La longue bataille pour la sécurité des écoliers à NDG

Dominique Sorel et Julie Blondin ont milité longtemps... (PHOTO DAVID BOILY, LA PRESSE)

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Dominique Sorel et Julie Blondin ont milité longtemps pour améliorer la sécurité aux abords de l'école Notre-Dame-de-Grâce. Les progrès obtenus ont été perdus quand les travaux du MTQ ont canalisé jusqu'à 10 000 voitures dans les rues du quartier.

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Bruno Bisson
La Presse

Vendredi matin, 8h. Une longue double file d'automobiles s'allonge vers l'ouest sur l'avenue Notre-Dame-de-Grâce, au feu rouge de l'intersection de la rue Girouard, que traversent en trottant des élèves du primaire en route pour leur école, située juste au coin. Une fois le feu passé au vert, les voitures s'ébranlent, deux par deux, en direction de l'autoroute Décarie, en passant devant l'entrée principale de l'école Notre-Dame-de-Grâce, où affluent à cette heure des élèves de tout le quartier.

Ce n'était pas comme ça, il y a peu. Un panneau de signalisation forçait les véhicules de la voie de droite à tourner à droite dans la rue Girouard, et une seule file d'automobiles pouvait s'engager en direction de l'école.

Dominique Sorel, résidante du village Monkland, dans le nord de l'arrondissement, en sait quelque chose. Il lui a fallu trois ans de batailles menées avec Julie Blondin, membre du conseil d'établissement de l'école, pour convaincre l'arrondissement d'améliorer la sécurité de ce couloir scolaire.

Il a suffi de quelques jours d'embouteillages provoqués par des chantiers situés très loin de l'angle de l'avenue Notre-Dame-de-Grâce pour annuler des années d'efforts et une rare petite victoire.

«L'avenue Notre-Dame-de-Grâce est devenue la voie d'évitement de la rue Saint-Jacques, où le ministère des Transports faisait des travaux, et de la rue Sherbrooke, fermée par des travaux de réseau d'eau de la Ville de Montréal, explique Mme Sorel.

Les saillies de trottoir construites à l'été 2012, qui permettent à la fois de réduire la distance de passage entre les deux trottoirs, pour les piétons, et de canaliser la circulation au centre de l'avenue, sont toujours là. La bande cyclable tracée au sol du côté nord de l'avenue a toutefois disparu. Le marquage au sol n'a pas tenu. Elle sera repeinte et déplacée du côté sud de l'avenue au cours de l'été, selon l'arrondissement de Côte-des-Neiges-Notre-Dame-de-Grâce.

«Toutes les mesures d'apaisement de la circulation mises de l'avant dans Notre-Dame-de-Grâce ont d'abord été le résultat d'une volonté citoyenne, et non de l'arrondissement, qui ne semble pas s'intéresser à ce modèle de sécurité», affirme l'ingénieure de formation, qui milite pour réduire la place de l'automobile dans les rues depuis que sa fille, âgée de 10 mois seulement, a été éjectée de sa poussette par une voiture, en 2004 (elle s'en est tirée indemne).

Quartier vert

Depuis trois ans, Mme Sorel participe à la mise en oeuvre d'un plan destiné à faire de Notre-Dame-de-Grâce un «quartier vert actif et en santé» (QVAS), selon un modèle préconisé par la Ville de Montréal dans son plan de transport, adopté en 2008. L'objectif est de créer des modèles d'aménagement urbain qui favorisent la marche et le vélo dans les déplacements quotidiens.

Plus d'une soixantaine de propositions d'intervention sur le domaine public, dans la plupart des cas peu coûteuses et rapidement réalisables, ont été formulées au terme d'un long processus de consultation et de sensibilisation auprès de la population.

Ces interventions vont du simple marquage des passages piétonniers à l'ajout de vélos BIXI en passant par l'interdiction de se garer à moins de 5 m d'une intersection - prévue au Code de la sécurité routière, mais non appliquée dans une grande partie du territoire montréalais.

Les mesures d'apaisement implantées à l'angle des avenues Notre-Dame-de-Grâce et Girouard font partie d'une dizaine d'interventions qu'on considérait comme acquises et qui, soudainement, ne le sont plus, en raison de l'envahissement progressif du quartier par une circulation automobile intense, détournée de ses trajets habituels par les grands chantiers du CUSM ou de l'échangeur Turcot.

«On ne veut se battre avec personne pour le plaisir de se battre, on a envie que les choses s'améliorent, et on pense que, comme résidants, on peut certainement donner un point de vue bien informé, dit Mme Sorel. Mais la machine est trop grosse pour nous, ce n'est plus possible de participer, ce n'est plus possible d'être entendus. Pour qu'on nous écoute, il faudrait qu'on soit un parti politique ou un gros lobby d'affaires. Comme simples citoyens, même regroupés, on n'y arrive plus.»




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