Bixi: des créanciers veulent poursuivre la Ville

La Ville de Montréal n'est pas au bout de ses peines avec BIXI. D'importants... (PHOTO HUGO-SÉBASTIEN AUBERT, ARCHIVES LA PRESSE)

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La Ville de Montréal n'est pas au bout de ses peines avec BIXI. D'importants créanciers ont écarté hier le syndic qui a géré la faillite depuis janvier dernier, Richter, pour en choisir un nouveau qui va accepter de poursuivre le Ville.

L'enjeu: les 10,6 millions dus aux 170 créanciers non garantis. À elles seules, les entreprises qui ont mené cette fronde hier lors de la première assemblée des créanciers pourraient réclamer près de 4 millions. On y trouve notamment Cycles Devinci, CMP Advanced Mechanical Solutions, Groupe Poitras et CIF Métal.

Deux anciens partenaires, Alta Bicycle Share et 8D Technologies, réclament en outre plus de 36 millions à l'ancien gestionnaire de BIXI, Société de vélo en libre-service (SVLS).

Dans cette faillite, seule la Ville a pu récupérer une partie de ses billes, soit 16 des 31,7 millions prêtés à SVLS.

Dans la salle où s'entassaient hier une douzaine d'avocats, au 10e étage de l'édifice de la Sun Life, au centre-ville, on a mis moins d'une demi-heure pour écarter le syndic actuel. Celui-ci, représenté par Philip Manel, avait prévu le coup: dans son ultime rapport, il a avisé les créanciers qu'il ne participerait à aucun recours contre la Ville ou la Banque Nationale du Canada - qui a consenti un prêt de 6,5 millions cautionné par la Ville. M. Manel a lui-même recommandé qu'on le remplace par un autre syndic si les créanciers souhaitaient intenter des recours judiciaires.

Selon le rapport de M. Manel, rien n'indique qu'il pourrait y avoir de l'argent pour les créanciers non garantis.

Un des avocats présents, Gerald Kandestin, représentant de CMP et de Devinci, a saisi la balle au bond et fait valoir que ses clients «avaient été roulés par la Ville de Montréal». «Il y a le sentiment qu'il faut une investigation plus poussée», a-t-il déclaré. L'avocat de CIF Métal, Groupe Poitras et Industries Fournier, Alain Tardif, a quant à lui manifesté son «inconfort» à l'idée de confier la suite des choses au même syndic.

SVLS et Montréal, même combat?

Essentiellement, comme ils l'ont déjà déclaré lors des audiences en cour ce printemps, les avocats de certains créanciers entendent convaincre les tribunaux que SVLS dépendait totalement de la Ville de Montréal. Ils se basent notamment sur les rapports financiers de la Ville de 2010 à 2013, qui présentent l'ex-gestionnaire de BIXI comme un «des organismes qu'elle contrôle».

Ils ont en outre mis la main sur une «lettre de confort» de l'ex-directeur général de la Ville, Robert Lamontagne, envoyée en avril 2013 aux fournisseurs et clients de SVLS. On y assure que la Ville «a tout intérêt à ce que SVLS puisse respecter ses engagements envers ses clients et fournisseurs».

Le nouveau syndic, Noubar Boyadjian, de la firme Litwin-Boyadjian, composera avec cinq inspecteurs de faillite et deux observateurs, qui travaillent tous pour l'un ou l'autre des fournisseurs qui souhaitent poursuivre la Ville de Montréal. Ils sont chargés de mener une enquête plus poussée sur SVLS.

L'avocat de la Ville, Patrice Benoit, a dit en entrevue qu'il a bon espoir que les tribunaux confirmeront la validité des garanties - des «sûretés» - détenues par sa cliente.

«Bien des allégations ont été lancées gratuitement. J'ose espérer qu'ils vont se rendre à la conclusion qu'il n'y a pas de cause.»

Cette procédure n'a techniquement aucun impact sur l'organisme qui a pris la relève de SVLS le 30 avril dernier, BIXI-Montréal.

La situation de BIXI

Dettes

>Créanciers non garantis: 10 616 509$

>Créanciers garantis: 19 831 506$

Réclamations

>8D Technologies: 26 millions

>NYCBS: 10 216 431$




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