Renaud Lachance dénonce une «chasse aux sorcières»

«Je suis une personne apolitique, rigoureuse, intègre et... (PHOTO DAVID BOILY, ARCHIVES LA PRESSE)

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«Je suis une personne apolitique, rigoureuse, intègre et surtout qui n'espère rien en retour», assure Renaud Lachance.

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Attaqué de toutes parts, le commissaire dissident Renaud Lachance sort de son mutisme pour dénoncer une «chasse aux sorcières» à son endroit et se qualifier de «victime» de sa propre rigueur.

Le comptable réitère aussi qu'à son avis, la Commission n'a pas établi de lien entre financement politique et octroi de contrats publics provinciaux, avant de se draper de sa réputation de vérificateur général rigoureux.

«J'entends et je lis des commentaires me concernant d'une grande agressivité, souvent plus grande que celle exprimée envers» des acteurs de la corruption ou de la collusion, déplore-t-il. «Je crois qu'est venu le temps de mettre les pendules à l'heure.»

C'est ce qu'il emploie à faire dans une lettre de cinq pages transmise aux médias lundi après-midi. Elle ne comporte aucun en-tête et une simple signature : «Renaud Lachance.».

«Je suis une personne apolitique, rigoureuse, intègre et surtout qui n'espère rien en retour», assure-t-il. 

Les accusations : de l'«hérésie»

Sa défense passe notamment par la mise en lumière de sa réputation de rigueur lors de son mandat comme vérificateur-général. «Personne n'a dit que les vérifications que j'ai faites étaient tendres ou peu critiques envers la gestion gouvernement, bien au contraire», écrit celui qui a assumé ces fonctions de 2004 à 2011. «Certains m'accusent d'être à la solde du gouvernement dirigé par le même parti que celui en place pendant toutes les années où j'étais vérificateur général. Quelle hérésie!»

Renaud Lachance réplique surtout au reportage de Radio-Canada, qui a révélé jeudi une copie préliminaire d'une section du rapport de la Commission, où le principal intéressé commentait sans ménagement le travail effectué. Ces commentaires ont entrainé de vives critiques envers M. Lachance, parce qu'il semblait y adoucir les reproches visant les partis politiques, en particulier le Parti libéral du Québec.

«Je reconnais leur ton franc et direct, dont je n'avais pas l'exclusivité à la Commission», a-t-il écrit. «Tous mes commentaires ont toujours fait l'objet d'explication et de discussion. C'est un processus habituel.»

Selon la société d'État, M. Lachance a qualifié plusieurs passages du document de «ridicules». «Ridicule. Il ne faut avoir rien vécu dans sa vie pour écrire ceci», a-t-il commenté près d'une section qui reprochant à la ministre Line Beauchamp des liaisons dangereuses avec certains entrepreneurs. Le commissaire s'est aussi opposé à un passage critique envers Bruno Lortie parce que l'ex-chef de cabinet de la ministre Nathalie Normandeau était «déjà à terre».

«Des débats internes parfois intenses»

Radio-Canada a aussi rendu publique une série de courriels qui exposait le climat extrêmement tendu qui régnait entre les commissaires Charbonneau et Lachance, pendant la rédaction de leur rapport. 

«Tu devrais te regarder le nombril avant de faire la morale aux autres», a écrit Renaud Lachance à France Charbonneau le 30 août dernier, en réponse à un message de cette dernière affirmant qu'«il y aura bientôt un mois que tu as décidé de m'ignorer. Pourtant, je te rappelle que notre devoir va au-delà de nos différends».

«Nous avons eu des débats internes parfois intenses. N'était-ce pas le but recherché en nommant plus d'un commissaire?», a répliqué M. Lachance.

Évoquant des courriels «mis en scène» dans le reportage, il continue : «un échange de courriels est un peu comme un roman. Prenez une phrase ici et là et vous pouvez en changer tout le propos».

Renaud Lachance ne s'en prend pas une seule fois directement à sa collègue France Charbonneau. Indirectement, il regrette toutefois que Roderick McDonald n'ait pas été remplacé, ce qui «aurait changé bien des choses». C'est la juge qui avait ce pouvoir. 

Le commissaire dissident assure qu'il s'agit de sa dernière prise de parole concernant son mandat de commissaire : «mon devoir de confidentialité l'exige».

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