La crise a coûté 10 millions aux universités

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Les universités touchées feront chacune une réclamation au gouvernement.

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Conflit étudiant

Le gouvernement de Jean Charest a décidé d'augmenter les droits de scolarité de 1625 dollars en cinq ans, une hausse décriée par des dizaines de milliers d'étudiants. »

(Québec) Le conflit étudiant a coûté plus de 10 millions aux universités. Et le gouvernement Marois refuse de s'engager à payer la facture.

Les universités comptabilisent toujours les dépenses supplémentaires causées par la crise du printemps dernier, notamment en ce qui a trait à la sécurité et au réaménagement du calendrier scolaire. Mais la Conférence des recteurs et des principaux des universités du Québec a donné à La Presse, hier, une évaluation approximative de la facture. Ce sera «très certainement plus de 10 millions de dollars», a indiqué le président-directeur général des recteurs, Daniel Zizian.

Les 11 universités dont des facultés ont été touchées par la grève étudiante feront chacune une réclamation au gouvernement. Le ministre de l'Enseignement supérieur, Pierre Duchesne, n'a pas garanti qu'il paiera la facture.

Hier, Daniel Zizian s'est entretenu avec la directrice de cabinet du ministre, Esther Gaudreault. «On n'a pas eu l'assurance que les universités seront dédommagées» pour les coûts liés au conflit étudiant, a-t-il affirmé.

40 millions par année

Vendredi, Pierre Duchesne a dit que des coûts importants «sont liés au fait que le gouvernement Charest a laissé pourrir» le conflit. Il a ajouté que pour cette raison, il ne peut garantir le montant de la compensation qui sera versée aux universités à la suite de l'annulation de la hausse des droits de scolarité.

La déclaration a surpris les recteurs, puisque le 20 septembre, la première ministre Pauline Marois a indiqué lors de son annonce de l'annulation de la hausse, que «le gouvernement maintiendra le financement prévu pour les universités». Cela représente 40 millions de dollars pour cette année.

Cet engagement sera respecté, selon M. Zizian. «Ce n'est pas remis en question», a-t-il indiqué. Il n'en demeure pas moins que les universités pourraient devoir utiliser cette compensation pour acquitter la facture liée au conflit étudiant si Québec ne veut pas les assumer.

Alors que Pierre Duchesne met en doute le sous-financement des universités, Daniel Zizian rappelle le Parti québécois (PQ) à ses engagements. Le cadre financier du PQ, présenté durant la campagne électorale, prévoit à terme 150 millions pour les universités afin de compenser l'annulation de la hausse des droits de scolarité.

Dans son programme adopté en 2011, le PQ affirme qu'«un gouvernement souverainiste réinvestira de façon significative dans l'éducation supérieure». «Disons qu'un certain nombre d'éléments sont sur la table, des engagements qui ont été pris par le parti gouvernemental», a insisté M. Zizian.

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