Jean-François Lisée s'invite à une allocution de François Legault

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Jean-François Lisée

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(Anjou) Il y avait un visage connu ce matin à l'allocution de François Legault à la Chambre de commerce de l'est de Montréal, et ce n'était pas celui d'un indécis. Le candidat péquiste dans Rosemont, Jean-François Lisée, s'est invité au déjeuner-conférence. Et il a monopolisé le début de la période de questions réservée aux quelque 100 membres du milieu des affaires présents.

Il a quitté rapidement la salle après son échange avec le chef de la Coalition avenir Québec. «J'ai un autre événement», a-t-il lancé aux journalistes avant de quitter pour une conférence de presse du Parti québécois sur la langue.

«Je vois que M. Lisée a déjà trouvé le micro, je n'avais pas vu ça », a lancé la modératrice quand elle a vu le candidat se lever dès le début de la période de questions. Quelques rires embarrassés ont été entendus dans la salle. «C'est ça la politique, j'imagine», a-t-elle ajouté.

«Il les trouve facilement, les micros», a nargué M. Legault.

Au micro, M. Lisée a fait valoir les enjeux qu'il défend dans sa campagne. Il a demandé à François Legault de s'engager à prolonger la ligne bleue du métro de Montréal. «Il y a une très grande coalition » pour prolonger la ligne bleue jusqu'à Anjou. Elle rassemble les 82 maires de Montréal et de la région, dont Longueuil et Laval, a-t-il rappelé.

Ces maires sont en faveur du prolongement du train de l'Est, mais celui de la ligne bleue demeure prioritaire à leurs yeux, a expliqué M. Lisée. Or, la CAQ croit que le train de banlieue devrait être prioritaire. «J'aimerais ça que vous changiez d'idée là-dessus», a-t-il demandé.

« Le PQ dit oui à tout le monde », a rétorqué M. Legault. Il dit «agir de façon responsable». Tous les projets d'infrastructures seront examinés par la CAQ, a-t-il promis. Mais il priorisera ceux qui ont le meilleur rendement coût-bénéfice. Soit ceux qui coûtent le moins cher par passager. À cet égard, le train de banlieue coûte moins cher que le métro, avance M. Legault. Il affirme néanmoins ne pas avoir assez d'information en ce moment pour prendre une décision arrêtée. «Je n'ai jamais dit non au métro», a-t-il lancé.

Dans sa première question, M. Lisée a aussi parlé de l'hôpital de Rosemont-Maisonneuve. Il réclame 30 millions de dollars «cet automne» pour des travaux urgents, et un autre 300 millions pour rénover rapidement l'édifice. La CAQ ne s'y est pas engagée. Pourtant, son candidat vedette dans Terrebonne, Gaétan Barrette, promet des investissements moins urgents selon lui dans le 450, a déploré le péquiste.

- «Est-ce que (le PQ) est pour faire le train de l'Est avant le métro?», a demandé M. Legault. M. Lisée est revenu à la charge pour poser une autre question.

- «Est-ce que c'est un débat ? J'en ai déjà eu trois», a raillé M. Legault.

- « Vous me posez une question », a réagi M. Lisée.  « Écoutez... c'était plus sur une forme interrogative», a réagi M. Legault.

- «Ah, bien oui, une question interrogative...», s'est moqué le péquiste. Il en profité pour répéter sa position. «Les élus ont déterminé un ordre qui leur semble logique et prioritaire. (Le PQ) ne va pas revenir sur cet ordre.»

- «Alors c'est pour après, le train de l'Est ? a réagi M. Legault. On vient d'apprendre quelque chose. Moi, je suis content. Les journalistes : notez. Le train de l'Est, qui dessert entre autres les gens de Repentigny, ça va passer après le métro. C'est pas une priorité pour le Parti québécois.»

- « Non. C'est un chantier prioritaire», a répondu M. Lisée, avant de parler à nouveau de la position du PQ, pendant qu'on entendait plusieurs rires dans la salle.

- « Prochaine question », a lancé la modératrice. M. Lisée a quitté la salle.

Lisée assure ne pas contredire la position du PQ

Dans un bref échange à la sortie avec les journalistes, M. Lisée a expliqué qu'il parlait à titre de candidat dans Rosemont. Il voulait simplement défendre les enjeux de sa circonscription.

Pourquoi se préoccuper tant du chef de la CAQ, alors que le PQ mène dans les sondages ? «Je suis venu voir celui qui sera peut-être le chef de l'opposition et j'aimerais savoir ce qu'il a à dire. Il a confirmé que les consensus faits pour l'est de Montréal, ce n'est pas important », a-t-il répondu.

Le prolongement de la ligne bleue devrait selon lui primer sur le train de l'Est. «Les chantiers vont se chevaucher, mais c'est la Communauté de Montréal qui a désigné la ligne bleue comme chantier prioritaire. Quand les élus de Montréal font consensus, ce qui n'est pas fréquent, on ne va pas essayer de faire la pagaille là-dedans. Au contraire. Et en plus, comme candidat de l'est de Montréal, je la veux, la ligne bleue, contre la congestion et la pollution», a dit M. Lisée.

Or, ces deux chantiers sont tout autant prioritaires pour le Parti québécois. La position du candidat contredit-elle celle de la chef ? M. Lisée quittait les lieux lorsque la question a été posée, et il n'y a pas répondu.

«J'espère que j'ai réussi à le convaincre», a réagi M. Legault après l'événement. «Les péquistes sont désespérés», a-t-il conclu avant d'embarquer dans son autobus.

Marois approuve Lisée

La chef péquiste Pauline Marois approuve le geste de M. Lisée. « Il est un homme libre et indépendant, un candidat du Parti québécois. Il a le droit de se préoccuper de ce qui se passe à Montréal », a-t-elle affirmé. Il était approprié selon elle d'amener François Legault à préciser ses intentions pour le développement de Montréal, car « on n'a pas entendu grand-chose » de sa part jusqu'à maintenant. « C'était audacieux de la part de M. Lisée. Mais que l'on puise faire éclaircir certains points de vue (de M. Legault), ce n'est pas mauvais », a-t-elle dit. « Qu'un candidat décide de vouloir comprendre quel est l'objectif d'un parti politique dont on ne connaît pas les perspectives en termes de développement de Montréal, qu'il aille poser des questions, quant à moi, ça me convient», a-t-elle dit.

Questionnée pour savoir si cet épisode démontre qu'elle aura du mal à contrôler son caucus, Mme Marois a répondu qu'elle préfère « des gens qui font preuve d'audace et qui parfois suscitent des débats » plutôt que des « béni-oui-oui ». « Et je n'ai pas dans mon équipe des béni-oui-oui », a-t-elle ajouté.

Elle estime que M. Lisée n'a pas contredit la position du parti sur le calendrier de réalisation du train de l'Est et du prolongement de la ligne bleue du métro. «On va faire les deux en même temps», a-t-elle dit. Le train de l'Est et le prolongement de la ligne bleue du métro jusqu'à Pie-IX seraient réalisés pour 2014; mais pour que le métro se rende jusqu'à Anjou, ce serait plus long, d'où l'échéance de 2020.

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