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«Lacunes importantes» dans l'inspection du matériel des pompiers montréalais

Une bonbonne de secours qui ne fonctionnait pas... (Photo MARTIN TREMBLAY, Archives LA PRESSE)

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Une bonbonne de secours qui ne fonctionnait pas au moment où un pompier en détresse en avait besoin lors d'un incendie en décembre 2016 a révélé une « problématique » de vérifications bâclées de matériel du Service de sécurité incendie de Montréal.

Photo MARTIN TREMBLAY, Archives LA PRESSE

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Le pompier Légaré « progresse à genoux » dans la maison en flammes lorsque « le plancher s'affaisse complètement » sous lui. Il tombe au sous-sol. La chaleur augmente. Les minutes passent. Le niveau d'air dans sa bouteille baisse. Ses collègues sortent une bonbonne de secours. Elle ne fonctionne pas. Il aura fallu qu'un confrère le connecte à sa propre bonbonne à travers une fenêtre du sous-sol pour lui permettre de continuer à respirer. Il s'en sortira avec des blessures mineures.

VÉRIFICATIONS BÂCLÉES

Un incendie majeur survenu à Kirkland en décembre 2016 - et qui a failli se transformer en tragédie - a révélé une « problématique » de vérifications bâclées du matériel au Service de sécurité incendie de Montréal (SIM), a appris La Presse. « Plusieurs » appareils respiratoires passent de longues semaines sans être inspectés, bien qu'un registre de vérification soit signé quotidiennement par les pompiers, selon un rapport de santé et sécurité du travail de la CNESST (ex-CSST). Des appareils de secours, mais aussi les appareils attribués à « plusieurs pompiers et officiers ». Le document montre aussi du doigt l'absence d'« équipes d'intervention rapide » à Montréal, en contravention avec les normes internationales.

REGISTRES MENSONGERS REMPLIS

Dans le cas de l'appareil respiratoire de secours qui n'a finalement pas pu être utilisé le jour de l'incendie, l'inspection avait « des lacunes importantes ». Il avait été réellement inspecté « seulement deux fois durant les sept semaines précédant le sauvetage », alors que ce matériel doit être inspecté chaque jour, indique le rapport. « Pourtant, un registre indiquant que [le matériel] avait été inspecté de façon journalière a été signé par plusieurs pompiers », continue le document. Moins d'une inspection sur vingt aurait donc été réellement effectuée.

PAS DE COERCITION

Les pompiers dont la signature figurait sur le registre d'inspection sans qu'ils aient réellement inspecté le matériel qui s'est révélé dysfonctionnel en décembre 2016 s'en sont tirés à bon compte. « L'employeur nous informe qu'aucune mesure disciplinaire n'a été prise » contre eux, indique le rapport de la CNESST. Le SIM et le syndicat ont convenu que la formation nécessaire avait été dispensée à tous les pompiers. C'est donc plutôt par « une campagne de sensibilisation » que le Service compte convaincre les pompiers de « l'importance de respecter la procédure concernant l'inspection » des appareils respiratoires.

PLAN D'ACTION

Le Service de sécurité incendie de Montréal a dit prendre très au sérieux les conclusions de la CNESST, sans toutefois pouvoir évaluer l'ampleur de la situation. « De là à dire que la problématique est à la grandeur du Service incendie de Montréal, ça reste à prouver, ça reste à déterminer », a affirmé en entrevue René Thomassin, chef de division responsable de la santé et de la sécurité au travail du Service. « Il y a un plan d'action qui a été mis en place au SIM qui comporte notamment la publication d'un bulletin [d'information] », a-t-il ajouté. La direction a choisi de ne pas utiliser la coercition cette fois-ci, mais ne renonce pas à y avoir recours dans l'avenir.

« CERTAINES LACUNES », ADMET LE SYNDICAT

Du côté du syndicat, on souligne à grands traits que le pompier Légaré n'a jamais frôlé le manque d'oxygène. L'événement « nous a permis de constater - paritairement avec l'employeur - certaines lacunes qui existent dans nos procédures opérationnelles et on est en train d'apporter les changements nécessaires pour que ça ne se reproduise pas dans le futur », a affirmé Chris Ross, responsable des dossiers de santé et de sécurité à l'Association des pompiers de Montréal. M. Ross s'est dit convaincu que « la majorité » des pompiers inspectent correctement leur équipement, mais a convenu qu'il pouvait y avoir « certaines lacunes au niveau de la compréhension », étant donné qu'il s'agit d'un nouvel équipement arrivé au SIM depuis seulement un an.

ÉQUIPES D'INTERVENTION

Le rapport de la CNESST montre aussi du doigt l'absence d'équipes d'intervention rapide au SIM, qui ont pour mission précise de procéder à des sauvetages, notamment « de pompiers en détresse ». « On est probablement le seul service [de cette taille] en Amérique du Nord qui n'a pas ces équipes-là », a dénoncé M. Ross, du syndicat, en précisant qu'une norme internationale prévoit leur mise sur pied. L'employeur, de son côté, affirme qu'il fera la démonstration que le SIM dispose de « l'équivalent » de telles équipes. La CNESST lui a demandé d'en faire la démonstration dans les prochaines semaines.




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