contravention. Ce document, qui n'a rien d'officiel et qui n'est pas délivré par la Ville, n'avait pas été présenté aux policiers lors de la remise de la contravention dans le parc Beaudry, la semaine dernière.

M. Bernard, propriétaire d'une école de dressage qui est actuellement consultant auprès de la Ville de Montréal pour aider les évaluateurs canins à identifier les pitbulls, dit avoir évalué plus de 130 chiens avant l'entrée en vigueur du nouveau règlement sur le contrôle des chiens dangereux. Des dizaines de ces chiens appartenaient à des sans-abri qui craignaient de perdre leur animal.

«Sur 132 dossiers, seuls 12 chiens étaient véritablement des pitbulls. Ce sont des critères morphologiques extrêmement précis qui permettent de le déterminer. C'est un animal qui demeure somme toute assez rare», affirme M. Bernard.

Permis spécial

En vertu du nouveau règlement sur les animaux dangereux adopté dans la controverse par la Ville de Montréal, toute personne possédant un chien de type pitbull doit obligatoirement être titulaire d'un permis spécial délivré par la Ville. Or M. Levasseur, qui traîne un dossier criminel remontant aux années 80 et qui a plusieurs contraventions impayées, n'aurait pas été admissible à un tel permis.

Sur la base du certificat délivré par l'expert canin, il a pu enregistrer sa chienne Misha auprès de la Ville comme dogue argentin, race à possession non restreinte qui ressemble énormément aux pitbulls. Maurice Bernard, l'expert canin, refuse cependant de confirmer qu'il s'agit bien d'un dogue argentin. «C'est M. Levasseur qui l'affirme. Moi, je ne sais pas de quelle race il s'agit. Tout ce que je peux dire, c'est que ce n'est pas un pitbull», nuance M. Bernard.

La décision d'annuler la contravention, annoncée hier après-midi par le SPVM, illustre à quel point l'utilisation par la Ville de critères morphologiques pour déterminer le niveau de dangerosité des chiens est inefficace, estime la présidente de l'Ordre des médecins vétérinaires du Québec, Caroline Kilsdonk. «La détermination des races de chien, c'est loin d'être une science exacte. La morphologie n'est pas un critère valable pour prédire le comportement d'un animal», dit-elle.




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