Fumigènes: des étudiants dans le collimateur

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Les enquêteurs de la Section des incendies criminels... (Photo fournie par le SPVM)

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Les enquêteurs de la Section des incendies criminels du SPVM ont récupéré des images des méfaits commis à la station de métro Lionel-Groulx. Des étudiants sont dans le collimateur du SPVM.

Photo fournie par le SPVM

 

Gabrielle Duchaine, Vincent Larouche et Daphné Cameron
La Presse

La police soupçonne des étudiants de l'UQAM d'être responsables des actes de vandalisme qui ont paralysé le métro, hier matin. Au moins trois militent activement dans le mouvement de grève. Deux ont déjà joué un rôle actif dans leurs associations étudiantes.

> En graphique: Le film des événements dans le métro

Il s'agit entre autres de Vanessa L'Écuyer, étudiante et employée de l'UQAM et de François-Vivier Gagnon, étudiant en sociologie.

Selon ce qu'a appris La Presse, les jeunes gens, un homme et trois femmes, qui ne sont accusés de rien pour le moment, ont été dénoncés par leurs amis après que le Service de police de Montréal eut publié sur l'internet leurs photos, prises par des usagers du métro.

Vanessa L'Écuyer est membre du groupe radical Force étudiante critique, fondé en 2010, qui reproche à la CLASSE et aux fédérations d'être trop modérées. Sur son site web, le regroupement, qui n'a pas répondu à nos demandes d'entrevue, accuse la CLASSE d'avoir renié ses racines plus radicales pour tenter de bien paraître dans les médias et être admise à la table de négociations. Il tire à boulets rouges sur Gabriel Nadeau-Dubois et ses appels au calme.

La semaine dernière, des membres de Force étudiante critique ont bruyamment perturbé une conférence de la FEUQ et de la FECQ à Québec.

Vanessa L'Écuyer, a siégé au comité des femmes de l'Association pour une solidarité syndicale étudiante (ASSE), qui a formé la CLASSE en décembre. Mais, selon nos sources, elle aurait claqué la porte il y a quelques mois parce que l'association étudiante n'était pas assez radicale à son goût. Elle a aussi été exécutante de l'Association facultaire étudiante des sciences humaines de l'UQAM, poste qu'elle a également quitté.

Depuis le mois de septembre, elle travaillerait comme monitrice au département de sociologie de l'école. «Je ne l'ai pas vue ici depuis le début de la grève», affirme un employé du centre de monitorat, qui n'a pas voulu se nommer. L'Université a préféré attendre que le travail des policiers soit plus avancé avant de commenter les présumés agissements de son employée.

Un suspect connu des policiers

Le deuxième suspect, François-Vivier Gagnon, est connu des policiers. L'homme de 22 ans, qui termine un bac en sociologie, a été arrêté en février dernier pour sa participation à l'occupation du cégep du Vieux-Montréal, où il a étudié. Il fait partie d'un groupe de 29 personnes accusées d'attroupement illégal, d'avoir gêné l'exploitation légitime de l'école, de méfait à l'égard d'un bien de plus de 5000$ et d'entrave au travail des policiers. Tous ont plaidé non coupables et ont pu recouvrer leur liberté moyennant une série de conditions, notamment celle de ne pas se rendre à moins de 300 m du cégep. François-Vivier Gagnon doit retourner en cour le 22 mai.

Des gens qui l'ont côtoyé racontent que son cercle d'amis rapprochés fait partie de Force étudiante critique. Dans son entourage, on le décrit comme une personne serviable et aimée de ses proches, mais aussi «très facilement manipulable», selon nos sources.

En 2009, il a siégé au bureau de direction de l'Association générale étudiante du cégep du Vieux-Montréal. Selon des procès-verbaux d'assemblée, il était responsable de l'information. Sur son profil Facebook, il écrit sur fond de carré rouge: «On ne se fera pas avoir encore hahaha.» La Presse a tenté en vain de le joindre à son domicile d'Hochelaga-Maisonneuve, jeudi.

Depuis la diffusion des photos des suspects, les policiers ont reçu énormément d'informations du public. Ils travaillent actuellement à démêler le tout. Ils n'écartent pas la possibilité que d'autres personnes puissent avoir participé à l'opération d'hier.

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