Humiliations sur les plateaux de Sylvain Archambault

Une vingtaine de personnes ayant travaillé sur les plateaux... (Photo Patrick Sanfaçon, archives La Presse)

Agrandir

Une vingtaine de personnes ayant travaillé sur les plateaux de tournage de Sylvain Archambault au cours des 20 dernières années ont fait état d'épisodes inconfortables avec le réalisateur.

Photo Patrick Sanfaçon, archives La Presse

Partage

Partager par courriel
Taille de police
Imprimer la page

Milieux de travail hostiles. Humiliations. Bloopers à caractère sexuel. Attouchements. La Presse a recueilli une vingtaine de témoignages de comédiens et membres de l'équipe technique ayant travaillé sur les plateaux de tournage du réalisateur Sylvain Archambault au cours des 20 dernières années et qui ont mené à plusieurs interventions de l'Association québécoise des techniciens de l'image et du son (AQTIS). Des comportements exacerbés par la consommation d'alcool du réalisateur, jugée inacceptable par ses productrices, Fabienne Larouche et Sophie Deschênes.

La scène tournée sur le plateau de Mensonges 4 en octobre dernier ne devait durer que quelques secondes. Une comédienne jouant une policière devait placer un vibromasseur dans la petite culotte d'une autre actrice, puis se faire réprimander par une collègue. Sortant totalement du scénario et du caractère du personnage, le réalisateur Sylvain Archambault a demandé à la comédienne de simuler la jouissance jusqu'à en tomber sous la table. « Gâte-toi, ma cochonne ! », lui a-t-il lancé dans son micro, devant toute l'équipe.

« J'ai fait le saut en entendant le réalisateur crier : "T'as voulu être actrice, ben fais-le !" », se rappelle un technicien. La scène nous a été racontée par trois témoins présents ce jour-là.

Ce n'est pas la première fois que Sylvain Archambault, réalisateur de films et de séries à succès comme Les pays d'en haut et Mensonges, sort des scénarios qu'il doit tourner pour ajouter des scènes qui ne sont jamais utilisées et qui mettent les acteurs profondément mal à l'aise.

Une comédienne reconnue dans le milieu de la télévision décrit Sylvain Archambault comme un homme qui aime « humilier ses comédiens ».

« J'étais terrorisée, nu-seins, et il me hurlait dessus. J'étais comme prise en otage. Les scènes de sexualité sont tournées comme si on était des prudes. Il ne te demande pas si tu es à l'aise. Il te crie : "Déniaise !" », dit-elle, encore ébranlée par son expérience récente de tournage avec Archambault.

Il y a quelques années, elle avait déjà dû faire face, sans avertissement, à des ajouts de répliques et de gestes qu'elle considère comme un abus de pouvoir.

«Il a souvent laissé tourner la caméra pour me faire dire toutes sortes de niaiseries, parfois à connotation sexuelle. Il m'a demandé de cracher au visage de mon partenaire de scène, de le frapper à coups de poing.»

Une comédienne du milieu de la télévision

« Il s'est approché de moi, se dandinant littéralement en se massant les seins, comme dans un mauvais film, pour finalement s'asseoir sur moi à califourchon et approcher ses lèvres à deux centimètres des miennes », raconte un acteur de la série Cheval-Serpent, encore estomaqué par son expérience.

L'événement a été rapporté il y a deux semaines, plusieurs mois après la fin du tournage, à Fabienne Larouche, productrice de la série. « Un comédien nous a appris avoir été victime d'un comportement inapproprié, de surcroît devant l'équipe. Une employée a aussi quitté quatre jours avant la fin du tournage pour des raisons similaires, précise Mme Larouche. Un conflit d'horaire avec la série Mensonges a terminé notre relation d'affaires avec Sylvain Archambault, de telle sorte que nous n'avons pas eu à clarifier avec lui les allégations le concernant. »

La productrice collaborera-t-elle encore avec ce réalisateur ? « Nous n'avons plus de projet avec Sylvain Archambault, ni en production ni en développement », répond-elle.

La vingtaine de comédiens et de techniciens qui ont dénoncé les méthodes de Sylvain Archambault ont généralement requis l'anonymat. Nos témoins, qui sont tous des pigistes à statut précaire, disent craindre l'influence d'Archambault dans le monde du cinéma et de la télé. Ils craignent également d'être étiquetés par d'autres productions comme des fauteurs de trouble.

Confronté à ces allégations lors d'une entrevue qui a duré près d'une heure, le réalisateur concède qu'il est fort en gueule, qu'il peut tenir des propos « mononcles » et qu'il a une façon toute personnelle de diriger les acteurs. Mais il nie formellement avoir tourné des scènes superflues à saveur sexuelle ou avoir tenu des propos déplacés.

