Le témoignage de Zampino repoussé à demain

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Frank Zampino

Photo: Ivanoh Demers, archives La Presse

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Le témoignage de l'ancien président du comité exécutif de Montréal, Frank Zampino, débutera mercredi matin devant la commission Charbonneau.

Celui qu'un témoin a décrit comme «l'homme le plus puissant de Montréal», avait été convoqué à se présenter à la Commission mardi matin pour débuter son témoignage. L'interrogatoire de l'ancien directeur du financement d'Union Montréal, Bernard Trépanier, s'est toutefois prolongé si bien qu'il est resté à la barre toute la journée.

Frank Zampino doit maintenant livrer sa version des faits. Il a été nommé à plus de 1000 reprises depuis le début de la Commission pour son rôle dans le partage des contrats entre compagnies de construction et firmes de génie. Si plusieurs témoins ont affirmé que le partage se faisait par d'autres, ceux-ci ont indiqué que le véritable dirigeant était Frank Zampino.

Trépanier témoigne

Recevoir d'épaisses liasses de billets pour la caisse électorale d'Union Montréal était légal, a déclaré devant la commission Charbonneau l'ex-directeur du financement du parti, Bernard Trépanier.

Le témoignage de l'homme de 74 ans se poursuit mardi à l'enquête publique. Confronté en contre-interrogatoire sur le don de 40 000 $ en argent comptant qu'il dit avoir reçu de SNC-Lavalin, Bernard Trépanier a estimé qu'il était légitime de recevoir une telle somme. «Dans mon livre à moi, oui», a-t-il répété à plusieurs reprises.

Mais voilà, cette pratique est clairement illégale. Une personne peut donner un maximum de 1000 $ à un parti municipal. Et seul un électeur inscrit dans la municipalité peut contribuer. Les entreprises ne peuvent donc contribuer.

De plus, loin de parler d'un paiement de 40 000 $, Yves Cadotte a affirmé avoir livré 125 000 $ de la part de SNC-Lavalin lors de cet épisode.

Gérald Tremblay le patron

Durement questionné en contre-interrogatoire, Bernard Trépanier a catégoriquement nié que Frank Zampino était son patron à Union Montréal. Pour celui que plusieurs surnomment «Monsieur 3%», l'autorité suprême a toujours été l'ex-maire Gérald Tremblay, a-t-il assuré.

L'avocat de l'Association des constructeurs de routes et grands travaux du Québec, Me Denis Houle, s'est longuement attardé à la relation tissée serrée entre Trépanier et Zampino.

«Le patron immédiat du parti était Gérald Tremblay. Je n'ai jamais eu Frank Zampino comme patron», a assuré Bernard Trépanier. Surpris d'entendre le témoin dire que son seul patron était Gérald Tremblay, Me Houle n'a pu s'empêcher de souligner que ses registres téléphoniques démontrent que le témoin a eu 1808 appels à l'ex-président du comité exécutif, contre à peine une dizaine avec l'ancien maire de Montréal.

Durant son témoignage, l'ingénieur Rosaire Sauriol a de plus affirmé que Bernard Trépanier riait ouvertement de l'ex-maire qui ne voyait pas ce qui se tramait dans son hôtel de ville. «Il n'était pas très respectueux», a-t-il déclaré.

S'il était très proche de Zampino, Trépanier a dit qu'il avait simplement une relation différente de Gérald Tremblay. «Monsieur le maire aimait ça me taquiner. Il me demandait s'il allait y avoir du monde (aux cocktails)», a relaté le témoin.

Me Houle a méticuleusement repris les témoignages entendus ces dernières semaines devant la Commission, soulevant les contradictions avec les déclarations de Bernard Trépanier. «C'est complètement faux», a martelé Bernard Trépanier au sujet des principales allégations de malversations le touchant.

Plus tard, le témoin a défendu son rôle dans le financement d'Union Montréal, disant s'être contenté de «remplir» les objectifs que le directeur général lui fixait. «J'ai fait un travail, je me suis dévoué à travailler pour le parti, à atteindre mes objectifs, à être fidèle au fidèle au maire. J'ai toujours été fidèle à M. Gérald Tremblay. J'ai été fidèle à M. Zampino», a-t-il dit.

Durement questionné sur le rôle de Frank Zampino, Bernard Trépanier a pris la défense de son «chum» pour qui il a longtemps organisé les campagnes électorales. Il a ainsi nié toute implication dans le partage des contrats qu'il reconnaît avoir fait, brièvement selon lui. «Jamais Frank Zampino n'a été impliqué dans l'octroi des contrats», a assuré Bernard Trépanier.

À un moment, Bernard Trépanier s'est fâché des questions répétées de Me Houle sur son ami. «Je ne vois pas pourquoi vous m'arrivez encore avec M. Zampino. Avez-vous une dent contre M. Zampino? Avez-vous une dent contre notre relation ?» s'est-il emporté.

L'avocat de Bernard Trépanier a tenté d'interrompre le contre-interrogatoire de Me Houle, jugeant qu'il dépassait les limites lui tant imposées par la Commission. Le procureur Denis Gallant a fait savoir qu'il était le seul à pouvoir arrêter le flot de questions et qu'il ne le jugeait pas utile, trouvant les questions de son collègue très pertinentes.

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