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Au Carnaval de Rio, féérie et retour aux racines

PASCALE TROUILLAUD
Agence France-Presse
Rio de Janeiro

La deuxième et dernière nuit du carnaval de Rio qui s'est achevée mardi à l'aube a livré une féérie mêlée de contestation politique et d'une volonté de retour aux racines du Brésil.

Les sept dernières écoles de samba ont défilé toute la nuit jusqu'au lever du jour, 24 heures après les sept premières concurrentes. La meilleure recevra mercredi le titre très convoité de championne 2019.

Chars géants somptueux, déguisements extravagants, maquillages outranciers, danseuses sculpturales coiffées de plumes chamarrées et batteries assourdissantes : le carnaval a cette année encore été éblouissant.

Le « plus grand spectacle de la Terre » s'est déroulé sous les yeux de quelque 72 000 spectateurs s'époumonant, debout dans les gradins.  

Et de quelques célébrités, dont la star du PSG Neymar, officiellement au Brésil pour soigner une blessure à un pied et apparemment très proche de la célèbre chanteuse de funk Anita qui l'accompagnait.

L'école de Portela a exprimé un désir de retour aux racines en célébrant la « brésilianité » de Clara Nunes, icône de la samba des années 70 et première artiste à avoir défendu les cultes afro-brésiliens.

Dans le défilé de l'école aux 22 titres - un record - on retrouvait les iconiques marinières du couturier français Jean-Paul Gaultier qui a dessiné des costumes, mais aussi des coiffes indigènes et des personnages traditionnels des carnavals des années 20.

L'école de Sao Clemente avait ouvert le feu elle aussi sur le mode nostalgique de la « saudade » quand ses 3 à 4000 danseurs se sont engagés sur l'avenue de 700 mètres du sambodrome.  

Avec un fronton clinquant annonçant « Hollywood », son premier char allégorique ironisait sur un carnaval populaire devenu une machine à faire de l'argent.

Un Michael Jackson et une Madonna anachroniques incarnaient sur la piste le dévoiement d'un carnaval traditionnel qui aurait oublié son ADN, la samba, quand il a quitté les rues pour se « ranger » au sambodrome, en 1984.  

Un autre char d'une douzaine de mètres de haut moquait les « camarotes », ces luxueux salons VIP où l'on sert des mets raffinés aux célébrités - footballistiques ou pas.

Des danseuses portant sur leurs robes à cerceaux des affiches « Bahianaise à louer, promotion à saisir » accusaient elles aussi le carnaval d'avoir perdu son âme.

Identité brésilienne

Très attendue, l'école de samba de Mangueira a embrasé en fin de nuit le sambodrome avec un défilé autour de l'identité brésilienne époustouflant avec un déluge de couleurs, de décibels et d'effets spéciaux.

Elle a rendu hommage aux héros populaires noirs et indiens ignorés des manuels scolaires et a livré sa version des événements historiques du Brésil, telles la découverte du pays, son indépendance ou l'abolition de l'esclavage.

La vénérable école 19 fois championne a également honoré Marielle Franco, conseillère municipale noire de Rio, protectrice des minorités, assassinée il y a près d'un an, mais toujours « présente ».  

« L'unique conseillère noire qui portait dans son corps les causes qu'elle défendait - être noire, femme, née dans une favela et lesbienne, a été exécutée », a déclaré à l'AFP sa veuve Monica Benicio, qui a défilé avec Mangueira pour cet hommage.

Être ici « c'est résister et demander justice », a-t-elle dit, alors que les assassins de Marielle courent toujours.

Ce carnaval, qui a aussi fustigé la vague ultraconservatrice au Brésil, « est l'un des plus politiques de ces derniers temps », a dit à l'AFP Raja Harlota, danseur de Sao Clemente.

Résistance des écoles

Dès la première nuit, les écoles de samba avaient chorégraphié et chanté bien des messages contestataires, contre le « cirque » de Brasilia - siège du pouvoir - ou contre la corruption ou l'intolérance envers les minorités : noirs et communauté LGBT.

Des messages qui ont pris une teinte particulière deux mois après l'entrée en fonction d'un président d'extrême droite, Jair Bolsonaro, ayant multiplié les provocations racistes, machistes et homophobes avant son élection.

Ce carnaval confirme aussi la résistance des écoles de samba, qui ont vu les subventions de la ville diminuer de moitié depuis l'arrivée en 2017 du maire Marcelo Crivella, ancien pasteur évangélique.

L'édile goûte assez peu la débauche sensuelle d'une fête qui attire pourtant 1,5 million de touristes et apporte des recettes importantes à la « ville merveilleuse ».

Mais il en faudrait plus pour décourager les amoureux du carnaval.

« Le carnaval est une forme de résistance de ce que le Brésil offre de meilleur. Nous allons continuer à nous battre, même si on essaie de nous saboter », dit à l'AFP Marina Paiva, qui a défilé avec l'école Vila Isabel.




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