La Caisse de dépôt et placement du Québec a lancé, la semaine dernière, deux appels de qualification à l'international pour la construction du futur Réseau électrique métropolitain (REM) et la fourniture d'au moins 200 voitures électriques entièrement automatisées.

Les entreprises et consortiums intéressés au contrat de construction principal de ce mégaprojet de transport collectif électrique devront faire état de leur expérience passée ou présente dans la réalisation ou la gestion de projets majeurs de plus de 500 millions, que ce soit en matière de travaux de génie civil ou de gestion de projet intégrée.

Ils devront notamment démontrer leur capacité à réaliser un projet d'envergure sans interrompre les services de transports collectifs existants, comme prévu dans le corridor du train de banlieue actuel de Deux-Montagnes qui sera entièrement intégré au réseau de train électrique proposé par la filiale de la Caisse de dépôt, CDPQ Infra.

Et comme le président de la Caisse, Michael Sabia, l'avait indiqué en avril, au moment où le projet a été lancé, « aucune exigence minimale de contenu canadien ne sera requise » pour la réalisation du contrat principal Ingénierie, approvisionnement et construction (IAC) ou pour la fourniture de matériel roulant.

Selon les documents d'appel de qualification publiés la semaine dernière sur les sites d'appel d'offres électroniques, la valeur du contrat IAC est estimée à environ 4 milliards. Le contrat de matériel roulant, qui prévoit la fourniture d'au moins 200 voitures automatisées, l'entretien régulier et leur maintenance à long terme, est pour sa part estimé à 1,5 milliard.

Les deux contrats seront attribués en même temps, à une date qui reste à déterminer.

L'échéancier de mise en service étant très serré, les entreprises intéressées devront présenter leur demande de qualification le 26 août prochain, avant 15 h, au siège social de la Caisse de dépôt situé au 1000, place Jean-Paul-Riopelle, à Montréal.

INTÉRÊT DES MARCHÉS

Le REM est un projet de train électrique entièrement automatisé de 67 kilomètres de long qui prévoit 24 stations dans sa phase initiale. Il se déploiera sur la Rive-Sud, à Laval, en banlieue nord de la métropole et dans l'ouest de l'île de Montréal. Une antenne est aussi prévue pour desservir l'aéroport international de Dorval. Les quatre antennes du REM convergeront toutes à la Gare centrale, au centre-ville de Montréal.

Les appels de qualification internationaux marquent la deuxième étape du processus d'approvisionnement en vue de sa réalisation, après la publication d'un premier avis au marché lancé à la mi-mai. Au terme de cette étape, CDPQ Infra compte sélectionner trois entreprises ou consortiums, tant pour le contrat IAC que pour le contrat de fourniture du matériel roulant.

Ces entreprises sélectionnées seront ensuite invitées à présenter des propositions détaillées lors d'un appel de propositions concurrentielles prévu dès l'automne prochain. Afin de respecter l'échéancier de mise en service pour la fin de 2020, les chantiers devraient se mettre en marche dès le printemps 2017.

D'ici là, le REM fera aussi l'objet d'un examen par le Bureau d'audiences publiques sur l'environnement (BAPE). Ce processus d'enquête publique, qui s'étend sur quatre mois, devrait être déclenché avant la fin de cet été.

L'avis au marché, lancé en mai dernier, a suscité un énorme intérêt à l'international. Au début de juin, CDPQ Infra, la filiale créée par la Caisse pour réaliser le projet, a tenu une première rencontre d'information pour présenter son projet à d'éventuels fournisseurs. Pas moins de 200 personnes, représentant 75 entreprises d'ingénierie, de construction ou de matériel roulant, avaient alors répondu à l'invitation de la Caisse.

Il faut dire que la valeur globale estimée des contrats prévus fera du projet REM l'un des plus importants chantiers au pays.

À lui seul, le contrat d'ingénierie, approvisionnement et construction, au coût estimé de 4 milliards, équivaut à la valeur du contrat en cours pour la construction du nouveau pont Champlain et dépasse de plusieurs centaines de millions de dollars l'enveloppe totale du projet de reconstruction de l'échangeur Turcot.

PATTE BLANCHE

Par ailleurs, même si aucune exigence minimale n'est prévue sur le plan du « contenu canadien », les entreprises et consortiums devront quand même se conformer aux exigences réglementaires en vigueur au Québec dans l'industrie de la construction. Ainsi, même si elles n'ont présentement pas de bureau dans la province, les entreprises intéressées devront obtenir les licences d'entrepreneur pertinentes en vertu de la Loi sur le bâtiment.

Les documents d'appels de qualification stipulent aussi que d'éventuels fournisseurs devront obtenir une attestation de Revenu Québec et montrer patte blanche pour détenir un certificat de l'Autorité des marchés financiers.

Les documents indiquent d'ailleurs que « l'obtention de cette autorisation pouvant occasionner des délais, il est fortement suggéré aux soumissionnaires potentiels et à leurs partenaires et sous-traitants d'entreprendre ces démarches le plus tôt possible ».