Déneigement «made in USA»

Des camions à ordures aidaient à déneiger hier soir... (Photo AP)

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Des camions à ordures aidaient à déneiger hier soir sur Time Square, à New York.

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Des camions à ordures pour déneiger, des citoyens forcés de pelleter les trottoirs: les pratiques de déneigement diffèrent grandement aux États-Unis. Et si les tempêtes de neige y sont moins fréquentes qu'au nord de la frontière, elles sont aussi beaucoup moins coûteuses. Alors qu'une tempête s'annonçant historique souffle sur la côte est américaine, La Presse en profite pour dresser un portrait du déneigement «made in USA».

Le déneigement pèse peu sur le budget des villes américaines. La Ville de New York dépense en moyenne à peine 7$ par habitant chaque hiver pour déneiger ses rues. La métropole américaine reçoit toutefois beaucoup moins de neige que Montréal, qui en reçoit près de quatre fois plus. Les quantités de neige tombant sur New York varient énormément d'une année à l'autre. En 2012, la Grosse Pomme avait reçu à peine 25 cm de neige. L'année précédente avait pourtant marqué un record avec des précipitations totalisant 152 cm. À Montréal, il tombe rarement moins de 150 cm.

Neige fondue sur place

Plutôt que de transporter la neige vers des sites d'élimination, comme le fait Montréal, ce qui contribue pour une grande part au coût de l'enlèvement de la neige, New York s'est doté de fondeuses pour éliminer la neige directement dans ses rues. Lorsque les bancs de neige deviennent trop importants, la métropole américaine déploie ainsi ses 29 petites fondeuses, qui peuvent éliminer 60 tonnes de neige par heure. New York compte également sur sept larges fondeuses ayant la capacité d'éliminer 135 tonnes à l'heure.

La neige aux ordures

Pour éviter d'avoir à acheter de coûteuses déneigeuses, la Ville de New York a décidé de miser sur ses camions à ordures pour déblayer ses rues. Lors des tempêtes, ses 2300 véhicules sont munis d'une pelle pour pousser la neige sur le côté de la route. Évidemment, l'enlèvement des déchets et du recyclage est annulé lors des opérations de déblaiement, les employés ne pouvant mener les deux tâches de front. Si cette solution est économique, elle comporte son lot d'inconvénients. Les New-Yorkais l'ont bien vu en janvier 2011, quand une importante tempête avait empêché pendant une dizaine de jours l'enlèvement des ordures.

Les «BIXI» roulent

Contrairement à Montréal, qui suspend son service de vélos en libre-service durant la saison froide, les «BIXI» de New York continuent à rouler à longueur d'année. Malgré la tempête, Citi Bike a décidé de poursuivre ses activités. Une importante partie des vélos a toutefois été mise à l'abri pour éviter qu'ils soient endommagés. New York impose par contre aux gestionnaires du système de déneiger eux-mêmes un rayon de deux mètres autour de leurs 330 stations. À Boston, le Hubway a pour sa part décidé de suspendre ses activités durant une période indéterminée, le temps que la tempête passe. Des bâches ont été installées au-dessus des stations pour les protéger des accumulations de neige.

Aux pelles, citoyens!

Autre différence majeure, les villes américaines ne déneigent pas elles-mêmes leurs trottoirs. Il revient plutôt aux citoyens de déblayer leur bout de trottoir. Omettre de le faire peut coûter cher: New York prévoit des amendes de 100$ à 350$. Et attention, on ne déneige pas n'importe comment. Les règles en vigueur prévoient que les citoyens doivent déblayer un corridor de 91 à 122 cm dans les quatre heures suivant la fin des précipitations. S'ils habitent un coin de rue, les citoyens doivent aussi dégager un chemin jusqu'à l'intersection. Boston a des règles plus strictes encore, donnant seulement trois heures après la fin de la tempête pour déneiger les trottoirs. Les citoyens sont même responsables d'y épandre du sel ou du sable pour en assurer la sécurité.

Stationnement interdit

Aux grands maux, les grands remèdes. Pour faciliter le déneigement, Boston a décrété hier une interdiction de se stationner dans une importante partie de ses rues d'ici la fin des mesures d'urgence. Depuis hier soir, tout véhicule garé dans l'une des artères concernées est automatiquement remorqué. Pour faciliter la vie à ses citoyens, Boston offre gratuitement le stationnement dans les garages municipaux et invite les propriétaires de stationnements à offrir des tarifs réduits. Le gouverneur du Massachusetts dispose même du pouvoir de fermer les routes à la circulation s'il juge que c'est nécessaire pour faciliter le déneigement. C'est d'ailleurs ce qui avait été fait en février 2013 après une tempête ayant laissé plus de 60 cm de neige.

Armée de volontaires

New York ne compte pas uniquement sur ses employés pour assurer le déneigement. Des centaines de «volontaires» sont aussi embauchés durant les tempêtes pour déblayer les pistes cyclables et passages piétonniers. Contrairement à ce que leur nom laisse entendre, ceux-ci ne sont pas bénévoles. La métropole américaine les rémunère 12$ l'heure, et 18$ lorsqu'ils travaillent plus de 40 heures en une semaine.

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