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Fuites de l'UPAC: Guy Ouellette a activé deux cellulaires au déclenchement de l'enquête

Guy Ouellette a été arrêté par l'UPAC en... (PHOTO JACQUES BOISSINOT, ARCHIVES LA PRESSE CANADIENNE)

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Guy Ouellette a été arrêté par l'UPAC en octobre dernier.

PHOTO JACQUES BOISSINOT, ARCHIVES LA PRESSE CANADIENNE

Le député Guy Ouellette, qui possédait déjà au moins un téléphone cellulaire, a activé deux autres appareils mobiles prépayés le jour même où a été officiellement déclenchée l'enquête criminelle sur les fuites de documents confidentiels de l'UPAC.

Rappelons que Martin Prud'homme doit, en principe, demeurer... (OLIVIER JEAN, ARCHIVES LA PRESSE) - image 1.0

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Rappelons que Martin Prud'homme doit, en principe, demeurer à la tête du SPVM jusqu'à la fin de l'année puis retourner à la tête de la Sûreté du Québec par la suite.

OLIVIER JEAN, ARCHIVES LA PRESSE

C'est ce qu'on apprend en consultant des affidavits au soutien de mandats de perquisition rendus publics aujourd'hui.

L'enquête criminelle sur les fuites de documents confidentiels liés à l'enquête Mâchurer sur le financement du Parti libéral a été officiellement lancée le 14 juin 2017, apprend-on dans les documents. Le jour même, Guy Ouellette a initialisé deux téléphones prépayés, peut-on lire un peu plus loin, dans les mêmes affidavits. Une autre enquête, administrative celle-là, avait été déclenchée en avril précédent.

L'activation de téléphones prépayés a attiré l'attention des enquêteurs de l'UPAC, qui ont pris la peine de le souligner au juge dans leur demande de mandats. Mais aujourd'hui, Radio-Canada a expliqué que selon l'entourage de Guy Ouellette, les téléphones étaient tout simplement destinés aux enfants de son amie Annie Trudel.

Martin Prud'homme rencontré par les enquêteurs

Par ailleurs, le chef par intérim du Service de police de la Ville de Montréal (SPVM), Martin Prud'homme, ne croyait pas l'automne dernier que Guy Ouellette soit l'auteur des fuites de documents sensibles de l'UPAC dans l'enquête Mâchurer, sur le financement du Parti libéral.

Les affidavits rendus publics aujourd'hui révèlent que M. Prud'homme, alors qu'il était chef de la Sûreté du Québec, a été rencontré deux fois par des policiers de la Gendarmerie Royale du Canada (GRC) dans l'enquête sur les fuites qui a mené à l'arrestation -mais pas encore à l'accusation- de Guy Ouellette en octobre dernier.

C'est au début de l'été 2017, par le biais de l'un de ses directeurs adjoints, que Martin Prud'homme a appris l'existence d'une enquête sur les fuites de documents confidentiels à l'UPAC, et que Guy Ouellette était l'un des sujets d'intérêt de cette enquête.

Or, durant la fin de semaine des 19 et 20 août, Guy Ouellette a communiqué avec Martin Prud'homme. Ce dernier en a alors avisé le commissaire de l'UPAC, Robert Lafrenière, qui est aussi son beau-père. M. Lafrenière a prévenu les responsables de l'enquête sur les fuites. Ceux-ci ont alors décidé d'envoyer deux policiers rencontrer M. Prud'homme. Ils ont choisi deux policiers de la GRC notamment pour dissiper l'apparence de conflit d'intérêts et pour diminuer les risques que « le réseautage de Guy Ouellette ait un impact sur l'enquête sur les fuites ».

Lors de ses rencontres avec les policiers, Martin Prud'homme a notamment déclaré que c'est un fait connu, que pour des raisons personnelles, Guy Ouellette et Robert Lafrenière ne s'aiment pas, mais il a ajouté qu'il serait surpris d'apprendre que Guy Ouellette coule des informations relatives à des enquêtes de l'UPAC.

Il s'est dit convaincu que Guy Ouellette est un homme et un policier honnête. Il ajoute que Ouellette s'est déjà plaint que l'UPAC n'était pas assez proactive, mais il ne croit pas qu'il ait des intérêts dans les dossiers de l'UPAC.

Martin Prud'homme est convaincu que les fuites ont pour but de nuire à l'UPAC et non aux enquêtes. «Il y a une grosse guerre à l'UPAC et quelqu'un a intérêt à ce que l'UPAC paraisse mal», dit-il aux policiers.

Il ajoute qu'il est normal que Guy Ouellette l'appelle, que ce dernier «a un très grand réseau et parle à beaucoup de monde». Il dit qu'il a discuté avec Guy Ouellette lors de la journée de l'étude des crédits à l'Assemblée nationale. «L'étude des crédits, c'est une risée. Tout le monde s'envoie des messages textes. Guy Ouellette lui a texté toutes sortes d'affaires, toutes sortes de commentaires».

Martin Prud'homme est très préoccupé par la façon dont il doit se comporter avec Guy Ouellette. «Je ne suis pas un agent source, je ne mettrai pas de micro», dit-il aux enquêteurs.

Le fameux Pierre

Les documents allèguent également que les enquêteurs des fuites soupçonnent Richard Despatie d'être le fameux «Pierre» qui a communiqué avec le journaliste Louis Lacroix au printemps 2017 et qui se retrouve au coeur des requêtes en arrêt des procédures présentées par la Défense au procès des anciens ministres Nathalie Normandeau et Marc-Yvan Côté. Despatie, un ami de Guy Ouellette, est un ancien enquêteur de l'UPAC congédié en octobre 2016 pour avoir incité un dénonciateur à communiquer avec les médias.

On apprend aussi qu'Annie Trudel, ancienne analyste à l'Unité anti-collusion (UAC) qui avait dénoncé des irrégularités au ministère des Transports et également une proche de Guy Ouellette, a elle aussi fait l'objet d'un mandat pour enregistreur de données de transmission (relevé des appels entrant et sortant en temps réel) de son téléphone. Elle n'a toutefois pas été arrêtée.

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Pour joindre Daniel Renaud, composez le (514) 285-7000, poste 4918, écrivez à drenaud@lapresse.ca ou écrivez à l'adresse postale de La Presse.




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