Harper obtient l'argument de vente qu'il convoitait

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Le chef conservateur Stephen Harper a vanté les vertus du Partenariat transpacifique.

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Lina Dib
La Presse Canadienne
OTTAWA

À deux semaines du vote, Stephen Harper a enfin mis la main sur un argument de vente qu'il convoitait depuis la veille du déclenchement de la campagne électorale.

Il y a eu accord à Atlanta entre les 12 pays qui négocient le Partenariat transpacifique (PTP).

M. Harper s'est empressé de revêtir son habit de premier ministre pour se présenter devant les journalistes, lundi matin, dans les bureaux du ministère des Affaires étrangères à Ottawa. Fait rare, il a répondu à plus que cinq questions, portant toutes sur cette entente que le premier ministre sortant qualifie d'historique.

«Les exportateurs et les travailleurs dans toutes les communautés, dans toutes les provinces, dans toutes les régions, partout dans notre grand pays vont en bénéficier», a clamé M. Harper, énumérant les industries visées et insistant «et oui, aussi, nos agriculteurs aux quatre coins du pays».

Lundi après-midi, il avait enlevé sa cravate, repris l'allure d'un chef en campagne, mais il n'avait pas changé grand-chose à son discours, livré le matin.

À Richmond Hill tout comme à Ottawa, le chef conservateur a vanté les vertus du PTP. Il a minimisé les effets négatifs sur les fermiers et les ouvriers du secteur automobile. Il a répété que le Canada a tout à gagner dans ce PTP, que l'avenir du pays en dépend.

Puis, il s'est lancé dans une attaque à fond contre ses adversaires libéral et néo-démocrate. Thomas Mulcair et Justin Trudeau, selon M. Harper, ne sauraient pas offrir aux Canadiens un avenir aussi prospère. Une raison de plus de réélire son gouvernement.

M. Mulcair ne s'en cache pas. Il ne se sent pas lié, dit-il, par cette entente.

«Il est inconcevable que Stephen Harper signe des ententes secrètes en plein milieu d'une campagne électorale», a déclaré le chef néo-démocrate, de passage à Toronto.

Il s'inquiète du sort des fermiers qui voient une partie du marché canadien du lait s'ouvrir à des pays étrangers. Selon lui, Stephen Harper a échoué «sur toute la ligne». Il reproche au premier ministre sortant de sacrifier aussi 20 000 emplois dans le secteur automobile avec cet accord.

Quant à M. Trudeau, il promet de soumettre le document à une étude approfondie et transparente par le prochain Parlement. En attendant ce Parlement qui sera formé après l'élection du 19 octobre, le chef libéral voudrait voir l'entente de plus près pour la juger. Mais il rappelle a priori qu'il dirige un parti «résolument pro-libre-échange».

Pour sa part, Gilles Duceppe a affiché sa déception devant l'entente.

Selon l'analyse préliminaire du Bloc québécois, les sacrifices consentis à la gestion de l'offre dans le PTP, additionnés aux concessions faites à l'accord de libre-échange avec l'Union européenne, se traduiraient par une perte de 25 000 $ par producteur laitier.

«Ce n'est pas une modeste brèche», a tranché le leader bloquiste en conférence de presse dans son local électoral de la circonscription de Laurier-Sainte-Marie.

«Le discours rassurant du gouvernement fédéral vole en éclats», a lancé de son côté le chef de Forces et Démocratie, Jean-François Fortin, dans une déclaration écrite.

Ne voulant pas être en reste, la leader du Parti vert, Elizabeth May, a également diffusé un communiqué s'inquiétant du PTP. Mme May est préoccupée par la brèche à la gestion de l'offre et par plus encore.

«Compte tenu des dispositions concernant les relations investisseur-État qui permettent aux sociétés étrangères d'intenter des poursuites contre le Canada en arbitrage privé si les décisions du gouvernement sont jugées nuisibles aux profits, cette entente est une menace pour la souveraineté du Canada», a affirmé Mme May qui, déjà en 2012, avait signé une déclaration avec les verts américains, australiens et néo-zélandais pour exprimer ces préoccupations.

Promesses du jour

À Toronto, M. Mulcair faisait des promesses au monde culturel.

Il entend restaurer 115 millions de dollars au budget de Radio-Canada, nommer des attachés culturels dans les ambassades, créer un fonds de 10 millions $ pour la création de contenu numérique innovateur et permettre aux artistes d'étaler leur revenu pour payer moins d'impôts.

Il s'est également engagé à protéger les arts et la culture dans le PTP si les Canadiens lui confient le gouvernement le 19 octobre.

M. Trudeau faisait campagne à Waterloo, en Ontario. Il y a dévoilé sa plateforme électorale. Le document détaille les promesses libérales et leur coût. On y trouve également l'intention de réduire les dépenses de chaque ministère d'un pour cent.

Selon M. Trudeau, cela ne se traduira pas en coupes de services ou de programmes.

«Il n'y a personne de raisonnable qui pense que de chercher à trouver un pour cent en efficacité, c'est des coupes», s'est défendu le chef libéral. Et encore une fois, il a pointé vers les dépenses en publicités partisanes du gouvernement conservateur.

Le Parti libéral s'est également engagé, lundi, s'il prend le pouvoir, à faciliter la vie aux étudiants endettés. Une fois sur le marché du travail, les étudiants n'auraient à rembourser leur dette étudiante que lorsqu'ils auront un revenu qui dépasse 25 000 $. Le Québec, qui a son propre programme de prêts et bourses, serait pleinement compensé.

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