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«Peu de consensus» sur la gravité de l'inconduite sexuelle dans l'armée

Le drapeau de l'armée canadienne.... (Archives La Presse canadienne)

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Le drapeau de l'armée canadienne.

Archives La Presse canadienne

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Mélanie Marquis
La Presse Canadienne
OTTAWA

La gravité du fléau de l'inconduite sexuelle fait «peu consensus» au sein des Forces armées canadiennes (FAC), selon une haute gradée militaire.

Le major-général Christine Whitecross, qui a été chargée de piloter le dossier dans la foulée de la publication d'un rapport accablant sur la question, a offert cette analyse en comité parlementaire, lundi.

Elle a signalé que si la complexité du problème de l'inconduite et du harcèlement sexuels ne faisait aucun doute, sa gravité faisait toutefois «peu consensus» auprès des membres de l'armée.

La haute gradée estime donc que l'un de ses objectifs, à titre de responsable de l'Équipe d'intervention stratégique des FAC, est de déboulonner ce mythe.

«Je sais qu'on a un problème très sérieux, et on doit faire quelque chose pour le combattre», a tranché le major-général Whitecross à sa sortie du comité permanent de la Défense nationale.

«Il y a des gens qui m'ont dit qu'ils n'ont pas vu ce problème-là. Moi, je réponds: «On ne sait pas ce qu'on ne sait pas'», a-t-elle poursuivi.

Les membres du comité parlementaire se penchaient lundi sur les conclusions d'un rapport déposé le 30 avril dernier par la juge à la retraite de la Cour suprême du Canada Marie Deschamps.

Le document concluait à l'existence, au sein des FAC, d'une culture de sexualisation «hostile» aux femmes et aux minorités sexuelles nécessitant une intervention «directe et soutenue».

La candeur du major-général Whitecross en ce qui a trait à l'absence de réel consensus sur la gravité du problème a été appréciée par le porte-parole néo-démocrate en matière de défense, Jack Harris.

«Je la remercie de son honnêteté à ce sujet; cela ne me surprend pas du tout. La réalité qui prévaut actuellement, elle est décrite dans le rapport Deschamps», a-t-il fait valoir en mêlée de presse après la rencontre du comité.

«Quand les membres vont voir un supérieur, premièrement, on ne les croit pas, deuxièmement, on leur prévient que cela pourrait avoir des conséquences néfastes, et troisièmement, on essaie de les dissuader de porter plainte pour harcèlement sexuel ou agression sexuelle», a exposé M. Harris.

L'ancienne juge Deschamps, qui témoignait aussi devant le comité parlementaire, a soutenu que ce problème «récurrent» lui a été décrit en long et en large au fil des quelque 700 entrevues réalisées entre juillet et décembre 2014.

Selon elle, il est impératif que les hauts gradés militaires reconnaissent que le problème est réel, mais surtout qu'ils prennent l'engagement clair de mettre en oeuvre toutes les mesures nécessaires pour tenter de l'endiguer.

Les autorités militaires et le gouvernement ont été critiqués par les partis d'opposition pour la timidité de leur réaction au rapport Deschamps.

Néo-démocrates et libéraux ont reproché au ministre de la Défense, Jason Kenney, et au chef d'état-major des FAC, le général Tom Lawson, de laisser planer un doute concernant la création d'un centre indépendant de traitement des plaintes - la principale recommandation du rapport, selon son auteure.

Le député Harris s'est montré rassuré par les propos tenus lundi par le major-général Whitecross, mais il a dit demeurer sur ses gardes.

«Je pense qu'on a obtenu un véritable engagement de sa part (...) mais je ne suis pas encore convaincu que le chef d'état-major embarque», a-t-il laissé tomber.

La réelle volonté du général Lawson de procéder à des changements a été remise en question après que la CBC eut révélé, il y a deux semaines, qu'il avait transmis à 21 hauts gradés une directive précisant que «autorités judiciaires actuellement responsables des enquêtes sur les inconduites sexuelles resteront inchangées».

Le numéro un des FAC avait assuré peu après dans un communiqué qu'il ne s'agissait pas là d'une directive contraignante, mais plutôt d'«hypothèses de planification».

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