Ils sont à la fois mignons et effrontés. Et ils ont leur journée bien à eux : le 21 janvier est la Journée d’appréciation des écureuils. Mais voilà, beaucoup d’adeptes de plein air s’étouffent dans leur café lorsqu’on prononce les mots « appréciation » et « écureuils » dans la même phrase.

Glacières grignotées, sacs à dos lacérés, tentes perforées… les histoires fusent lorsqu’on parle d’écureuils. Mais bien peu d’anecdotes battent la mésaventure de David Handfield, qui s’est retrouvé à l’hôpital à la suite d’une rencontre avec un de ces rongeurs.

« En fait, l’histoire commence un mois avant cet incident », précise-t-il d’emblée.

Alors qu’il descend une côte en vélo sur le bord du fleuve, dans l’ouest de l’île de Montréal, un écureuil court dans sa direction et heurte sa roue avant. Le choc projette le rongeur sur son visage. David Handfield doit faire de grands efforts pour garder le cap.

« L’écureuil a survécu. Il a couru grimper dans un arbre et s’est mis à me crier après », raconte le cycliste.

Puis, un mois plus tard, à environ 200 m du lieu de ce premier évènement, un écureuil apparaît une nouvelle fois devant sa roue. « C’était peut-être le même écureuil qui voulait se venger, qui voulait me faire tomber », avance David Handfield.

Il fait un mouvement de côté pour éviter l’animal et c’est la chute. « J’ai perdu connaissance, je ne sais pas pendant combien de temps. Quand je me suis réveillé, j’étais dans une flaque de sang. »

Finalement, il s’en tire avec un poignet cassé, des points de suture sous le menton et une commotion cérébrale. « Pendant deux semaines, j’ai dû rester tranquille à la maison, sans même pouvoir regarder la télévision. Tout ce que je pouvais faire, c’était regarder par la fenêtre les écureuils qui couraient et jouaient dehors. »

Ne pas nourrir

La plupart des rencontres humains-écureuils sont moins dramatiques, mais peuvent être parfois irritantes.

« Ils n’hésitent pas à monter sur les tables de pique-nique et littéralement chaparder la nourriture des gens, souligne Marc-André Valiquette, écologiste au parc national de la Mauricie. Ils peuvent entrer dans les sacs et facilement percer une tente en toile pour aller chercher de la nourriture. »

La nourriture est à l’origine du problème. Au départ, l’écureuil est mignon. On lui donne un petit rien, un bout de sandwich ou de barre énergétique. « Ça prend très peu de nourrissage pour qu’ils associent les gens à la nourriture et après, ils ont la fâcheuse manie de devenir très effrontés », explique M. Valiquette.

PHOTO MARC-ANDRÉ LAMOTHE, FOURNIE PAR LE PARC DE LA MAURICIE

Une martre d’Amérique au parc national de la Mauricie. Très mignonne. Mais il ne faut surtout pas la nourrir.

Le parc de la Mauricie a eu une très mauvaise expérience l’année dernière avec une jolie martre d’Amérique qui est devenue tellement agressive après avoir été nourrie qu’il a fallu temporairement fermer un sentier pour protéger les randonneurs.

C’est un cas assez typique de l’animal qui est habitué à être nourri par l’homme et qui adopte de mauvais comportements. C’est nocif pour l’animal et c’est très désagréable pour les gens. On a eu un cas de morsure avec quelqu’un qui ne la nourrissait même pas.

Marc-André Valiquette, écologiste au parc national de la Mauricie

Les gens nourrissent les animaux notamment parce qu’ils pensent que ceux-ci ont peu à manger, surtout l’hiver. « C’est entièrement faux, assure M. Valiquette. Dans la forêt, les animaux sauvages ont accès à toutes les ressources qu’il faut pour se nourrir. »

L’autre raison, c’est le désir de garnir son compte Facebook ou Instagram de belles photos d’animaux en gros plan.

Chaque personne pense qu’il s’agit d’un geste anodin. Mais lorsque des dizaines de randonneurs le répètent, ça devient problématique et l’animal altère son comportement naturel. Cela vaut aussi pour les oiseaux.

La mauvaise gestion des déchets humains amène aussi les animaux à associer l’humain à la nourriture.

Bref, si un écureuil est désagréable à l’heure du goûter, c’est fort probablement la faute de l’humain.

Dans le cas David Handfield, l’écureuil n’était probablement pas à la recherche de nourriture. Le cycliste a aussi fini par lui pardonner son comportement imprévisible. « Aujourd’hui, tout est oublié, affirme-t-il. Notre relation s’est énormément améliorée. »

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