« Je peux faire des compliments. On peut être un peu grivois. On n'est pas dans un bureau d'avocats. C'est plus libéral. C'est plus ouvert. Mais de là à dire des choses comme celles que vous me dites... Je n'ai jamais dit ça. C'est entièrement faux. »

«As-tu déjà joui dans ta vie ?»

Mais les témoignages recueillis par La Presse montrent que le réalisateur va parfois très loin. L'an dernier, un comédien bien connu des Pays d'en haut a été témoin d'attouchements de la part du réalisateur sur une comédienne. 

« C'était entre deux scènes, la comédienne était avec Sylvain et j'étais assis un peu en retrait. Il discutait avec elle et s'est mis à lui attraper un sein en disant : "Si je te prenais le sein comme ça, oups, ça ne serait pas acceptable. Mais si j'étais sur le côté et que je m'enfargeais, comme ça, ce serait OK." La comédienne riait nerveusement et mon radar me disait qu'elle n'était pas du tout à l'aise. Moi, je ne l'étais pas. Je voulais que ça arrête, alors j'ai dit à la comédienne assez fort : "Hey, tu sais que tu l'as déjà, le rôle ? Tu n'es pas obligée de tolérer ça." Sylvain a ri et il est parti », se souvient le comédien.

Lors du tournage de Mensonges 3 en 2016, un membre de l'équipe technique raconte avoir été témoin d'une scène qui l'a perturbé. « Lors d'une scène sexuelle humoristique ne nécessitant aucunement de la nudité et se déroulant dans un espace restreint, Sylvain a lui-même complètement relevé la jupe de la comédienne sans son consentement et sans prévenir. Elle a dû insister très fortement pour ne pas tourner dans cet état », dit-il. Contactée par La Presse, la comédienne en question n'a pas souhaité faire de commentaire.

Et ces comportements, selon les témoignages recueillis, ne datent pas d'hier. Sylvain Archambault a commencé dans le métier en tournant des pubs. Il en a produit 1000 et réalisé 250. « Pour un casting de fille au bar qui sourit, il les faisait se mettre à quatre pattes. Juste parce qu'il trouvait ça drôle », raconte la productrice Émilie Heckmann, qui a travaillé avec lui comme assistante et a été sa conjointe entre 2004 et 2006.

Alors âgée de 14 ans, une comédienne venue passer une audition s'est fait demander par le réalisateur : « As-tu déjà joui dans ta vie ? Vas-y ! » Quatre ans plus tard, la jeune femme s'est retrouvée à nouveau en audition devant le réalisateur. « C'était pour une pub de bière. J'étais avec une autre comédienne et un comédien. Il m'a demandé d'embrasser le gars, de tremper un bretzel dans la bière et de le lécher langoureusement. Puis il m'a demandé d'insulter l'autre comédienne jusqu'à ce qu'elle pleure. Tout ceci n'est évidemment pas dans le script ! C'était de l'humiliation à répétition. »

Des pratiques dont a été témoin une ancienne collaboratrice de M. Archambault de 2000 à 2008. « Sa spécialité est la vulgarité verbale, si explicite que les jeunes filles sortaient des salles d'auditions traumatisées, en pleurant. C'est parfois pire qu'une tape sur les fesses. Sous le couvert d'une direction d'acteur, il fait faire des choses terribles aux comédiennes. »

Le réalisateur nie formellement avoir tenu de tels propos ou s'être livré à des attouchements. « Je n'ai pas été élevé comme ça. Ce n'est pas dans mon ADN. Les seules fesses que j'ai pognées, ça a été celles de ma blonde », lance-t-il.

L'AQTIS intervient

Néanmoins, le comportement de Sylvain Archambault sur les plateaux de tournage a forcé l'Alliance québécoise des techniciens de l'image et du son (AQTIS) a intervenir à plusieurs reprises sur Mensonges 2 et 3Cheval-Serpent et Les pays d'en haut à la suite de plaintes de ses membres.

« Au moins deux conseillers aux relations de travail de l'AQTIS ont dû intervenir à quelques occasions auprès des directeurs de production et producteurs pour faire cesser ces violences verbales et comportements inappropriés de M. Archambault », confirme Catherine Escojido, conseillère à la direction de l'organisme.

Un membre de l'équipe technique sur les séries Mensonges et Cheval-Serpent a d'ailleurs décidé de contacter l'AQTIS pour se plaindre des méthodes de travail du réalisateur.

«J'ai été témoin de comportements qui m'ont profondément dérangé, à tel point que je refuse tout contrat avec lui maintenant, quitte à perdre du travail.»

Un membre de l'équipe technique sur les séries Mensonges et Cheval-Serpent

Plusieurs témoins nous ont aussi affirmé que Sylvain Archambault boit sur les plateaux de tournage, et ce, depuis 20 ans. C'est ce qu'a pu constater l'auteure Danielle Trottier lors d'une visite sur le plateau de Cheval-Serpent.

