Des voyageurs intrépides nous racontent leurs histoires. Elles sont parfois rocambolesques et même difficiles à croire. Parfois, aussi, leurs aventures ont surtout d'extraordinaire qu'elles les ont menés plus loin. Dans tous les sens du terme.

Mis à jour le 16 janv. 2012
Valérie Delisle LA PRESSE

Qui?

Valérie Delisle, surfeuse sur le tard

Quoi?

Un trip de filles, extrême

Où?

Banana Beach, Maroc

Dimanche 9 octobre 2011. Accompagnée de mon amie Marie-Claude, je file dans un taxi, en route vers Aloha Surf Camp où nous passerons deux semaines intensives à faire du surf. Un vrai tripde filles qui ne cessent de rêver aux vagues depuis qu'elles en ont humblement chevauché quelques-unes.

Situé dans une auberge rouge, au sommet des collines du petit village de Tamraght, Aloha Surf Camp est tenu de main de maître par Abdessamad. Dès notre arrivée, il nous informe du programme et nous offre du thé à la menthe avec quelques pâtisseries marocaines. Bienvenue au Maroc!

Encore un peu déboussolées par notre voyage de nuit et l'escale de trois heures à Casablanca, nous faisons le tour du propriétaire. Nous optons pour ce que nous appellerons désormais notre penthouse, une belle grande chambre vitrée au dernier étage avec terrasse et vue à la fois sur l'océan et les collines environnantes.

Surf 101

Les choses étaient claires, dès le départ. Nous étions là pour faire du surf. Que du surf. Rien que du surf. Dès l'après-midi de notre arrivée, Simo, l'un de nos instructeurs qui ne nous quitteront pas d'une semelle pendant toute la durée de notre séjour, vient nous chercher pour nous conduire auprès du groupe. Omar, l'autre professeur, nous prodigue quelques conseils et évalue notre niveau. En cette première journée, nous nous contentons de regarder les vagues et de faire connaissance avec le groupe. Pendant notre séjour, de nombreuses personnes viendront et repartiront du camp, élargissant chaque fois notre cercle de nouveaux amis. La chimie est déjà bien installée quand tout le monde met la main à la pâte pour ranger le matériel et retourner au camp. Chacun monte à sa chambre pour redescendre vers 20h pour le souper en groupe, où couscous et tajines sont à l'honneur, en se racontant les anecdotes du jour. La soirée se termine habituellement pas trop tard. Le surf, ça épuise et puis, il faut se lever tôt le lendemain.

Chaque jour se déroule sensiblement de la même façon. Déjeuner en groupe, puis on remonte se préparer et à l'heure où les chèvres gagnent leur pâturage, nous faisons de même pour nous rendre à l'endroit choisi par nos instructeurs selon la marée et la hauteur des vagues. Surf toute la matinée, dîner sur la plage. Resurf jusqu'à 16h environ. Nous sommes laissées à nous-mêmes dans les vagues, mais nos instructeurs ne sont jamais très loin et nous offrent leurs conseils. En fin de journée, on attache les planches à la camionnette et c'est le retour à la maison.

On reviendra

Au cours de notre séjour, nous aurons droit à des vagues de gros calibre, et à quelques jours de calme presque plat. Pour ma part, je dois recommencer à zéro, et c'est sous l'oeil bienveillant d'Omar et Simo que j'attrape la mousse en tentant tant bien que mal de rester debout. À la fin de mon séjour, je suis en mesure de prendre des vagues toute seule en pagayant comme si ma vie en dépendait. Malgré la machine à laver qui m'a fait boire quelques bonnes tasses d'eau salée et les quelques désagréments mineurs dus à la pratique de ce sport quand même extrême (talon un peu en bouilli, doigt tordu, gigantesque méduse et orteil piqué par un poisson), être capable d'attraper une belle vague et de la surfer avec plus ou moins d'élégance vaut amplement tous ces tracas.

De nombreux camps de surf ont pignon sur rue près de Banana Beach. Avec pour conséquence qu'il peut parfois être difficile de prendre une vague, vu la grande quantité de nageurs qui tentent de faire de même. Par contre, cette proximité - emmêler sa planche avec celle de quelqu'un d'autre par exemple - permet des rencontres plus qu'intéressantes entre mordus du même sport, venus des quatre coins du monde à la recherche du «tube» parfait.

Car c'est aussi ça le surf. Rencontrer des gens d'un peu partout et partager son expérience et son amour de la houle en leur compagnie, les fesses dans le sable, le regard tourné vers l'horizon, à la recherche de la plus belle vague.

Vous avez une aventure à nous raconter? voyage@lapresse.ca