Le canot ? Pfff. C’est facile. Il suffit de pagayer, ça va tout seul. Bon, la ligne droite demeure un idéal inaccessible et quelques chavirages sont évités de justesse, mais c’est facile quand même. Et puis, nos grands-parents ne suivaient pas de formation avant de s’élancer sur les lacs et les rivières.

Marie Tison
Marie Tison La Presse

En fait, ils manquaient peut-être quelque chose. Une belle longue fin de semaine sur le bord de la rivière L’Assomption à apprendre plein de choses utiles, par exemple.

Le petit groupe d’aspirants canoteurs s’installe à des tables de pique-nique devant la rivière, sur le site d’Au canot volant. La plupart ont fait du canot auparavant et ont même participé à de petites ou à de grandes expéditions. Ils veulent revenir à la base, améliorer leur technique ou encore progresser vers le canot d’eau vive. Or, pour suivre une formation en eau vive, il faut avoir réussi un programme d’introduction au canotage et, idéalement, une formation en eau calme. Bref, il faut revenir au Canot 101.

L’instructeur, Vincent Bellerose St-Jean, explique le premier objectif de la journée : être en mesure de canoter en ligne droite. Il faudra apprendre trois coups de pagaie : la propulsion, la propulsion circulaire et le fameux coup en J. Jusqu’ici, tout va bien. Puis, ça se complexifie. Vincent présente des coups additionnels : l’appel, l’écart, l’appel déporté. Et les incidences, réservées à l’équipier avant. Les aspirants canoteurs s’étonnent : ils pensaient que c’était surtout l’équipier arrière qui dirigeait l’embarcation et que l’équipier avant se bornait à propulser le canot sans trop réfléchir. Cette petite formation réserve des surprises.

PHOTO FOURNIE PAR AU CANOT VOLANT

Tant l’équipier arrière que l’équipier avant ont des coups de pagaie spécifiques à apprendre.

Les aspirants canoteurs essaient les fameux coups sur la terre ferme, puis descendent les canots sur la rive en essayant de ne pas s’assommer les uns les autres (avec un succès très relatif). Le défi suivant est d’embarquer dans les canots sans se retrouver à l’eau (objectif réussi) et de commencer à mettre en pratique les connaissances nouvellement acquises.

Les élèves font du progrès et parviennent bientôt à suivre une ligne relativement droite et à effectuer des virages sans trop s’embourber sur les bords de rivière. Et sans se retrouver à l’eau.

Or, il fait extrêmement chaud, et l’eau de la rivière L’Assomption se fait de plus en plus invitante. Ça tombe bien : l’exercice suivant consiste justement à se jeter à l’eau. En fait, c’est un exercice de récupération : un canot chavire, l’équipe d’un autre canot vient à la rescousse des naufragés en retournant et en vidant leur embarcation, puis en les aidant à le réintégrer.

Jour 2

PHOTO FOURNIE PAR AU CANOT VOLANT

Les formations en canotage nécessitent souvent deux jours pour chaque niveau.

À la fin de la journée, les aspirants canoteurs se sentent beaucoup plus confiants. Malheureusement, cette belle confiance est mise à rude épreuve le lendemain matin, dès le début du niveau II : Eau calme. Il faut apprendre à reculer, et donc à faire des coups renversés. Cette fois-ci, la ligne droite n’est pas droite du tout, et les canoteurs vont joyeusement se perdre dans les grands herbages des rivages.

Reculer sur un lac ne semble pas être d’une extrême utilité (à part faire rire les témoins de la scène). Il s’agit toutefois d’une habileté très précieuse à maîtriser en prévision du canot en eau vive.

Faire un peu de marche arrière avant un gros rapide, ça donne plus de temps pour réfléchir à la meilleure stratégie à adopter.

La formation se transporte sur la terre ferme pour apprendre à fixer un canot sur une automobile. C’est important, car personne n’a envie de voir son canot s’envoler sur l’autoroute. Il y a plein de beaux nœuds à apprendre, qui vont certainement impressionner les copains lors de la prochaine sortie.

Le groupe profite de l’occasion pour aller s’exercer sur un lac des environs. Si un grand héron s’enfuit à la vue des élèves canoteurs, les huards poursuivent leur routine sans se soucier d’eux et un gros ouaouaron demeure totalement amorphe. Sa totale confiance dans les nouvelles habiletés des canoteurs, pourtant tout près de lui, est un brin émouvante.

Ledit ouaouaron serait peut-être plus nerveux s’il assistait à la portion « solo » de la formation. Il y a un tout nouveau coup de pagaie à apprendre pour le canot en solo, le coup en C, qui comprend un petit appel en avant, une propulsion et un petit coup en J à l’arrière. C’est d’une suprême élégance… lorsque c’est bien maîtrisé. Pour l’instant, les élèves se contentent d’une certaine efficacité.

Une petite compétition par équipe termine la formation, histoire de mettre en pratique les différents coups de pagaie dans un contexte ludique. Mine de rien, les élèves ont beaucoup progressé et ont profité de la formation pour nouer de nouvelles amitiés.

Nos grands-parents auraient aimé.

Consultez le site de Canot kayak Québec Consultez le site d’Au canot volant

Suggestion de vidéo

La 5e vague

Le 13 août dernier, de superbes vagues ont fait le bonheur des surfeurs au site légendaire de Teahupoo, à Tahiti.

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Chiffre de la semaine 

4 mètres

C’est la taille que peut atteindre la berce du Caucase, une plante introduite en 1917 en Amérique du Nord et qui peut provoquer de graves dermatites.