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Elle quitte sa prison haïtienne grâce à Denis Coderre

En novembre 2012, quand La Presse lui a... (Photo: André Pichette, archives La Presse)

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En novembre 2012, quand La Presse lui a rendu visite à en prison en Haïti, Francine Desormeaux avait confié qu'elle avait peur et qu'elle craignait de «ne pas passer au travers».

Photo: André Pichette, archives La Presse

Grâce à l'intervention secrète du maire de Montréal en mars dernier, une Québécoise détenue dans une prison haïtienne depuis 2011 malgré de graves problèmes de santé vient d'être discrètement rapatriée au Canada, a appris La Presse.

Francine Desormeaux, ancienne préposée aux bénéficiaires âgée de 52 ans, avait été arrêtée à l'aéroport de Port-au-Prince en mars 2011 avec 1 kg de cocaïne caché dans sa culotte. Elle a atterri à Montréal mardi soir, escortée par des agents des Services correctionnels du Canada, après plus de trois ans d'enfer. «C'est la plus grande joie que j'aie vécue depuis un bon bout de temps. J'ai tellement hâte de la voir», a déclaré sa fille Mélissa, qui a appris la nouvelle hier après-midi.

Dès sa sortie de l'avion, Mme Desormeaux a été transférée à la prison de Joliette. Selon sa fille, elle subira plusieurs examens médicaux et rencontrera un psychologue dans les prochains jours.

Un cauchemar

L'histoire de cette femme au passé sans histoire donne froid dans le dos. En 2011, elle aurait accepté de servir de mule à Dejean Victor, homme d'affaires montréalais bien connu de la communauté haïtienne, qui était son patron au son patron du CHSLD où elle travaillait. Lui-même s'est évadé d'une prison de Port-au-Prince lors du séisme de 2010 alors qu'il attendait d'être jugé pour trafic de drogue.

Mme Desormeaux a été condamnée à 15 ans de prison pour trafic de stupéfiants. Au Canada, elle aurait eu une peine de quelques mois pour le même crime.

Depuis le début de son incarcération à la prison pour femmes de Pétionville, Mme Desormeaux a tout tenté pour être rapatriée au Canada afin d'y purger sa peine. Durant son séjour, la quinquagénaire a fait plusieurs tentatives de suicide. Des évaluations psychologiques ont prouvé qu'elle avait besoin d'aide. Dépressive, régulièrement malade à cause de l'eau et de la nourriture et victime d'infections urinaires à répétition, elle a dû se faire arracher les dents parce qu'elles avaient pourri. Elle partageait une cellule au sol couvert de vieux matelas avec neuf autres criminelles. L'endroit grouillait de rats et de cafards.

Lorsque La Presse lui a rendu visite en prison en novembre 2012, elle avait confié qu'elle avait peur et qu'elle craignait de «ne pas passer au travers».

Le maire intervient

Au fil des ans, Mme Desormeaux a multiplié les démarches auprès des autorités canadiennes. Déjà, en 2012, le substitut du commissaire du gouvernement d'Haïti s'était dit ouvert à la renvoyer chez elle. Il attendait une demande officielle du Canada. Le dossier était sur le bureau du ministre des Affaires étrangères, disait-on. Deux ans plus tard, il aura fallu l'intervention de Denis Coderre pour faire enfin bouger les choses.

La famille Desormeaux a d'abord alerté le maire de Montréal alors qu'il était député fédéral de Montréal-Nord, quartier d'origine de la détenue. «Il m'a promis qu'il allait tout essayer pour aider ma mère, raconte Mélissa. Il a tenu parole.»

En mars dernier, lors d'une visite officielle en Haïti, Denis Coderre a discrètement rendu visite à Francine Desormeaux dans sa prison. Ce qu'il a vu l'a beaucoup secoué, selon plusieurs sources.

À la suite de cette rencontre, qui n'a pas été divulguée aux médias, les choses se sont mises à débouler.

M. Coderre n'a pas souhaité expliquer à La Presse comment il a réussi à ramener la Montréalaise au pays. «Il a travaillé fort. On lui doit beaucoup», dit Mélissa Desormeaux.

Cette dernière verra dans quelques jours le visage de sa mère pour la première fois depuis plus de trois ans. «Je n'ai vu que deux photos. Je sais qu'elle a beaucoup changé. Le plus important, pour moi, c'est sa santé et son état mental. J'ai peur qu'elle reste traumatisée.»




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