«Je n'ai jamais reçu d'offre de pot-de-vin», dit Arsenault

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L'ancien président de la FTQ, Michel Arsenault, nie avec véhémence s'être fait offrir un pot-de-vin de 300 000 $ pour faire passer le dossier Carboneutre par un « fast-track » au Fonds de solidarité FTQ. Il contredit ainsi les témoignages du dirigeant syndical Ken Pereira et de l'ancien président de la FTQ-Construction Jean Lavallée.

«Je n'ai jamais, jamais, jamais eu une offre de pot-de-vin de qui que ce soit dans toutes mes années à la FTQ», a martelé Michel Arsenault à la commission Charbonneau ce matin, au deuxième jour de son témoignage.

« Ni de (Domenic) Arcuri, ni de (Jocelyn) Dupuis, ni de (Giuseppe) Bertolo », a-t-il précisé ajoutant qu'il aurait été plus facile pour lui de dire à la commission qu'il a refusé ledit pot-de-vin. «Si c'était la vérité, je le dirais avec fierté.»

Carboneutre est une entreprise de décontamination située dans l'est de Montréal. Elle comptait parmi ses dirigeants Domenic Arcuri, dont la famille était étroitement associée au clan Rizzuto, l'ancien président de la FTQ-Construction Jocelyn Dupuis et Giuseppe Bertolo, le frère de Johnny Bertolo, ex-trafiquant de drogue et représentant de la FTQ-Construction assassiné en août 2005.

En octobre 2010, La Presse a révélé qu'un émissaire de l'entreprise de décontamination Carboneutre avait rencontré Michel Arsenault en 2008 pour tenter d'obtenir un financement de 5 millions du Fonds de solidarité FTQ. Michel Arsenault était également président du conseil d'administration du Fonds de solidarité FTQ, en plus de son rôle de grand patron de la centrale syndicale.

Le dirigeant syndical Ken Peirera soutient qu'Arsenault lui a déjà relaté cette rencontre, au cours de laquelle « un Italien » lui aurait présenté une mallette contenant 300 000 $. Somme que M. Arsenault avait refusé.

Puis, la semaine dernière, Jean Lavallée a témoigné à la commission que Michel Arsenault aurait été en « maudit » de s'être fait offrir de l'argent. Il lui aurait même dit: «c'est clair que j'embarque pas dans ça».

Dans son témoignage à la commission ce matin, Arsenault a suggéré que cette histoire était née d'un simple exemple lancé lors d'une conversation.

« On était dans le bureau et on parlait de fast-track et j'ai probablement dit que même si on me donnait 300 000 $ je ne pourrais pas pousser de dossiers au Fonds», a-t-il indiqué.

« Osti de vidange »

Michel Arsenault s'en est aussi pris à Ken Pereira. «Il a un problème entre les deux oreilles. Il déteste Jocelyn Dupuis», a-t-il plaidé à la commission. «Il était en fusil contre moi parce que j'ai refusé de lui donner un emploi et de lui donner 400 000 $. Il m'a menacé au téléphone, vous avez ces enregistrements-là» a-t-il ajouté.

Les trois messages que Ken Pereira a laissé sur son répondeur ont fini par être diffusés à la commission pour établir la nature de cette menace. « Compte tes jours comme président », dit Pereira à Arsenault à travers une série d'insultes. Trois jours plus tard, toujours dans un langage ordurier, il le menace de dévoiler des informations aux médias « check ta TV la semaine prochaine », lancera-t-il.

Avez-vous senti une menace à votre emploi, une menace physiquement, a demandé la procureure de la commission Me Sonia Lebel après la diffusion. « C'est plus que ça. Il me traite de vidange! Ce n'est pas très agréable », s'est-il plaint.

Factures de Jocelyn Dupuis : pas le pouvoir d'intervenir

Même s'il a été « choqué » par les somptueux comptes de dépenses de Jocelyn Dupuis, Michel Arsenault soutient qu'il n'avait pas le pouvoir d'intervenir, en tant que président de la centrale syndicale, au sein d'un syndicat affilié à la FTQ. Son pouvoir de président de la FTQ était davantage « moral » a-t-il soutenu. C'est pourquoi il a « convaincu » Dupuis de partir, plutôt que de le congédier ou de contacter les autorités.

« Le président de la FTQ n'appelle pas la police pour dénoncer un affilié, voyons donc », a-t-il déclaré.

« Vous n'avez aucun pouvoir ou vous ne vouliez pas laver votre linge sale en famille », a ensuite demandé la juge Charbonneau.

« Je n'ai aucun pouvoir. J'ai le devoir d'aviser la direction de l'affilié concerné qu'il y a du fling-flang », a-t-il résumé.




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