« J'ai vu le premier assistant de Sylvain Archambault lui remplir sa tasse à café en carton avec de l'alcool. On était en pleine scène, et je voyais bien que notre réalisateur avait bu. J'ai été très étonnée, je n'avais jamais vu ça sur un plateau », explique Mme Trottier. 

« Ça va de soi que c'est un comportement inacceptable. Chez Aetios, c'est tolérance zéro », précise quant à elle Fabienne Larouche, productrice de la série.

La productrice actuelle de M. Archambault sur la série Mensonges, Sophie Deschênes, dit avoir appris la consommation d'alcool du réalisateur à la suite de nos questions. « J'ai su qu'il prenait de l'alcool hier quand son agent m'a appelée. » Est-ce un comportement acceptable ? « Écoutez, sur une job, on ne boit pas », répond-elle.

Sylvain Archambault reconnaît qu'il avait l'habitude de prendre un verre lors du tournage de la dernière scène de la journée, mais il a arrêté il y a quelques mois pour des raisons de santé. « C'était l'équivalent d'une bière après une game de hockey », plaide-t-il.

«Laisse-moi lécher ta cerise»

Le réalisateur tient aussi des propos déplacés sur une base régulière. En 1995, alors qu'elle avait 19 ans, la troisième assistante à la réalisation, qui débutait dans le métier, s'est retrouvée sur le tournage d'une publicité avec Sylvain Archambault. « Sur les ondes de mon talkie-walkie, j'entendais quelqu'un dire : "Laisse-moi lécher ta cerise. Laisse-moi mettre ma tête entre tes seins." J'ai commencé à crier : "Qui fait des jokes ? C'est vraiment pas drôle !" Ça s'est arrêté, puis ç'a repris. C'est là que j'ai vu Sylvain Archambault à travers une vitre avec le talkie-walkie de mon patron, son premier assistant. Ça m'a vraiment déstabilisée. J'ai été très troublée, ébranlée », se rappelle la jeune femme.

Elle a de nouveau dû faire face à M. Archambault en 2006 sur le plateau de la série Le 7e round. « Il me cruisait et j'ai dû refuser ses avances. Devant toute l'équipe, il m'a dit : "Toi, avec des lèvres de même, on sait que tu suces, hein !" »

Émilie Heckmann confirme. « Ce genre de choses, ça se produit tous les jours avec lui. Ce ne sont pas des commentaires occasionnels », dit-elle. « Il n'hésite pas à mettre des mains aux fesses, à toucher les seins. Il n'a aucun respect pour les femmes. Il fait des trucs odieux. »

Et Archambault s'en prend aussi aux hommes, comme le raconte la jeune femme. Sur le plateau du 7e round en 2006, « Un comédien tournait une scène où il était en t-shirt et culotte, allongé sur un divan. Sylvain est arrivé en criant à son directeur photo : "Mon Dieu, regarde-lui le paquet ! Filme ça tout de suite." Il a fait un gros plan sur son pénis », raconte-t-elle. Le réalisateur a surnommé ce comédien Grosse Graine, avec un accent créole, pour le reste du tournage.

Sylvain Archambault reconnaît sans peine qu'il donne fréquemment des surnoms aux gens sur les tournages, qui peuvent parfois être grinçants. « Y'en a un qui s'appelle Vomi dans mon équipe. Parce qu'il vomissait beaucoup. Là, je ne l'appelle plus comme ça. Il n'est plus dans sa phase de vomi. »

Sylvain Archambault réagit: «J'ai tué mononcle»

« Mon humour de mononcle... mettons que j'ai tué mononcle. Mon mononcle est mort. »

Après 50 minutes d'entrevue, Sylvain Archambault l'admet. Les équipes sur ses plateaux et les comédiens ont pu, parfois, mal interpréter ses intentions et ses propos en cours de tournage.

Sera-t-il plus prudent à l'avenir ? « Ah mon Dieu ! Plus prudent ? J'ai eu une leçon énorme, moi. Je ne pensais pas que ça choquait autant de monde. Je ne veux plus jamais rencontrer des gens comme vous ! », s'exclame le réalisateur, à l'intention des journalistes de La Presse.

Sylvain Archambault concède d'emblée qu'il est intense, fort en gueule, qu'il crie. Il admet également que sa méthode pour diriger des acteurs est particulière. Le réalisateur parle constamment aux acteurs dans un micro audible par tous sur le plateau et il agit comme « la voix intérieure » de l'acteur.

« Quand je dirige un acteur, je dirige le personnage. C'est une énorme nuance. Si j'indique à un acteur dont le personnage vient de tromper sa blonde qu'il doit se sentir coupable, je peux lui dire : c'est ça, beau trou de cul. Je parle au personnage, pas à l'acteur. Je suis comme sa voix intérieure », plaide-t-il.

