11 semaines de campagne: argent, stratégie, candidats et course au record

Le premier ministre Stephen Harper.... (Photo Larry MacDougal, La Presse canadienne)

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Le premier ministre Stephen Harper.

Photo Larry MacDougal, La Presse canadienne

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La prochaine campagne électorale fédérale pourrait bien être l'une des plus longues de l'histoire du Canada depuis que les politiciens ne voyagent plus en train. Les 11 semaines de campagne avantageront-elles un parti plus qu'un autre? Quelles stratégies devraient adopter les formations politiques? Explications.

Sur la ligne de départ, les conservateurs partent avec une longueur d'avance. En 2014, ils ont amassé 20,1 millions de dollars, soit plus que le Bloc québécois, le Parti libéral du Canada et le Nouveau Parti démocratique réunis.

Le premier trimestre 2015, que La Presse a consulté sur le site du Directeur général des élections, laisse penser que les conservateurs amasseront également plus d'argent que toute autre formation politique cette année. «On peut s'attendre à ce que beaucoup de cet argent soit dépensé en Ontario et au Québec. Ce sont les deux grands champs de bataille», pense Alain-G. Gagnon, professeur au département de science politique de l'UQAM.

Bon pour les conservateurs?

La stratégie d'une longue campagne nuira-t-elle aux conservateurs? Selon Alain-G. Gagnon, la campagne de 11 semaines pourrait favoriser les adversaires de Stephen Harper. L'annonce récente du déficit et la chute du dollar canadien font mal à la crédibilité du gouvernement, dit-il. La multiplication des annonces préélectorales pourrait aussi s'avérer inutile dans une longue campagne. «En plus, le NPD a le vent dans les voiles au Québec et pourrait continuer sur sa lancée», pense-t-il.

L'exemple Joe Clark

Si le passé est garant de l'avenir, une campagne électorale plus longue ne sera pas nécessairement gage de succès pour le Parti conservateur. Selon une compilation effectuée par La Presse, les plus longues campagnes n'ont pas tendance à avantager le parti au pouvoir.

En 1980, par exemple, malgré la campagne la plus longue de l'histoire (66 jours), les conservateurs de Joe Clark ont perdu les élections au profit du Parti libéral de Pierre Trudeau. Les chiffres montrent plutôt que l'exercice est un coup de dés. Le parti au pouvoir a gagné son pari moins d'une fois sur deux (46%) dans les 13 campagnes les plus longues de l'histoire de la fédération.

Le chef de l'opposition, Thomas Mulcair.... (Photo Todd Korol, Reuters) - image 2.0

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Le chef de l'opposition, Thomas Mulcair.

Photo Todd Korol, Reuters

Le chef du PLC, Justin Trudeau. ... (Photo Archives, Reuters) - image 2.1

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Le chef du PLC, Justin Trudeau.

Photo Archives, Reuters

Les problèmes de chacun

Quel est le pire problème auquel chaque parti aura à surmonter? Pour le politologue, le Parti conservateur est beaucoup trop arrogant, en plus de ne pas respecter le système démocratique.

Le Parti libéral du Canada a un programme politique «faible» et est «incapable» de bien expliquer aux Canadiens ce qu'il comporte.

Le Nouveau Parti démocratique pourrait avoir de la difficulté à percer dans certaines provinces comme Terre-Neuve-et-Labrador et au Nouveau-Brunswick, alors que le Bloc québécois doit encore une fois justifier sa pertinence aux électeurs, pense le professeur de l'UQAM.

Harper s'approche d'un record

Aucun premier ministre dans l'histoire du Canada n'a réussi à se faire élire pour plus de quatre mandats consécutifs. Les seuls à avoir réussi l'exploit sont John A. Macdonald (1878-1891) et Wilfrid Laurier (1896-1911). Stephen Harper (9 ans et 174 jours) vient au troisième rang de ce palmarès, ayant été réélu à deux reprises depuis son arrivée au pouvoir en 2006.

Le chef du Bloc québécois, Gilles Duceppe. ... (Photo Graham Hughes, La Presse canadienne) - image 3.0

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Le chef du Bloc québécois, Gilles Duceppe.

Photo Graham Hughes, La Presse canadienne

S'il gagne son pari, il devancera entre autres Jean Chrétien (3 mandats consécutifs) qui a été premier ministre pendant 10 ans et 38 jours. William Lyon Mackenzie King est le premier ministre qui a dirigé le pays pendant le plus longtemps (21 ans et 154 jours), mais lors de trois périodes distinctes.

Pas de réponse

De passage à Montréal jeudi pour annoncer une contribution d'Ottawa dans les festivités du 375e anniversaire de Montréal, le ministre Denis Lebel a refusé de répondre à toute question sur le coût élevé d'une longue campagne électorale. «L'élection est le 19 octobre, mais elle n'est pas déclenchée. Je ne ferai pas d'hypothèses. En temps et lieu, on aura les réponses à ces questions quand les élections seront déclenchées», s'est borné à déclarer le ministre.

Il a toutefois assuré que la multiplication des annonces, comme les 30 millions d'Ottawa pour l'illumination du pont Jacques-Cartier, n'avaient pas de lien avec un déclenchement imminent de la campagne.

685 185$ par jour

Élections Canada permet aux partis politiques de dépenser jusqu'à 685 185$ par jour en campagne électorale. Lors de la dernière campagne en 2011, les remboursements ont totalisé un peu plus de 60 millions, soit 33 millions aux partis et 27 millions aux candidats. Par ailleurs, les libéraux sont ceux qui ont le plus de candidats désignés jusqu'à présent avec 303 sur une possibilité de 338 circonscriptions. Les conservateurs en ont choisi 294 et les néo-démocrates, 263. Selon le site punditsguide.ca, le Bloc en a maintenant choisi 41 sur un maximum de 78.

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