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Ratés au niveau du déneigement à Laval: un parcours à obstacles pour les piétons

Des enfants doivent marcher sur les trottoirs non... (Olivier Pontbriand, La Presse)

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Des enfants doivent marcher sur les trottoirs non déneigés ou dans la rue parmi les voitures.

Olivier Pontbriand, La Presse

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Laval semble avoir du mal à se débarrasser des 30 cm de neige hérités de la dernière bordée, qui encombrent encore les trottoirs et la chaussée de nombreuses artères, trois jours plus tard. Des citoyens craignent pour la sécurité des piétons, notamment les jeunes qui vont à l'école en marchant. Pourquoi le déneigement est-il si long ?

« Attention aux autos ! », lance un élève de l'école primaire des Cardinaux, dans le quartier Champfleury, à Laval, à son ami qui court pour venir le rejoindre. Pour ces écoliers, le chemin des classes prend l'allure d'un véritable parcours à obstacles depuis lundi.

Les enfants doivent marcher sur la chaussée du boulevard des Oiseaux, rétréci par les congères, en prenant garde aux nombreuses voitures qui circulent, ou alors grimper dans des monticules de neige plus haut qu'eux, d'où ils risquent de dégringoler à tout moment. Tout ça sans perdre leur sac d'école et leur boîte à lunch...

« Je n'ai jamais vu une telle situation », se désole Catherine Dion, mère d'un enfant à la maternelle et d'un autre plus jeune. « Je dois marcher dans la rue avec la poussette et l'autre par la main. »

« J'ai vraiment peur qu'un enfant se fasse frapper », s'inquiète Monique, brigadière scolaire depuis plusieurs années dans le secteur, qui dit n'avoir jamais vu les rues et les trottoirs si mal entretenus que depuis le début de cet hiver. « Je leur dis de marcher dans les bancs de neige, mais c'est difficile pour eux. » « Ce matin [hier], seulement un trottoir sur quatre était déneigé », renchérit sa collègue Manon Fournier, postée juste devant l'école des Cardinaux. Comme plusieurs de leurs collègues, les deux brigadières, qui relèvent de la police de Laval, se sont plaintes à leur supérieure du fait que les trottoirs sont impraticables, trois jours après la chute de neige de dimanche.

« Je suis un gros marcheur, parfois je vais jusqu'à Montréal en marchant, ça me prend deux heures », raconte Serge Fournier, un Lavallois de 64 ans rencontré dans le quartier Pont-Viau, alors qu'il revenait de faire des emplettes. « Mais là, c'est vraiment pas le fun de marcher. On est obligés de rester dans la rue, mais c'est glissant, et si une voiture dérape, on risque de se faire frapper. L'année passée, je me suis fait avertir par la police, parce que c'est interdit de marcher dans la rue. Mais les trottoirs étaient complètement glacés. J'ai dit au policier de descendre de son auto et d'essayer le trottoir. Je suis déjà tombé et je me suis cogné la tête, c'est dangereux de se blesser. »

LA VILLE MONTRÉE DU DOIGT

Des employés cols-bleus, responsables du déneigement, accusent la Ville de Laval de ne pas avoir appelé au travail suffisamment de personnes, dimanche dernier, au début de la chute de neige, et de ne pas avoir envoyé assez de chenillettes pour déblayer les trottoirs rapidement, avant que l'accumulation soit trop importante pour leur permettre de faire leur travail. « Ils ont sorti les charrues avant, mais une fois que la neige est poussée sur les trottoirs, les chenillettes ne peuvent plus passer », déplore un employé des travaux publics, sous le couvert de l'anonymat. Des chargeuses et des chenillettes étaient stationnées dans un garage municipal, hier après-midi, alors que la neige encombrait encore plusieurs secteurs de la ville, ont dénoncé des travailleurs.

« Laval se développe, on a de nouvelles rues, de nouveaux quartiers, mais les ressources pour le déneigement n'ont pas augmenté en conséquence », s'insurge Michel Trottier, conseiller municipal du district Fabreville et chef du Parti Laval, qui a annoncé récemment son intention de se présenter contre le maire Marc Demers aux élections de novembre prochain. « Le maire a choisi d'investir plus de 225 millions dans un aréna et un complexe aquatique, il mise tout sur sa "stratégie centre-ville", mais ça se fait au détriment des services dans les différents quartiers », ajoute-t-il.

« Ce n'est pas une question de budget, nous mettons toutes nos ressources pour régler la situation le plus rapidement possible », répond Jacques Ulysse, directeur général adjoint de la Ville de Laval. Il admet avoir reçu de nombreuses plaintes de citoyens au sujet du déneigement, et reconnaît que les opérations accusent du retard dans Sainte-Rose et Chomedey. Des problèmes attribuables au nombre d'heures maximal que peuvent travailler les opérateurs de machinerie lourde, et au manque de disponibilité des camionneurs contractuels qui offrent leurs services pour le transport de la neige, selon lui. Mais dans l'ensemble, la Ville respecte ses standards de rapidité, soutient-il.




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