Garderies: l'AQCPE intensifie les moyens de pression

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Le président-directeur général de l'AQCPE, Louis Sénécal

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Pierre Saint-Arnaud
La Presse Canadienne

Le plus important des regroupements de centres de la petite enfance entreprend une intensification des moyens de pression en vue de faire reculer le gouvernement Couillard, qui prévoit toujours réduire de 120 millions de dollars l'enveloppe budgétaire des services de garde subventionnés.

L'Association québécoise des centres de la petite enfance (AQCPE) invite parents, grands-parents et enfants à une série de rassemblements ce dimanche, le plus important à Montréal, mais aussi dans 17 autres villes du Québec.

« C'est un choix politique que le gouvernement a fait et il faut que la population crie haut et fort son dégoût », a déclaré le président de l'AQCPE, Louis Sénécal, en conférence de presse vendredi.

L'Association, qui représente environ les trois quarts des CPE, annonce également des fermetures d'établissements, soit pour quelques heures ou des journées complètes à compter du mois de mars, selon ce que décideront les parents des CPE.

M. Sénécal affirme qu'entre 2000 et 2500 emplois, occupés presque exclusivement par des femmes, sont menacés, dont 900 dans la seule région de Montréal.

Son collègue Brian Naud, directeur du Regroupement des CPE de l'île de Montréal, a lancé la question suivante à l'intention de la ministre de l'Économie, Dominique Anglade: « Si une entreprise de Montréal fermait ses portes demain matin et que 900 travailleurs se retrouvaient à la rue, est-ce que vous ne chercheriez pas des solutions pour maintenir ces emplois? »

L'AQCPE estime que tout l'argumentaire soutenant les compressions, qui s'appuyait sur le piètre état des finances publiques, ne tient plus puisque Québec prévoit désormais des surplus, une position totalement endossée par la coporte-parole de Québec solidaire, Françoise David.

« Ce n'est pas vrai qu'il a besoin de couper 120 millions encore dans les centres de la petite enfance. Ce n'est pas nécessaire, même de son propre point de vue. Alors pourquoi s'obstine-t-il à les maintenir? », s'est interrogée Mme David.

La politicienne ne s'est pas fait prier pour apporter la réponse à sa question. « Il y a certainement une volonté gouvernementale d'affaiblir considérablement le réseau des centres de la petite enfance pour le remplacer par des garderies commerciales où les parents n'ont pas un mot à dire, a-t-elle soutenu. C'est un modèle auquel le gouvernement ne croit pas parce que ça va contre les valeurs libérales du privé, du marché. »

L'AQCPE estime que ces compressions sont d'autant plus odieuses que Québec prévoit engranger en même temps 170 millions de dollars de plus des parents avec les nouveaux tarifs modulés selon le revenu.

« C'est une ''taxe famille'' qui est ni plus ni moins imposée sur des services qui leur ont été offerts durant l'année 2015 », s'est indigné M. Sénécal.

Il a ajouté que l'arrivée de la saison des impôts s'avère un véritable « choc » pour les jeunes ménages.

« Il y a des parents qui remettent en question l'idée d'avoir un troisième enfant parce que ça crée une pression dans le budget familial », a-t-il affirmé, ajoutant que l'accumulation d'une dette due en un seul versement au gouvernement représente une impossibilité pour plusieurs dans une économie où se multiplient les situations de travail autonome ou précaire.

Selon lui, certains en viennent à se dire qu'à ce prix, si le revenu le moins élevé du ménage - souvent celui de la femme - ne sert à rien d'autre qu'aux frais de garde, celle-ci devrait rester à la maison. « On revient 30 ans en arrière », a soupiré M. Sénécal.

Par ailleurs, l'AQCPE ne reconnaît nullement l'entente de financement conclue récemment entre Québec et le regroupement minoritaire de CPE, le Conseil québécois des services de garde éducatifs à l'enfance (CQSGEE), puisque celle-ci n'a pas réussi à faire reculer le gouvernement sur les compressions prévues.

L'Association a rencontré le nouveau ministre de la Famille, Sébastien Proulx, jeudi, et dit avoir noté une ouverture à la négociation, bien que le ministre ait réitéré son objectif de réduction de financement de 120 millions.

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