Les skieurs de fond et les raquetteurs pourront pratiquer leur sport préféré dans les parcs nationaux gérés par la SEPAQ cet hiver. Ils devront toutefois se plier à un certain nombre de conditions.

Marie Tison Marie Tison
La Presse

La bonne nouvelle, c’est que la plupart des centres de visiteurs et des refuges seront ouverts pour permettre aux gens de se réchauffer. Des protocoles assureront un « nettoyage rigoureux » de ces bâtiments. La moins bonne nouvelle, c’est qu’il ne faudra pas s’y éterniser.

« À l’entrée des bâtiments, il y aura une affiche qui va rappeler l’ensemble des consignes de base : la distanciation, le lavage de mains, mais aussi le temps limite qu’il sera possible de passer à l’intérieur afin d’assurer un roulement et de gérer l’achalandage », déclare Simon Boivin, porte-parole de la Société des établissements de plein air du Québec (SEPAQ).

Dans les zones rouges, il sera carrément interdit de manger à l’intérieur.

Certains parcs vont louer des roulottes chauffées pour permettre une plus grande distanciation. Dans le cas du Camp Mercier, dans la réserve faunique des Laurentides, c’est tout ce qu’il y aura à l’entrée : le vieux chalet d’accueil a été démoli et on est en voie d’en construire un nouveau. Il n’y aura donc aucun service de restauration ou de location à cet endroit.

M. Boivin a indiqué que dans certains parcs, il pourrait être nécessaire de fermer des sentiers de plus longue distance parce qu’il n’y a qu’un refuge en chemin, à bonne distance, et qu’il ne sera pas possible d’assurer une bonne désinfection des lieux.

Il reste encore un certain nombre de détails à régler parce qu’il faut attendre les consignes de la santé publique. Ainsi, la SEPAQ ne sait pas encore si elle ouvrira ses salles de fartage et si elle offrira des services de location d’équipement en zone rouge. Lorsqu’un parc offrira la location, il faudra que le client réserve l’équipement 24 heures à l’avance et qu’il se présente au comptoir à une heure précise pour récupérer le matériel « pour que ce ne soit pas la cohue au centre de location », indique M. Boivin.

« La situation sera à géométrie variable, ajoute-t-il. C’est pour cela qu’on invite les gens à visiter le site www.sepaq.com/covid-19 pour avoir les dernières informations avant de se présenter au parc. »

Comme ça a été le cas cet été, il y aura un nombre limité de billets d’accès quotidien et de billets de ski de fond qui seront disponibles chaque jour pour chaque parc. Ce nombre tiendra compte des cartes d’accès annuelles et des abonnements de ski de fond. Il faudra se procurer les titres d’accès quotidien et les billets de ski de fond en avance en ligne.

Encore une fois, il s’agit de gérer l’achalandage.

« Nous sommes vraiment contents et fiers de la façon dont ça s’est passé cet été dans les parcs nationaux, les réserves fauniques et les établissements touristiques, lance M. Boivin. Ça a bien fonctionné. »

La SEPAQ a fait valoir que le taux de satisfaction avait atteint 93 % pour la période estivale.

« L’idée, ce n’est pas de contraindre qui que ce soit, au contraire, affirme le porte-parole. C’est de donner accès à ces activités-là et à ces territoires-là. On va mettre en place un cadre pour que les gens puissent venir profiter du plein air tout en ayant une expérience sécuritaire dans le contexte actuel. »

Les parcs régionaux et les centres privés ont aussi commencé à planifier la saison hivernale. Ainsi, le Domaine Saint-Bernard vient d’annoncer qu’il offrira tous ses services habituels cet hiver, comme la boutique de location, le bistrot et l’école de ski.

Au Parc régional Montagne du Diable, l’équipe d’aménagement a commencé à préparer la saison hivernale. Le Parc régional Val-David–Val-Morin a fait savoir que les forfaits hivernaux seront mis en vente dès le 2 novembre.

Ça s’annonce bien aussi pour Ski Montagne Coupée, à Saint-Jean-de-Matha. On a commencé à accepter les inscriptions pour l’école de ski et à vendre les passes de saison. On a toutefois demandé aux clients qui habitent les zones rouges de payer les inscriptions et les passes à un comptoir extérieur.

Pour sa part, le Parc régional de la Forêt Ouareau attend les directives spécifiques de la Santé publique avant de s’engager. Il indique que si la saison de ski de fond et de raquette peut aller de l’avant, un seul refuge permettra un arrêt temporaire. Les autres seront réservés pour des nuitées seulement.

Les nouvelles sont toutefois très mauvaises pour la Forêt Montmorency, dans la réserve faunique des Laurentides. L’Université Laval a fait savoir qu’elle suspendait toutes les activités récréotouristiques de la forêt pour la saison 2020-2021, ce qui comprend le ski de fond, la raquette et l’hébergement, pour ne conserver que les activités de recherche et d’enseignement.