Saint-Hyacinthe croit être responsable de la mort de milliers de poissons

Des travaux liés à l'agrandissement de l'usine d'épuration... (PHOTO ROBERT SKINNER, LA PRESSE)

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Des travaux liés à l'agrandissement de l'usine d'épuration de la ville, réalisés le 28 juin dernier, pourraient être à l'origine du problème.

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La mort de milliers de poissons dans la rivière Yamaska serait attribuable à un déversement planifié d'eaux usées effectué par la Ville de Saint-Hyacinthe, la semaine dernière, combiné à un niveau d'eau particulièrement bas et un débit presque nul. La Ville a fait son mea culpa, lundi, admettant que la forte concentration de micro-organismes dans l'eau déversée pourrait avoir entraîné la mort des poissons.

« Il y a visiblement eu une série de mauvaises décisions de la part de l'administration municipale dans ce dossier. Une enquête interne est en cours pour faire la lumière sur le processus mis de l'avant et sur les décisions qui ont été prises », a admis le maire de Saint-Hyacinthe, Claude Corbeil, avouant qu'il y avait eu des ratés dans la transmission de l'information dans les différents services municipaux.

Mardi dernier, le 28 juin, un déversement planifié d'eaux usées dans la rivière Yamaska a eu lieu dans le cadre de travaux d'agrandissement à l'usine d'épuration de la Ville.

« [Lundi] matin, la direction générale, le maire et l'administration a appris de la part d'employés qu'un déversement avait eu lieu », a expliqué la directrice des communications de la Ville, Brigitte Massé. On a déterminé que le déversement était la cause la plus plausible de la mortalité massive de poissons observée ces derniers jours.

« On n'est pas à l'étape de la chasse aux sorcières, mais à l'étape de comprendre comment cette série de décisions s'est prise », a-t-elle ajouté.

Eau stagnante

Le débit de la rivière Yamaska, en aval de l'usine d'épuration, était de quelque trois mètres cubes par seconde, selon les données mesurées par le Centre d'expertise hydrique du gouvernement du Québec, le 28 juin. Au printemps, il peut atteindre de 700 à 1000 mètres cubes par seconde.

« Le niveau est très bas et le débit extrêmement lent, on parle pratiquement d'une eau stagnante, a précisé Mme Massé. Si ce déversement-là avait eu lieu à une autre période, les conséquences n'auraient pas été les mêmes que dans le contexte actuel. »

La ville entend collaborer pleinement et en toute transparence avec les représentants des instances gouvernementales concernées « afin de revoir ses façons de faire et d'assumer les conséquences de ses erreurs ».

Sanction sévère exigée

Le déversement en question n'était pas accidentel ; il faisait partie de la planification d'un chantier de construction à une installation municipale. Selon la Fondation Rivières - un organisme à but non lucratif dont la mission est d'« oeuvrer à la préservation, la restauration et la mise en valeur du caractère naturel des rivières » -, la Ville de Saint-Hyacinthe et le ministère de l'Environnement ont fait preuve de grave négligence.

« Cette situation était hautement prévisible. La Ville avait la responsabilité d'aviser le ministère de l'Environnement et celui-ci devait assurer le suivi de l'opération, a dénoncé le porte-parole de l'OSLB, Jacques Tétreault. La situation s'apparente au "Flushgate" de Montréal, mais cette fois les conséquences furent graves. [...] Cela mérite une sanction exemplaire. »

Les sources d'approvisionnement en eau de la ville étant en amont du lieu du déversement, l'eau demeure potable pour les citoyens de Saint-Hyacinthe.

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