Duceppe déterminé à écarter les conservateurs du pouvoir

S'il sort Stephen Harper de l'équation, Gilles Duceppe... (PHOTO DAVID BOILY, LA PRESSE)

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S'il sort Stephen Harper de l'équation, Gilles Duceppe refuse toutefois de dire avec quel parti il préférerait collaborer pour contribuer à la formation d'un gouvernement minoritaire.

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Même si le Parti conservateur obtenait le plus de sièges le 19 octobre, le chef du Bloc québécois juge que Stephen Harper ne pourra demeurer premier ministre. Aspirant à détenir la balance du pouvoir, Gilles Duceppe se dit prêt à appuyer un gouvernement minoritaire libéral, néo-démocrate ou de coalition pour éviter un tel scénario.

«M. Harper ne sera pas premier ministre, même s'il arrive premier, a tranché Gilles Duceppe, lors d'une longue entrevue accordée à La Presse, hier. Ce n'est pas parce qu'un parti finit premier dans un contexte de gouvernement minoritaire qu'il devient le gouvernement.»

Après quatre années d'un gouvernement Harper majoritaire, le chef du Bloc dit avoir de nombreuses raisons de vouloir écarter les conservateurs du pouvoir. «Leur "tout sur le pétrole", leur politique économique, leur attitude en matière pénale, les affaires étrangères, la science, l'élimination du recensement: pour nous, le dossier est clos avec les conservateurs. Je ne peux pas appuyer un gouvernement qui a pris des engagements avant les élections de 2011 et qui, en quatre ans, ne les a jamais remplis. Je n'ai aucune confiance.»

S'il sort Stephen Harper de l'équation, Gilles Duceppe refuse toutefois de dire avec quel parti il préférerait collaborer pour contribuer à la formation d'un gouvernement minoritaire. Il dit attendre de voir les résultats du 19 octobre pour se prononcer. Prêt à collaborer tant avec le NPD que le PLC, le chef du Bloc a établi une liste de six conditions qu'il souhaite voir reprises par le parti susceptible de former le prochain gouvernement.

Situation différente qu'en 2008

Gilles Duceppe ne croit pas que l'appui du Bloc fera échouer un futur gouvernement minoritaire, comme ce fut le cas en 2008 pour la coalition entre le PLC et le NPD. «La situation est différente au Parti libéral de ce qu'elle était à l'époque. Ça a mal passé parce que dans le parti, il y avait un problème de leadership très clair», estime le chef bloquiste.

Chose certaine, pas question de former une coalition, comme le parti indépendantiste écossais, le Scottish National Party (SNP), était prêt à le faire au Royaume-Uni lors des dernières élections britanniques. «Ce serait contre nature dans notre cas, et je ne pense pas que les partis fédéralistes seraient attirés par une telle chose. C'est aux partis fédéralistes de gouverner le fédéral. Ce n'est pas notre objectif», dit Gilles Duceppe.

Pour éviter de retourner en élections rapidement, le Bloc propose par ailleurs que les élus puissent décider avant chaque vote s'il s'agit d'un vote de confiance. L'opposition pourrait ainsi défaire le gouvernement sans forcer la tenue de nouvelles élections. Cela assurerait «une plus grande démocratie tout en maintenant une meilleure stabilité», résume le chef bloquiste.

Six conditions

  • Rétablir les transferts en santé de manière qu'ils représentent «au minimum» 25% des coûts du Québec
  • Rendre les prestations pour enfants non imposables
  • Mettre en oeuvre un plan d'infrastructures vertes
  • Renoncer à puiser dans la caisse d'assurance-emploi pour équilibrer le budget
  • Présenter un projet de loi sur le droit de vote et l'offre des services publics à visage découvert
  • Rejeter les projets Énergie Est et Belledune

Un «manque de respect»

Les électeurs qui expriment leur opposition au niqab en votant le visage couvert d'un masque ou d'un sac «ne respectent pas» la démocratie, selon Gilles Duceppe, qui nie toute responsabilité dans ce phénomène. «Lorsque l'on est contre quelque chose, on ne fait pas la même chose. Il faut respecter nos institutions», a fait valoir le chef bloquiste. «Le vote, c'est important. C'est une minorité d'hommes et de femmes sur la terre qui ont ce droit-là. Donc, on ne ridiculise pas ça.»

- Philippe Teisceira-Lessard

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