«J'ai toujours compris que les acteurs comprenaient. Quelqu'un qui me dit: "Parle-moi pas de même", ça n'est jamais arrivé. C'est clair entre l'acteur et moi. J'espère que c'est clair. Si je crie : "Enwoye maudit gros tata", c'est que c'est un gros tata dans le film !»

Le réalisateur Sylvain Archambault

Comédienne dans la série Cheval-Serpent, Sophie Prégent qualifie le réalisateur de « grivois et colérique » sur ses plateaux de tournage. Mais la présidente de l'UDA, qui a souhaité s'exprimer ici en tant qu'actrice, n'a jamais eu de problème avec M. Archambault. « Il est rempli de défauts, mais ça s'arrête là. J'ai beaucoup travaillé avec lui et je ne suis pas affectée par son comportement. Mais je comprends que des gens se sentent mal à l'aise par rapport à ça », explique Sophie Prégent.

Sylvain Archambault nie avec énergie avoir tourné des bloopers à caractère sexuel. « Je n'ai pas le luxe d'inventer des scènes. Je n'ai pas le temps ni l'argent, explique-t-il. Mais on est un laboratoire, on crée. On essaie des choses. Très souvent, on lance des impros à la fin. Des fois, ça marche, des fois, je les envoie en jokes pour faire des bloopers de fin de tournage. »

« Je ne suis pas un voyeur. Quand je tourne des scènes de sexe, ce n'est pas ce qui m'intéresse le plus. Je tourne ça vite et de manière très prude », affirme-t-il.

M. Archambault souligne que tout est enregistré sur le plateau. « Les producteurs voient tous les rushes. Les diffuseurs voient tous les rushes, du début à la fin. Et personne ne m'a dit : écoute, Sylvain, on a écouté ça et ça n'a pas de bon sens. »

La productrice Sophie Deschênes, qui travaille depuis cinq ans avec lui sur la série Mensonges, précise qu'il serait beaucoup trop long pour elle de visionner la totalité des rushes. « J'en aurais pour des heures ! C'est impossible ! » Les scènes impliquant de la nudité ne sont pas non plus envoyées aux diffuseurs, précise-t-elle.

M. Archambault affirme n'avoir jamais tenu de propos à caractère sexuel sur ses plateaux. « Je n'ai jamais dit ce genre de choses de ma vie ! » Même chose pour les attouchements.

«Jamais ! Forcer une femme à m'embrasser ? Ce serait complètement sordide ! Toucher un sein ? C'est encore pire !»

Sylvain Archambault

Mme Deschênes indique n'avoir jamais été notifiée par un comédien ou un technicien de situations inappropriées impliquant le réalisateur. « J'ose espérer que s'il était arrivé quelque chose, les gens seraient venus m'en parler. On en règle des problèmes dans une journée ! »

M. Archambault admet cependant avoir consommé de l'alcool sur les plateaux de tournage. Une bouteille était gardée à son intention dans la régie. « Il y a eu une tradition, un moment donné, les deux derniers plans, la dernière scène, on atterrit, la journée est finie. Je reçois un verre d'alcool. C'est comme une bière après une game de hockey. Je ne bois pas sur les plateaux, soûl, en train de diriger ! Je ne pourrais pas faire ma job sinon », dit-il.

A-t-il déjà eu un problème d'alcool ? « Jamais. Je n'ai jamais manqué une journée de tournage. C'est faux. Archifaux », dit-il. Cette « tradition » du verre à la fin de la journée s'est toutefois terminée il y a quelques mois, souligne M. Archambault. « J'ai 54 ans, j'ai décidé que je voulais vivre vieux. »

Et comment La Presse a-t-elle pu recueillir autant de témoignages de situations inconvenantes qui ne se seraient jamais produites ? « Je dérange. Je travaille beaucoup. Je suis le réalisateur qui travaille à peu près le plus au Québec. On gagne des prix. Il y a de la jalousie là-dedans. Et là, on est partis à la chasse, les gens sont encouragés, presque, c'est contagieux... Il y a bien des comptes qui peuvent se régler de cette façon-là. Il y a du monde qui aimerait me voir moins travailler ou tomber. »

SYLVAIN ARCHAMBAULT EN HUIT PRODUCTIONS

  • Les pays d'en haut, 2015-2016
  • Mensonges, 2013-2017
  • Cheval-Serpent, 2016
  • Les Lavigueur, la vraie histoire, 2007
  • Le 7e round, 2006
  • Piché - Entre ciel et terre, 2009
  • Pour toujours, les Canadiens !, 2008
  • Le négociateur, 2004-2005




À découvrir sur LaPresse.ca

publicité

publicité

Les plus populaires : Actualités

Tous les plus populaires de la section Actualités
sur Lapresse.ca
»

publicité

Autres contenus populaires

publicité

image title
Fermer