Aide à mourir: les évêques canadiens sont divisés

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Geordon Omand
La Presse Canadienne
VANCOUVER

Alors que l'aide médicale à mourir est depuis peu disponible au Canada, les archevêques et prêtres du pays ont des avis divergents sur le droit des défunts ayant choisi cette fin de vie à recevoir les derniers sacrements.

La communauté ecclésiastique du Québec préconise une approche au cas par cas, estime le vicaire général à l'Archidiocèse de Québec, Marc Pelchat, plutôt que d'appliquer systématiquement la même directive.

L'Église catholique voit toutefois positivement les soins palliatifs aux dépens de l'aide médicale à mourir, a-t-il reconnu.

Le mois dernier, six évêques canadiens de l'Alberta et des Territoires du Nord-Ouest ont demandé aux prêtres de leurs régions, par la publication de directives, de refuser d'accorder les derniers sacrements aux citoyens ayant eu recours à l'aide médicale à mourir.

Un professeur en pensée chrétienne à l'Université McGill, Douglas Farrow, ne s'étonne pas de la diversité des points de vue sur la question parmi la hiérarchie religieuse canadienne.

Certains évêques sont plus rigides dans leur mise en pratique des principes théologiques et d'autres, plus flexibles, a-t-il relevé en entrevue avec La Presse canadienne. Quoi qu'il en soit, le droit canonique offre une latitude suffisante, selon lui, pour que les prêtres puissent l'applique en fonction de chaque situation.

Une approche plus flexible est certainement le reflet des changements apportés à l'Église catholique romane depuis l'arrivée du pape François, en 2013, croit un professeur émérite de philosophie de l'Université de Toronto, Wayne Sumner.

«Nous avons les tenants d'une ligne dure dans l'application de la doctrine tandis que d'autres éprouvent de la compassion pour les individus qui ont choisi cette voie (de l'aide médicale à mourir) et ne veulent pas les punir, en plus de leur famille.»

La variation des approches résulte, selon une chercheuse en catholicisme canadien à l'Université d'Ottawa, Emma Anderson, de la délégation par le pape François, de davantage de pouvoirs aux paliers inférieurs de la hiérarchie ecclésiastique.

Les décisions peuvent ainsi être prises en considération du contexte local, a-t-elle expliqué, ajoutant toutefois qu'une telle façon de faire peut semer la confusion. «Il peut être profondément dérangeant pour certains dévots catholiques de recevoir des messages contraires en provenance de Québec, d'Ottawa, d'Alberta et des Territoires du Nord-Ouest», a-t-elle souligné.

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