CEIC: des appels aux cabinets pour les donateurs du PQ

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La responsable du financement sectoriel au Parti québécois (PQ) durant 17 ans, Ginette Boivin, a reconnu devant la commission Charbonneau qu'à la demande des donateurs, il lui arrivait de les mettre en contact avec des attachés politiques ou de passer des coups de fil dans les cabinets des ministères.

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L'enquêteur de la Commission Éric Desaulniers

Photo tirée d'une vidéo, La Presse

De 1989 à 2006, Ginette Boivin fut la responsable du financement de « milieu de vie », un terme qui englobe la sollicitation auprès des gens d'affaires et des professionnels. Elle est l'avant-dernier témoin à être appelé à la barre de la Commission avant la pause estivale. La Commission terminera ses travaux, demain, avec le témoignage de Violette Trépannier, la responsable du financement au Parti libéral du Québec (PLQ).

« On essayait de donner un bon service au solliciteur, on essayait de le faire le plus possible, toujours sans faire de promesse. En bout de ligne, ils n'étaient pas toujours contents ou ils disaient: «oui ça nous a aidé parce qu'on a pu parler à quelqu'un» », a-t-elle déclaré devant la commission.

Boivin dit qu'elle contactait les attachés politiques qu'elle connaissait personnellement. Dans le cas contraire, elle s'en remettait à son directeur général qui lui communiquait les informations. Elle a dit qu'il se pourrait qu'elle ait déjà demandé une liste de projets à venir dans un ministère ou une société d'État, mais ne se souvient pas lesquels.

Dans quels cabinets téléphonait-elle, lui a demandé la juge Charbonneau.

« Il y avait de tout. Ça pouvait être le Municipal, l'Énergie, le Transport, l'Environnement... ça dépendait des demandes », a-t-elle indiqué.

M. Boivin a aussi énuméré les personnes qui faisaient de la sollicitation pour le compte du PQ au sein des entreprises de génie-conseil. Elle a notamment nommé François Plourde chez Cima+, Yves Cadotte de SNC-Lavalin et Denis Guindon chez Dessau et Tecsult.

Selon Boivin, le PQ récoltait environ 4,5 millions en dons par année. Ginette Boivin dit qu'elle amassait entre 10 et 15% de cette somme.

Ginette Boivin nie qu'elle connaissait l'existence de l'usage de prête-noms avant la Commission Gomery (où elle a été citée) et la publication du rapport Moisan par la suite.

Elle a aussi précisé qu'il n'y avait jamais eu d'offre de contrat en échange de financement politique. «Probablement qu'ils devaient s'attendre à quelque chose, mais on ne leur faisait pas de promesses», a-t-elle précisé.

Les ingénieurs responsables de 10% des dons politiques

Les ingénieurs ont effectué 10% des dons aux partis politiques du Québec entre 1996 et 2001, a révélé une compilation effectuée par la commission Charbonneau présentée ce matin. Cette proportion était sensiblement la même au Parti libéral du Québec, au Parti québécois et à l'Action démocratique du Québec.

«Les ingénieurs sont en tête de liste partout, peu importe le parti», a témoigné l'enquêteur de la commission Éric Desaulniers, comptable de formation. « Les ingénieurs donnent quatre fois plus que les membres des autres ordres professionnels, mais ils ne sont pas quatre fois plus nombreux », a-t-il ajouté.

Tous partis confondus, les ingénieurs ont contribué à hauteur de 9,56 millions aux partis politiques.

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Robert Benoît

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Les députés libéraux « confessés » par Marc Bibeau

Avant d'entendre Desaulniers, Robert Benoit, président du PLQ de 1985 à 1989 et ancien député de Orford de 1989 à 2003 a comparu.

La dynamique a changé au PLQ après l'arrivée de Jean Charest en 1998 et du grand argentier du parti Marc Bibeau, a-t-il déclaré ce matin.

Le nom de Bibeau, un ancien bénévole du PLQ qui s'occupait de financement au sein du PLQ sans toutefois porter un titre officiel, est ressorti à quelques reprises lors de son témoignage.

Benoit a raconté que lors d'un caucus préélectoral en 2003, les députés ont été « confessés individuellement » par Bibeau.

Bibeau dira à Benoit que s'il veut se représenter aux élections, il devra amasser de l'argent. Benoit lui répond qu'il n'a pas l'intention de briguer un autre mandat. « Oui, mais si tu veux être nommé en quelque part », répliquera Bibeau.

Le soir de l'élection de 2003, c'est Marc Bibeau qui était assis aux côtés de Jean Charest à sa résidence, a affirmé Robert Benoit.

Benoit a aussi dit qu'il avait été étonné que Jean Charest amasse 500 000$ lors d'un seul événement de financement lors de sa campagne de leadership en 1998.




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