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Consultations publiques sur les inondations: «Un show d'image»

«Ça fait huit semaines, huit semaines que personne... (PHOTO OLIVIER JEAN, LA PRESSE)

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«Ça fait huit semaines, huit semaines que personne ne nous dit quoi faire, qu'on n'obtient jamais de réponses, que ce soit à la Ville, au gouvernement provincial ou fédéral», a dénoncé René Leblanc, sous un tonnerre d'applaudissements des gens dans la salle.

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«Ça nous permet de ventiler et eux, ça leur donne bonne conscience.» Diane Felteau et 76 familles de la tour de condos qu'elle habite, chemin de la Rive-Boisée à Pierrefonds, dorment toujours à l'hôtel. Lundi, comme les quelques centaines de sinistrés qui espéraient des réponses lors des consultations publiques du gouvernement du Québec, elle a eu l'impression de participer à une mascarade.

«On n'a eu aucune réponse, on nous répondait constamment de demander à notre municipalité. J'ai l'impression que peu importe ce qu'on avait à dire, c'est un show d'image, et rien n'ira plus loin», a déploré Mme Felteau à sa sortie de la salle du Holiday Inn de Pointe-Claire où des représentants des ministères du Développement durable, des Affaires municipales et de la Sécurité publique rencontraient les sinistrés de la grande région de Montréal.

Lundi soir, 15 consultations publiques se tenaient simultanément dans chacune des régions touchées par les inondations du printemps dernier. Les représentants des ministères présentaient aux citoyens le projet de décret concernant la déclaration d'une zone d'intervention spéciale en secteurs inondables, et surtout les règles d'urbanisme qui s'appliqueront dans les zones déterminées, «pour éviter que des inondations causant autant de dommages se reproduisent». Après quoi une période de questions était prévue.

Reconstruction interdite

Dans la salle, des sinistrés ont appris qu'en vertu de ce projet de règlement, ils ne pourraient pas reconstruire leur maison. C'est le cas de certains résidants de la rue Deauville, à Pierrefonds. La grand-mère de Steve Beauchamp y vit depuis toujours, ou presque. Au printemps, l'eau est montée d'un mètre au rez-de-chaussée. M. Beauchamp s'est avancé au micro et s'est adressé aux représentants du gouvernement.

«J'apprends que je ne pourrai pas reconstruire la maison familiale. C'est un gros choc. C'est moi qui héberge grand-maman en ce moment et la seule voix qu'elle a, c'est moi», a-t-il commencé. 

«Avec votre truc de ce soir, je m'attendais à ce que les gens parlent avant et que vous nous présentiez quelque chose par la suite. Mais là, j'ai l'impression que vous avez déjà décidé et qu'après, on nous écoute.»

M. Beauchamp avait la mine déconfite. Non seulement le coup était difficile à encaisser, mais il essuyait un nouveau revers. Comme il est maintenant le propriétaire de la maison et qu'elle est classée comme résidence secondaire, il n'a pas vu la couleur d'un seul billet d'argent depuis l'inondation.

«On nous a présenté des diapositives qu'on nous a lues. Ils ont répété ce que j'ai vu sur le site du Ministère cet après-midi, a-t-il dénoncé, en entrevue avec La Presse. On est tous dans le même bateau, on n'a pas de réponse, pas d'argent. Mais les hypothèques, elles, elles entrent. Les banques, elles n'attendent pas.»

Où est l'aide financière?

Seules deux ou trois personnes parmi la quinzaine de résidants s'étant présentés au micro ont posé des questions sur le projet de décret, comme prévu. La majorité n'en avait que faire, pour l'instant. Les uns après les autres, ils demandaient quand ils pourraient commencer à reconstruire, quand ils recevraient les indemnités promises par le gouvernement, quand leur municipalité délivrerait les permis nécessaires aux travaux de rénovation, quand ils pourraient dormir chez eux... Aucun d'entre eux n'a obtenu de réponse.

«Soyez assurés que le maximum est fait pour que ça aille le plus rapidement possible», «On entend très bien votre demande et on transmettra ces informations-là aux gens concernés», répondait tantôt Stéphane Bégin, tantôt Caroline Pilon, représentants du ministère des Affaires municipales.

«Ça fait huit semaines, huit semaines que personne ne nous dit quoi faire, qu'on n'obtient jamais de réponses, que ce soit à la Ville, au gouvernement provincial ou fédéral», a dénoncé René Leblanc, sous un tonnerre d'applaudissements des gens dans la salle. Comme une douzaine de personnes, il portait un gilet blanc sur lequel il était inscrit «S.O.S. Négligence, Abandonné, Action». Un gilet qui représente l'état d'esprit de nombreux sinistrés depuis deux mois.

«Ma maison vaut 672 000 $. Je dois refaire mon solage et l'inspecteur m'a dit que ça devait être fait avant l'automne si je ne voulais pas que ma maison tombe. Mais je n'ai pas de réponse. J'attends et je me gratte la tête souvent», a déclaré, désemparée, une résidante du chemin de la Rive-Boisée, à Pierrefonds.

À ce jour, 3232 propriétaires ont soumis une demande pour une évaluation des dommages dans l'ensemble de la province. Les experts ont effectué 90% des visites, soit 2949. Quand toutes les visites auront été effectuées, c'est alors que les dommages pourront être évalués. Pendant ce temps, les sinistrés attendent.

Concernant le décret, le Conseil des ministres doit le considérer à la mi-juillet.




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