Ciment McInnis: Nature Québec défend le projet de biomasse

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À terme, les fours de la cimenterie pourraient brûler jusqu'à 100 000 tonnes de résidus annuellement, mais dans un premier temps des essais seront réalisés avec 15 000 tonnes.

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Le groupe environnemental Nature-Québec se porte à la défense de Ciment McInnis, dans son projet d'utiliser des résidus forestiers en remplacement du coke de pétrole dans sa cimenterie en construction en Gaspésie

L'entreprise a annoncé hier une entente avec une coopérative forestière afin de s'approvisionner en résidus de sciage et de rejets de coupe.

À terme, les fours de la cimenterie pourraient brûler jusqu'à 100 000 tonnes de résidus annuellement, mais dans un premier temps des essais seront réalisés avec 15 000 tonnes.

Hier, Greenpeace a critiqué ce projet, disant craindre que cela conduise à une surexploitation de la forêt.

Mais pour Nature-Québec, c'est en plein le type d'utilisation de la biomasse qu'il faut encourager au Québec.

«On pense que Greenpeace fait fausse route en critiquant très fortement la biomasse, affirme Amélie St-Laurent Samuel, chargée de projet, forêts et biomasse chez Nature Québec. Le scénario de base est l'utilisation de coke de pétrole, qui est polluant et qui vient de l'extérieur de la province.

«L'utilisation de biomasse résiduelle, quand c'est bien fait, c'est très avantageux du point de vue de l'environnement. Ça permet la lutte aux changements climatiques et aussi la création d'emplois dans une région où on en a bien besoin.

«Nature Québec n'était pas favorable à la base à la cimenterie à Port-Daniel et on aurait préféré que le Bureau d'audiences publiques sur l'environnement se penche sur le projet, précise Mme St-Laurent Samuel. Mais maintenant que le projet va de l'avant, notre préoccupation est la question des gaz à effet de serre.»

La CAQ maintient ses critiques

De son côté, la Coalition avenir Québec continue de critiquer le projet de cimenterie, qui deviendrait la plus grande source de gaz à effet de serre (GES) du Québec, devant la raffinerie Jean-Gaulin d'Ultramar à Lévis.

Le porte-parole en environnement de la CAQ, Simon Jolin-Barrette, estime que la tenue d'un BAPE sur le projet aurait permis d'en savoir plus sur l'impact de l'utilisation de la biomasse et sur tous les autres aspects du projet.

Le gouvernement libéral a fait adopter une loi qui a soustrait le projet à l'examen du BAPE et coupé court aux contestations judiciaires à ce sujet.

«Encore aujourd'hui on constate qu'il y un manque de transparence, dit M. Jolin-Barrette. Si Ciment McInnis s'engage à utiliser de la biomasse, c'est bien, mais ce n'est pas prévu dans leurs conditions d'exploitation.»

Il critique aussi le secret qui va entourer les allocations de droits d'émissions de GES dans le secteur des cimenteries.

Ce secret est nécessaire, selon le ministère du Développement durable, de l'Environnement et de la Lutte aux changements climatiques, afin de protéger les informations commerciales des différentes cimenteries du Québec.

Ciment McInnis va, comme les autres cimenteries, recevoir une allocation gratuite pour couvrir une partie de sa production. Mais comme elle deviendra la cimenterie la plus efficace, son allocation va couvrir une part plus importante de sa production.

«Si on avait eu un BAPE, la population aurait eu toute l'information, dit M. Jolin-Barrette. À ce compte-là on pourrait multiplier les projets industriels sous prétexte qu'ils sont moins polluants que leurs concurrents.»

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